Histoire de l'islam
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Derrière la légende dorée des premiers califes se cache une lutte sans merci pour le pouvoir. Les Califes maudits de Hela Ouardi révèle, sources à l’appui, les trahisons.
Le Coran est-il antisémite ? L'islam véhicule-t-il une « haine du Juif » qui le rend incompatible avec les valeurs occidentales ? Le regard de l'islamologue est indispensable pour dépassionner le débat et sortir des jugements à l'emporte-pièce. Sans rien masquer des aspects les plus problématiques, le grand savant Meïr M. Bar-Asher fait le point sur ce dossier brûlant. Il passe en revue l'image des « fils d'Israël » et des « Juifs » dans le Coran et le Hadîth, ainsi que les bases coraniques du statut de dhimmi. IL s'attarde également sur l'apport extraordinaire de la tradition juive à l'exégèse musulmane du Coran, ainsi que sur les parallèles entre les lois religieuses juive et musulmane, halakha et sharia. Il montre surtout que la question du rapport de la tradition islamique à la figure du Juif et au judaïsme est complexe, et qu'on ne saurait la ramener à la caricature qu'en donnent tant les prédicateurs islamistes que les islamophobes.Un ouvrage accessible, essentiel pour comprendre les enjeux de société actuels.
En ce début de XXIe siècle, l'affaire des caricatures et l'apparition de Daesh ont replacé Muhammad et le califat au coeur de notre actualité et ont provoqué dans nos esprits stupeur et tremblement. Mais que savons-nous au juste de Muhammad et du califat ? Ce petit ouvrage tentera de répondre à la question en replongeant dans les origines de l'islam non avec la prétention d'épuiser un sujet si complexe mais avec l'ambition de fournir au lecteur quelques clés pour comprendre notre époque. Une fois qu'il aura réalisé que les obscures silhouettes effrayantes qui s'y agitent ne sont que la projection des ombres du passé, le lecteur pourra sans doute observer le tableau du présent avec sérénité... Hela Ouardi est Professeur des Universités à Tunis et membre associée au Laboratoire d'Études sur les Monothéismes au CNRS. Elle a été titulaire de la Chaire des Mondes francophones (A.U.F.) en 2021-2022 et lauréate du prix Avicenne de l'Académie royale de Belgique. Étudiant l'histoire de l'islam des origines, elle est l'auteur d'un ouvrage sur Les derniers jours de Muhammad (Albin Michel, 2016) et d'une trilogie intitulée Les Califes maudits (Albin Michel, 2019 et 2021) qu'elle a consacrée aux règnes des deux premiers successeurs du prophète de l'islam.
Des caravanes des époques médiévale et moderne aux compagnies Iow cost d'aujourd'hui, la pratique du pèlerinage à La Mecque a profondément changé. Du voyage d'une vie qui ne concernait qu'une petite partie des fidèles musulmans, ce pèlerinage est pleinement entré dans l'ère du capitalisme et de la mondialisation et cette mutation a également touché les innombrables pèlerinages locaux ou régionaux. Les articles réunis dans ce volume explorent les déplacements, les motivations et les dimensions économiques et politiques des pèlerinages en Islam mettant en exergue des réalités complexes et plurielles.
Dans les deux premiers volumes du triptyque des Califes maudits, Hela Ouardi nous avait fait revivre l'élection mouvementée du premier calife, Abû Bakr, et sa guerre totale contre les tribus arabes révoltées. Ce troisième et dernier volume nous plonge dans une véritable enquête policière, où se mêlent tout autant le politique et le religieux : le deuxième calife, `Umar, est assassiné en pleine mosquée, mais personne n'a rien vu. L'assassin, un esclave perse, s'est, dit-on, donné la mort sitôt capturé - ou peut-être a-t-on voulu le faire taire. Fidèle à sa méthode, Hela Ouardi confronte les différentes sources premières de la tradition musulmane pour reconstituer la contre-histoire que le récit officiel s'attache à occulter sans l'effacer totalement. Une affaire politico-religieuse passionnante, qui s'avère décisive pour l'histoire de l'islam jusqu'à nos jours. Hela Ouardi est professeure de littérature et de civilisation françaises à l'université de Tunis. Son dernier ouvrage, Muhammad, biographie intime, est paru aux éditions Albin Michel.
