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Quand Victoria, 19 ans, disparaît au Chili sans donner de nouvelles, Pablo, son père exilé depuis trente ans en France, doit affronter ses démons et retourner dans le pays qu’il a fui.
Muircross, années 1990 : Cora, 14 ans, rêve d’échapper à sa ville balnéaire écossaise en crise. Entre pauvreté, secrets familiaux et amitiés fragiles, son histoire drôlement touchante redéfinit le roman d’apprentissage.
- EN COURS DE RÉIMPRESSION - «
1943, dans les montagnes du Vercors : trois destins se croisent à nouveau. Marc, Marie et Louis, unis par une enfance insouciante, doivent affronter ensemble la guerre, l’amour et la trahison.
Il arrive qu'un État franchisse la ligne. Comme un être humain le fait aussi, parfois. Alors une date naît. Les historiens la recueillent avec gravité et lui donnent une place raisonnable dans le cimetière des siècles. Mais, pour l'historien, il est rare qu'une date fasse davantage : qu'elle entre dans sa vie comme un couteau. Août 1968. Avec l'intervention des troupes soviétiques, l'URSS de Brejnev écrase le printemps de Prague. Mars 1969. Désespéré par l'entrée des chars soviétiques à Prague, Alexander Werth, le grand journaliste britannique d'origine russe, engagé dès les années 1930 dans le combat antifasciste, correspondant de guerre de la BBC sur le front russe devenu historien de l'URSS, met fin à ses jours. Février 2022. La Russie de Vladimir Poutine envahit l'Ukraine. Juin 2023. Nicolas Werth, son fils, vacille à son tour. Lui aussi a consacré sa vie à la Russie. Vingt années passées dans sa langue, ses villes, ses illusions et ses ruines : étudiant à Léningrad, enseignant à Minsk puis à Moscou, attaché culturel pendant la Perestroïka, chercheur au CNRS enfin, à partir de 1989, scrutant les mutations d'un pays et d'un système politique à bout de souffle. Des dizaines de livres, des milliers de pages, une vie entière offerte à comprendre la Russie, le père et le fils auront passé près d'un siècle cumulé à observer le même pays impossible. Et pourtant de ce père, Nicolas Werth ne savait presque rien. Alors commença son enquête. Il revenait à lui seul de raconter leur siècle, reprenant les travaux de son père, les tissant avec les siens et les plaçant ainsi sur la longue durée : cette étrange hérédité des historiens. Peu à peu apparaît quelque chose de plus rare encore qu'un témoignage : le récit d'un siècle d'histoire russe raconté par ceux qui l'ont le mieux connu. Deux générations, deux consciences historiques parmi les plus aiguës de leur temps ; leurs expériences, leurs blessures mêmes, sont ici réunies pour composer non pas une histoire officielle de la Russie, mais son histoire vécue, intériorisée et puis pensée. Ce livre d'une honnêteté rare raconte cela : deux vies nouées à une même tragédie historique. Il dit aussi, peut-être, une vérité plus discrète : les historiens n'écrivent jamais seulement l'Histoire. Ils écrivent la part d'eux-mêmes qu'elle a dévorée.
Île de la Jamaïque, 1831. Antoinette Cosway, créole de bonne famille, s'éprend d'Edward Rochester, un Anglais aussi impénétrable que fascinant. Mais à la séduction enflammée succèdent rapidement des scènes vénéneuses, où les baisers sont des blessures, où toute une société livre la jeune femme à son bourreau. Des années plus tard, Antoinette tente de conquérir sa propre histoire. JE se situe à mi-chemin entre roman victorien et thriller intimiste contemporain. Lilia Hassaine s'est inspirée du personnage de la première femme de Rochester dans Jane Eyre, le roman culte de Charlotte Brontë. Elle a choisi de lui donner une voix, un corps, une destinée. Cette voix, c'est la comédienne Lola Naymark qui l'incarne avec douceur et énergie, nous montrant le mystérieux personnage d'Antoinette sous un nouveau jour... "Beau et glaçant à la fois, JE est de ces livres précieux qui dessillent et invitent à regarder ce qu'on tentait d'ignorer." Le Point "Un roman brûlant, à la fois personnel et politique." Paris Match Couverture : D'après photo © Elisabeth Ansley/Arcangel
Le 15 avril 2019, le monde entier a vu la toiture de Notre-Dame partir en fumée et la flèche érigée par Viollet-le-Duc s'abattre en crevant ses voûtes. Après une nuit éprouvante, on découvrit que la cathédrale avait survécu, comme si l'incendie ne l'avait purifiée que des interventions contestées du célèbre architecte. Car il existe un paradoxe Viollet-le-Duc, que le récit de son ultime voyage éclaire enfin : comment le plus moderne des architectes se retrouva-t-il à errer dans un Moyen Âge fantasmagorique ? Ou à hanter la vie d'Ancelin, un jeune tailleur de pierre qui a grandi, un siècle plus tard, dans un manoir imaginé pendant ce voyage... L'architecte de Notre-Dame nous plonge dans les derniers mystères de notre histoire, de la chute du Second Empire à l'apparition de l'État islamique, des chevaliers arthuriens aux complotistes fascisants, de l'univers atemporel des compagnons à celui des multinationales du BTP, de Hugo à Trump.
