Dans Renoncer aux voyages, Juliette Morice, spécialiste de l’histoire des voyages aux XVIe-XVIIIe siècles, nous invite à mettre en perspective les discours qui nous intiment de ne plus voyager – en avion notamment – pour sauver la planète, en les rapportant aux controverses qui, dès la Renaissance, interrogent l’utilité des voyages. [...] Reste alors, pour ne pas renoncer aux voyages, l’invocation du plaisir qu’ils procurent. Montaigne incarne cette figure du voyageur curieux et inconstant, qui se plaît à voyager pour « frotter et limer [sa] cervelle contre celle d’autrui ».
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Renoncer aux voyages - Une enquête philosophique
Voyager ou ne plus voyager ? À l’ère de l’urgence écologique, Juliette Morice interroge notre rapport au déplacement et révèle, de l’Antiquité à nos jours, les contradictions profondes du voyage.
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person_edit À propos de l'auteur
Agrégée et docteure en philosophie, Juliette Morice est maîtresse de conférences en littérature et philosophie des XVIIe et XVIIIe siècles à l’Université du Mans. Spécialiste de l’histoire des voyages et de leur dimension éducative, elle a notamment publié Le Monde ou la Bibliothèque. Voyage et éducation à l’âge classique (Les Belles Lettres, 2016). Dans Renoncer aux voyages, elle interroge avec finesse les paradoxes du voyage, entre désir d’évasion et impératifs écologiques, en puisant aussi bien dans la littérature que dans la philosophie ou les sciences sociales.
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« Renoncer aux voyages » c’est précisément le titre du livre de la philosophe Juliette Morice qui sera l’invitée de Patricia Martin. Une enquête philosophique ouvrant des portes sur ce désir qui est tout autant une crainte. Le voyage vient-il combler un manque ? Quelle que soit la raison pour laquelle on voyage, quel que soit le moyen de locomotion que l’on choisit, il y a toujours un désir, un rêve caché, quelque chose que l’on tente vainement d’assouvir en voyageant et qui du reste peut mener à renoncer aux voyages.
La philosophe Juliette Morice rappelle que le terme de touriste est hérité du Grand Tour qui consistait à faire partir sur la route, de jeunes aristocrates depuis l’Angleterre vers la France et l’Italie pour compléter leur éducation. Elle interroge : « Changer de lieu, permet-il d’aller mieux ? » et commente la notion de « morale du risque » inhérente aux voyages, développée par l’écrivain voyageur Nicolas Bouvier : « On associe souvent le voyage au plaisir et aux vacances, mais c’est l’idée qu’il y a un prix à payer, qu’il faut un peu donner de sa personne. »
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