L'"État islamique", visage d'épouvante de l'islam radical, continue à sévir. Afin de freiner son expansion, une nouvelle coalition mondiale s'est formée, dans l'espoir de venir à bout de ce monstre. Pour éclairer l'actualité de façon constructive et tracer un pont entre l'Orient et l'Occident, cet ouvrage propose un retour historique et une analyse philosophique du radicalisme, aux sources millénaires et religieuses. Il produit aussi une analyse géopolitique des formes contemporaines de l'islam radical. Enfin, il dresse le bilan géostratégique de la situation internationale depuis le 11 septembre. Antoine J. Assaf nous livre un décryptage éclairant pour comprendre les transformations à l'oeuvre. Il nous invite à appréhender avec recul les enjeux et les problématiques d'une réalité complexe, loin des fantasmes, des amalgames ou des simplifications. Publié pour la première fois en 2015, ce texte a été récompensé par le prestigieux prix Vauban. Pour cette nouvelle édition, il a été actualisé. Histoire - Définitions - Analyse
Les descriptions de la fin des temps et de l'Apocalypse dans le Coran n'ont pas seulement nourri un messianisme temporel, annonçant les événements qui départagent les amis et les ennemis de Dieu. Le philosophe Christian Jambet présente ici une oeuvre du penseur shite Mull adr qui, au XVIIe siècle, « neutralise les conflits de la fin des temps en leur donnant un sens permanent et spirituel, qui en apaise l'urgence, en défait les prestiges temporels au profit du combat spirituel. » L'essai qui précède la traduction de L'épître du rassemblement dévoile ainsi une éthique de la résurrection. Il éclaire également les influences néoplatonicienne et soufie qui parcourent cette oeuvre, dont Christian Jambet restitue ici toute la puissance.
Ce livre a pour objectif de contribuer a` l'e´tude de la situation et du statut de la philosophie dans les pays du monde musulman. Il essaie de mettre en lumie`re les grandes orientations de la chose philosophique, son e´volution et les faiblesses qui surgissent dans sa pratique, au niveau de l'e´ducation et dans la socie´te´ civile. Mais en me^me temps, il trace et e´labore des sce´narii de de´passement de ces faiblesses. Il ouvre le champ a` des voies de de´veloppement de la re´flexion philosophique tout en tenant compte de la spe´cificite´ de chaque culture et des exigences de la civilisation islamique elle- me^me. De´fendre la philosophie comme activite´ de l'esprit qui permet l'acce`s directe a` la compre´hension du monde rationnellement et a` sa transformation technologiquement et e´thiquement, est l'objectif principal de ce livre. La philosophie n'a pas la vocation de remplacer les savoirs et les croyances, mais elle se met a` leur voisinage pour leur apporter des solutions ou des e´claircissements dans une de´marche critique et positive. À PROPOS DE L'AUTEUR Fathi Triki Professeur e´me´rite de philosophie a` l'universite´ de Tunis, membre de l'Acade´mie Tunisienne Beit al Hikma, titulaire de la Chaire ICESCO Penser le vivre-ensemble, pre´sident du Colle`ge de Tunis pour la Philosophie, ex-titulaire de la Chaire UNESCO de philosophie pour le monde arabe.
Le cadi est une figure emblématique des sociétés musulmanes prémodernes. Savant, juge, administrateur de biens, il incarnait plus que toute autre institution le règne d'un ordre social fondé sur les préceptes de l'islam. Les anciens développements de la judicature musulmane, aux VIIe et VIIIe siècles, demeurent pourtant empreints de mystère. Comment rendait-on la justice aux premiers temps de l'Islam, avant que le droit musulman n'acquière les structures pérennes offertes par les écoles juridiques classiques ? Est-il possible de retracer les étapes de développements régionaux ? Quel rôle le pouvoir et les savants jouèrent-ils dans la formation de l'institution ? En quoi la judicature musulmane est-elle liée aux autres systèmes judiciaires de l'Antiquité tardive ou des débuts de l'Islam ? Mathieu Tillier livre ici les résultats d'une plongée au coeur des sources les plus anciennes du Proche-Orient islamique, croisant papyrus arabes, droit musulman archaïque et textes canoniques syriaques. Cette quête des dynamiques qui présidèrent à l'épanouissement de la judicature musulmane fait apparaître une image nouvelle des tribunaux qui se partageaient le jeune empire islamique. Elle met par ailleurs en lumière le processus dialectique de formation des pensées juridiques proche-orientales, qui s'élaborèrent non seulement au gré d'interactions entre savants d'une même confession, mais également en lien avec le droit des communautés dont ils tentaient de se distinguer.
Au début du XXIe siècle un cinquième de la population de la planète se rattache à la religion musulmane selon des modalités qui varient considérablement d'une région à l'autre Peut-on réduire l'islam/Islam (religion et civilisation) a un ensemble de traits qui le caractériserait en tous temps et en tous lieux ? Une approche historique et géographique s'impose pour comprendre les processus sociaux politiques et culturels qui sont à l'oeuvre dans le monde au sein des différentes populations musulmanes De la prophétie muhammadienne au califat ottoman des guerriers nomades du désert aux marchands-navigateurs de l'océan Indien du coeur de la péninsule Arabique aux périphéries « occidentales » de la centralité du pèlerinage à La Mecque à l'infinie variété des pèlerinages locaux de l'héritage des savoirs médiévaux à la chaîne de télévision qatariote al-Jazîra des souks traditionnels au système bancaire « islamique » des règles de l'hospitalité au terrorisme d'al-Qâ'ida cette synthèse explore toutes les composantes de la religion et des cultures musulmanes Même si les populations musulmanes comme bien d'autres traversent aujourd'hui des épreuves diverses économiques sociales ou politiques faut-il craindre pour autant le choc des civilisations annoncé par Samuel Huntington ?
Depuis les années 1980, l'islam politique s'est imposé comme un acteur à part entière du paysage politique du Kurdistan irakien. Cet ouvrage en retrace l'émergence, les évolutions et les recompositions, en les replaçant dans les dynamiques propres à la société kurde et au contexte irakien. À partir d'une analyse historique et sociopolitique, il met en évidence les tensions entre islamisme et nationalisme, ainsi que les formes d'adaptation de ces mouvements face aux mutations politiques depuis 2003. Il propose ainsi une lecture rigoureuse d'un phénomène complexe, au croisement des enjeux de pouvoir, d'identité et de transformation sociale.
In recent, new paradigms have radically altered the historical understanding of the Qur'an and Early Islam, causing much debate and controversy. This volume gathers select proceedings from the first conference of the Early Islamic Studies Seminar. These studies explore the history of the Qur'an and of formative Islam, with the methodological tools set forth in Biblical, New Testament and Apocryphal studies, as well as the approaches used in the study of Second Temple Judaism, Christian and Rabbinic origins. It thereby contributes to the interdisciplinary study of formative Islam as part and parcel of the religious landscape of Late Antiquity.
L'homme Mahomet est-il celui que nous dépeignent les théologiens de l'islam ? A-t-il réellement "inventé" une religion nouvelle ? A-t-il seulement existé ? Il serait né à La Mecque : mais quelle Mecque ? Le Coran, livre "intangible" car parole de Dieu, est-il le résultat des seules révélations de l'ange Gabriel au Prophète ? L'analyse du Mahomet historique permet de mieux comprendre une religion et son "clergé" qui, encore aujourd'hui, supporte mal que l'on fasse parler les faits. Ce livre n'est pas théologique. Il révèle les événements qui ont fait la vie de Mahomet, questionne l'historicité du Coran, pose des questions et y apporte des réponses factuelles.
L'enquête menée sur la perception des conversions à l'islam dans la littérature historique des XIXe et XXe siècles a abouti à la publication d'une bibliographie raisonnée, parue dans la collection Mondes méditerranéens et balkaniques de l'École française d'Athènes, en 2011 (MMB 3). Poursuivant la réflexion engagée sur les époques seldjoukide et ottomane, en Asie Mineure et dans les Balkans, onze historiens et spécialistes de sciences humaines, réunis lors d'un colloque en 2012, considèrent la conversion à l'islam sous divers angles, à des époques distinctes. Les études réunies reviennent sur les contextes micrasiatiques ou balkaniques et examinent d'autres situations culturelles et temporelles : les débuts de l'islam, la Syrie des XVIIe-XIXe siècles, la péninsule indienne, l'archipel insulindien, sans oublier les modalités spécifiques aux groupes juifs (marranes, morisques, dnme-s).
Héritière d'anciennes traditions gnostiques proches du manichéisme et profondément marquée par le néoplatonisme antique, la branche ismaélienne de l'islam chiite a élaboré une philosophie qui aborde avec une grande originalité des questions éternelles comme la nature de Dieu, l'origine de l'univers, le salut de l'âme humaine et le sens de notre existence terrestre. Souvent méconnue en Occident et encore largement inconnue du public cultivé, la philosophie ismaélienne n'a pas encore reçu toute l'attention qu'elle mérite. Ce livre en présente la première synthèse accessible au lecteur non spécialisé.
Marinos Sariyannis explore dans ce petit livre les perceptions qu'avaient les différents groupes d'Ottomans du surnaturel, c'est-à-dire des phénomènes qu'une culture donnée regarde comme échappant aux lois naturelles et comme étant difficiles ou même impossibles à expliquer par la pensée humaine. Il étudie les attitudes à l'égard de ces phénomènes, en tenant compte de l'existence de diverses « cultures » ottomanes : culture populaire, culture soufie favorisant une vision magique du monde, mais aussi culture des oulémas et culture des classes urbaines artisanales et commerçantes, qui préféraient une vision du monde plus rationalisée. L'auteur examine les géographies merveilleuses, les événements et les phénomènes extraordinaires décrits par les sources ottomanes, les miracles des prophètes et des saints, le monde des rêves et des anges, les apparitions des âmes des morts, des esprits et des djinns ; il étudie la magie, la divination et les sciences occultes ottomanes, leur place dans la classification du savoir, les attitudes envers les pratiques magiques et divinatoires ; enfin, il tente de repérer les routes possibles d'un certain « désenchantement », d'un recul (même partiel) des croyances et des interprétations surnaturelles en faveur d'une vision du monde plus matérialiste.
Rebattons les cartes. Le Sahara est au Nord. Son rivage, le Sahel, coupe l'Afrique en deux, de l'Atlantique à la mer Rouge. En son centre, le lac Tchad est le lieu de rencontre de migrants, transhumants, marchands et pèlerins venus des quatre coins du continent. Cette région, plus connue aujourd'hui pour les exactions de Boko Haram, fut à l'époque moderne un carrefour majeur dans les échanges économiques, humains et culturels du Sahel et du Sahara, jusqu'à la Méditerranée. C'est là que, à la croisée du Niger, du Nigeria, du Tchad et du Cameroun actuels, la dynastie des Sefuwa pose les bases d'un État islamique puissant : le sultanat du Borno. Parcourant et organisant leur territoire, entreprenant au péril de leur vie le pèlerinage à La Mecque, les sultans du Borno s'affirment aux xvie et xviie siècles comme des interlocuteurs essentiels dans le monde musulman. Un imam de la cour, Amad b. Fur, nous a livré un témoignage exceptionnel de ce chapitre de l'histoire de l'Afrique, à travers le récit des quinze premières années du règne du sultan Idrs b. Al (1564-1596), plus connu sous le nom d'Idrs Alawma. Loin des idées reçues, son témoignage donne un éclairage saisissant sur le fonctionnement d'un état sahélien à l'époque moderne et sur ses relations avec le monde qui l'entoure. C'est en embrassant son regard et en prenant en compte les dynamiques environnementales, sociales et politiques que cet ouvrage cherche à redonner au sultanat du Borno sa place dans le monde, du lac Tchad à La Mecque.
Que signifie le renouveau de la piété des immigrés maghrébins et de leurs descendants depuis les années 1980 ? À partir d'une longue enquête à Clichy-sous-Bois, Hamza Esmili retrace la manière dont ceux-ci ont réinvesti la tradition islamique, en réponse à un impératif inédit : établir le fil de la transmission avec la première génération qui naît dans des cités reléguées à la marginalité. Loin de l'archaïsme ou de la simple revendication identitaire, l'islam qui s'élabore ainsi à l'ombre des tours est le fait d'une réaffiliation religieuse choisie, fondée sur une piété individuelle et la relecture commune de l'expérience migratoire. Cet ouvrage propose une histoire de l'immigration attentive à la vie morale des immigrés et de leurs enfants, et à leur capacité d'invention. Car l'islam d'après l'exil n'interroge pas seulement la société d'accueil ; il fait évoluer la tradition musulmane elle-même, en proposant une espérance de salut à la mesure du vécu historique des fidèles. Cet idéal de justice ne trouve pourtant pas d'accomplissement politique, provoquant une crise collective durable. Un point de vue inédit sur la question religieuse dans la France actuelle.Hamza Esmili est socio-anthropologue, maître-assistant à l'Université de Lausanne. Ses travaux interrogent la vie théologico-politique des groupes sociaux. Il a publié La Cité des musulmans (Amsterdam, 2025).Couverture : Dia al-Azzawi, Blue-Night (détail, 1980), coll. privée © ADAGP, 2026
Une enquête historique aux sources de l'islam.
« Le Coran est avant tout un texte qui a traversé l'histoire, porté par une oralité vibrante et des contextes multiples. Pour le comprendre, il faut se pencher sur sa genèse, sa transmission et les voix qui l'ont fait vivre. » Youssef Seddik Comment le Coran, texte fondateur de l'islam, a-t-il vu le jour ? Quelles étapes ont marqué sa transmission, sa compilation et sa préservation au fil des siècles ? Cet ouvrage propose un voyage captivant au coeur de l'histoire du Coran, des premières révélations au prophète Muhammad jusqu'à la formation du texte canonique. S'appuyant sur des sources historiques, des études contemporaines et une analyse rigoureuse, Youssef Seddik, philosophe et islamologue tunisien, spécialiste de la Grèce antique et de l'anthropologie du Coran, retrace le contexte politique, social et religieux dans lequel ce texte sacré a émergé. Il explore les débats sur la collecte des sourates, la préservation du texte dans les premiers siècles de l'islam et sa diffusion au-delà du monde musulman. Ce livre éclaire les défis et processus qui ont façonné le Coran, explique son influence cruciale sur les sociétés islamiques et la civilisation humaine et s'adresse aux lecteurs curieux d'explorer la genèse et l'évolution d'un texte qui continue d'inspirer des millions de croyants à travers le monde. Claude Colombini Agrégé de philosophie et docteur en Anthropologie, Youssef Seddik est né à Tozeur, en Tunisie. Il est islamologue et spécialiste de la Grèce antique et de l'anthropologie du Coran. Il est également journaliste et écrivain. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'étude du Coran.
VOLUME 3 : Bibliographie des études surle Coran.
Dans un langage simple et efficace, le Dictionnaire amoureux de l'islam est un ouvrage qui s'impose aux érudits et aux curieux comme la clé pour comprendre le vécu musulman et la sensibilité orientale.Depuis ce jour noir du 11 septembre 2001, l'islam a été mis à l'index planétairement et les musulmans tenus de justifier de leur bonne foi. En Occident, l'islam inspire, suspicion et souvent incompréhension, en particulier dans un pays comme la France où il est la deuxième religion du pays. Malek Chebel aborde avec la plus grande liberté l'ensemble des questions, même difficiles, qui ont trait à l'islam, comme le réformisme musulman, la répudiation des femmes, le voile ou la sexualité. Mais cet authentique vagabondage amoureux est aussi un livre d'histoires et, par sa construction alphabétique, un recueil de plaisirs dont les entrées sont autant d'invitations au voyage : désert, harem, littérature, peinture, Alhambra... Lettre après lettre, il décline les mille et un raffinements qui nous fascinent tant dans la culture orientale. Né à Skikda (Algérie), Malek Chebel, anthropologue et psychanalyste, est l'auteur de nombreux ouvrages sur la société musulmane qui sont des références, notamment : L'Encyclopédie de l'amour en Islam (Payot) et Dictionnaire des symboles musulmans (Albin Michel).
Irak, 1996. Un attentat plonge Oudaï, l'enfant terrible et fils aîné de Saddam Hussein, entre la vie et la mort. Ce dernier jure alors de faire de son propre sang l'encre d'un Coran si son héritier survit. Sa prière exaucée, Saddam doit tenir sa promesse. Mais en cela, il crée une situation blasphématoire inextricable : ce Coran est à la fois religieusement illicite - parce qu'écrit avec du sang - et impossible à détruire - puisque recueillant la parole divine. Le sacrilège connaît d'invraisemblables étapes : dénicher un calligraphe, faire nier le caractère hérétique du projet à tout un collège de religieux et, surtout, terrer le Coran de sang, le soustraire aux débats entre ceux qui veulent faire disparaître cette profanation et ceux qui redoutent d'effacer la parole d'Allah. C'est à retracer l'origine, les moyens mais aussi les impasses de ce projet fou, qui a contribué à la légende noire du dictateur de Bagdad, que s'attache Amélie M. Chelly, spécialiste du Moyen-Orient contemporain. Le récit saisissant d'un épisode tabou de l'histoire irakienne. Sociologue, iranologue, chercheuse membre du programme ERTI (Écosystèmes religieux et territoires identitaires) de l'université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 et chargée d'enseignement à l'IPJDauphine, Amélie M. Chelly est notamment l'auteur d'Iran, autopsie du chiisme politique et du Dictionnaire des islamismes.
L'authenticité d'un canon est une question essentielle pour toutes les religions où un écrit tient une place centrale. Mais alors que, pour d'autres confessions, la vérité du message s'accommode de variations dans la formulation, telle n'est pas la position du dogme musulman, qui considère que le texte canonique du Coran, qu'il soit récité par les fidèles ou consigné sur les exemplaires d'abord manuscrits et par la suite imprimés, reflète très scrupuleusement la parole divine conservée sur un original céleste. À rebours de cette conviction, qui s'est peu à peu affirmée dans les premiers siècles de l'islam avant de s'imposer complètement, des données empruntées à la tradition musulmane permettent, par recoupement avec les indications tirées de l'examen des plus anciens manuscrits coraniques, de constater que la pluralité a caractérisé la genèse du Coran et sa transmission initiale, tant écrite qu'orale. En analysant différentes strates de la version qui s'est imposée, mais aussi les fragments de recensions qui ont progressivement été écartées, François Déroche montre que le Coran est resté longtemps ouvert à une pluralité de " lectures " et révèle un rapport originel de la communauté des fidèles à son égard très différent du littéralisme absolu vers lequel l'orthodoxie musulmane a évolué. Cette histoire riche et complexe fait également apparaître un Muḥammad plus soucieux du sens du message qu'il annonçait que de sa lettre. François Déroche est islamologue, membre de l'Institut et professeur au Collège de France, titulaire de la chaire " Histoire du Coran. Texte et transmission ".
Dieu est, selon un article de foi universellement reconnu en islam, le souverain de l'univers, parce qu'il est son créateur et il gouverne le monde terrestre par l'intermédiaire de ses prophètes dont le meilleur est Muhammad (Mahomet). C'est dans la théologie de Mullâ Sadrâ (m. 1640), le plus grand représentant du vaste courant philosophique et mystique contemporain de la dynastie des rois safavides, que Christian Jambet explore la souveraineté de Dieu. Il confronte cette théologie aux penseurs musulmans antérieurs, aux sources grecques et à leurs interprétations. Il examine les transformations par lesquelles une théologie intégrale de la souveraineté divine a conduit de nos jours à l'autorité du théologien juriste. L'autorité des prophètes et des imâms, fondée sur une compréhension spirituelle du Coran et des traditions islamiques, s'exerce au nom de Dieu selon une stricte hiérarchie : un niveau supérieur, celui de l'épanouissement de la vie spirituelle et un niveau inférieur, celui de l'activité judiciaire. À l'opposé de tout modèle de domination extérieure, la religion devient un exercice spirituel d'appropriation des sens cachés du Coran et un modèle de liberté intérieure. En un temps où les théologies islamiques les plus sommaires sèment la terreur, il est bon de connaître que les plus grands penseurs de l'islam, dont Mullâ Sadrâ, ont pensé les fondements de la foi islamique, les transformant en une quête impérieuse de la vie bienheureuse.
Pierre le Vénérable, Dante, Goethe, Voltaire, Hugo, Renan, Assia Djebar, Salman Rushdie : du Moyen Âge à nos jours, ces auteurs ont évoqué Mahomet, faisant du prophète de l'islam tantôt un personnage historique désacralisé, tantôt un héros romanesque fictif. Pierre le Vénérable, Dante, Goethe, Voltaire, Hugo, Renan, Assia Djebar, Salman Rushdie : du Moyen Âge à nos jours, ces auteurs ont évoqué Mahomet, faisant du prophète de l'islam tantôt un personnage historique désacralisé, tantôt un héros romanesque fictif. Au Moyen Âge, au plus fort de la conquête musulmane, l'Occident chrétien voit en Mahomet un imposteur, un faux-prophète, voire un Antéchrist prêt à combattre le Messie. La littérature médiévale peint de grossières caricatures de rituels musulmans, et n'hésite pas à proférer des injures à l'adresse du prophète. C'est au siècle des Lumières, avec Voltaire et Goethe notamment, que l'on tente d'identifier et d'étudier sérieusement le personnage historique. Mais il faut encore attendre les Romantiques, Lamartine et Hugo entre autres, pour que le prophète de l'islam bénéficie d'une image positive en Occident. Il est même alors qualifié de personnage attachant ! Au XXe siècle enfin, de nouveaux auteurs prennent la liberté de faire de lui un personnage de roman. Avec Driss Chraïbi, Assia Djebar, Salim Bachi, Marek Halter et Salman Rushdie, Mahomet devient imaginaire, de plus en plus éloigné de la figure traditionnelle musulmane. La connaissance de la figure de Mahomet à travers la littérature peut éclaircir quelque peu l'horizon assombri par les fanatismes. Car si le prophète de l'islam ne vécut certes qu'une seule vie, les oeuvres littéraires lui ont permis de revêtir divers habits et de montrer de multiples facettes. Un ouvrage courageux, par un auteur qui a fait l'objet d'un procès en Turquie pour blasphème, pour son roman Les Filles d'Allah.
L'idée que le Coran constitue un miracle, par sa perfection littéraire mais aussi parce qu'il contiendrait toutes les sciences et toute la réalité du passé et de l'avenir, est pour les musulmans un élément essentiel de leur foi, de leur théologie et de leur histoire. C'est la raison pour laquelle l'islam actuel opère un vaste mouvement apologétique du Coran, par l'édition et l'informatique, qui utilise beaucoup le thème de l'extraordinaire et du miraculeux. Ce livre interroge tous les aspects de ce mouvement, tels qu'ils se sont manifestés et qu'ils se manifestent aujourd'hui, sur les plans de la langue, de l'histoire, du dogme et de la psychologie. Une enquête prodigieuse menée par deux islamologues reconnus.Marie-Thérèse Urvoy a été professeur d'islamologie, d'histoire médiévale arabe, d'arabe classique et de philosophie arabe à l'Institut catholique de Toulouse et à
Le soufisme est la dimension intérieure de l'islam sunnite. Prenant sa source dans le Coran et dans la Tradition prophétique, il a souvent été défini comme la « science des états spirituels » dont la maîtrise doit permettre à l'initié de dépasser son ego pour parvenir à la connaissance et à la contemplation de Dieu. Fondamentalement, le soufi aspire à puiser dans l'influx spirituel (baraka) du prophète Muhammad, transmis depuis des siècles de maître à disciple, grâce auquel il pourra lutter contre les passions et les illusions qui l'assaillent. Mettant en relief l'universalisme du soufisme, Eric Geoffroy explique comment s'est formée cette « science de l'intérieur », et comment, au fil des siècles, les grands maîtres ont adapté les doctrines et les pratiques initiatiques aux transformations du monde musulman. Il montre aussi que le soufisme constitue aujourd'hui un véritable antidote contre les divers intégrismes et qu'il est appelé à jouer un rôle croissant en Occident. Eric Geoffroy, universitaire islamologue, est l'auteur de plusieurs ouvrages sur le soufisme.
Parmi les figures de sainteté, le « fou » en Dieu reste un modèle anthropologique commun à plusieurs religions, au-delà même de la variété de ses postures et de ses expressions. Mais « fou » ou saint, partout où les majdhûbs, ces « ravis » en Dieu, se sont manifestés dans le monde musulman, leurs contemporains, partagés entre fascination et scepticisme, ont remis en cause leur parole et leur pratique - allant parfois jusqu'à les rejeter.Alors, vraie ou fausse sainteté ?Partant d'une réflexion sur les rapports qu'entretiennent, dans le Maghreb des xive et xve siècles, aussi bien les intellectuels que la foi populaire avec la sainteté, Nelly Amri interroge la croyance à l'oeuvre dans l'islam médiéval et les différentes modalités du faire croire, en posant un regard comparatif sur le christianisme.Nelly Amri est historienne et professeure à l'université de la Manouba (Tunis). Ses nombreux travaux portent sur l'histoire du soufisme, de la sainteté, notamment féminine, de l'hagiographie et du sentiment religieux en islam, plus particulièrement en Ifriqiya et au Maghreb médiéval.
Lorsque l'organisation de l'État islamique proclame le califat en 2014, elle signe le retour d'une institution à l'histoire plus que millénaire. Le calife, à l'origine simple successeur du Prophète de l
Lorsque l'organisation de l'État islamique proclame le califat en 2014, elle signe le retour d'une institution à l'histoire plus que millénaire. Le calife, à l'origine simple successeur du Prophète de l
Au XVIIe siècle en Iran, un clerc shi'ite aux penchants soufis, Qut.b al-Di-n Askevari-, achève d'écrire l'histoire universelle de la sagesse depuis le premier homme Adam jusqu'à son propre temps. Rédigé dans les deux principales langues savantes de l'Islam, l'arabe et le persan, cet ouvrage qui porte le titre de Mah. bu-b al-qul b, littéralement « l'Aimé des coeurs », est pour diverses raisons resté longtemps confidentiel. Son premier volet, dont Mathieu Terrier propose ici la traduction et le commentaire, occupe une place importante dans ce que l'on peut appeler « l 'histoire de l'histoire de la sagesse en Islam », étant à la fois la dernière oeuvre du genre rédigée à l'époque classique et la première composée d'un point de vue shi'ite imamite. Cette autre histoire de la philosophie ancienne manifeste une fidélité inattendue à son sujet, retrouvant la vocation de la philosophie grecque antique à être à la fois un discours théorique et un mode de vie conduisant l'homme à « se rendre semblable au divin autant qu'il est possible », selon la parole de Socrate. Elle est aussi un acte de résistance spirituelle contre les forces de l'« orthodoxie » autoproclamée. Ce livre témoigne de la vivacité de la philosophie en Islam iranien à l'aube de la modernité.Professeur de philosophie, Mathieu Terrier a consacré ses travaux de thèse à ce premier livre du Mah. bu-b al-qul b.