Seule dans son appartement, une jeune femme emballe ses affaires dans du papier journal. Demain, des déménageurs emporteront ces traces fragiles de son existence. Tandis qu'elle remplit ses cartons, elle pense à l'homme dont elle vient de se séparer, et des histoires surgissent des objets qu'elle manipule. Témoins d'une vie ordinaire, une assiette au filet d'or, un ensemble H&M couleur poil de chameau ou un rouleau de Sopalin ont autant à raconter qu'un trépidant roman d'aventures... Que reste-t-il de ce que nous avons vécu ? De quelles légendes sommes-nous faits ? Les grandes amours comme les petits riens, les désillusions et les désirs sont au coeur de ce roman plein de surprises, à la fantaisie incomparable. "Clémentine Mélois semble nous dire que la fin d'une chose annonce aussi le début d'une autre." La Croix. "Un beau récit sensible comme une longue lettre ouverte à l'absent." Benzine
"Ce pays était celui de mon bonheur. Ce sentiment se passait d'explication ; c'était une intuition, un consentement, et la survivance des jours heureux de l'enfance quand, allongé sur la pelouse grasse encore trempée de rosée, j'écoutais le bruissement du vent dans les arbres. Prêt à pleurer, j'avais déjà le coeur serré devant une joie si facile. J'appris plus tard, en apprivoisant l'absence, que les lieux que nous aimons nous aident à supporter un grand chagrin. Ils réparent, et la mer où qu'elle soit console. La mer console toujours." Alors que sa grand-mère vient de mourir, le narrateur retrouve sa famille dans la maison bretonne de son enfance. Peu après, celle-ci est mise en vente. Entre sentiment de dépossession et trouble provoqué par les nouveaux occupants, une menace plane désormais sur le pays des étés... Après le succès de Que reviennent ceux qui sont loin, Pierre Adrian signe un roman d'une beauté déchirante sur les lieux qui nous habitent et les souvenirs qui nous font. "Pierre Adrian poursuit avec brio sa recherche du temps perdu." Livres Hebdo "Son roman universel touchera tous ceux qui ont perdu les lieux magiques de leur enfance." L'Express "Un roman empreint de la mélancolie douce des atmosphères estivales qui touche à l'universalité des émotions." Aujourd'hui en France "Un roman lumineux sur la mémoire, la transmission et la difficile nécessité de se séparer." Benzine
"Par temps calme, alors que la mer est d'huile et que les marins les plus aguerris baissent la garde, il arrive que surgisse une vague qui parfois atteint trente mètres de haut. Pour pouvoir raconter, il a bien fallu que certains survivent à la vague scélérate." Cameroun, 2018. Ndolo Elimbi, avocate lumineuse et héroïque, est emprisonnée pour s'être élevée contre un pouvoir autoritaire. Au coeur de ce régime, la redoutable commissaire Zeinabou n'ignore rien de ses faits et gestes, ni de son amour pour Enow, le charismatique opposant désormais en exil. Mais l'ennemi n'est pas toujours celui que l'on croit... Dehors, la colère enfle, la répression se durcit. Ce tableau envoûtant du Cameroun contemporain déroule aussi le destin d'une Afrique fragile et tend un miroir féroce à toutes les dictatures. Hemley Boum signe une vaste fresque sur le désenchantement des peuples, les ressorts de la corruption et la puissance des femmes lorsqu'elles s'allient. "Nos vies sauvages explore les forces contraires tiraillant les désirs de celles et ceux qui croient à une possible révolution."TTT Télérama "Hemley Boum a un talent immense, celui de raconter des destins qui s'inscrivent dans la grande Histoire." Page des libraires
Le Fatum, un mystérieux virus qui s'attaque au langage et provoque l'aphasie, se répand dans la société. Les enseignants sont les premiers frappés. Pour les pouvoirs publics, il y a urgence à enrayer la progression de l'épidémie et à comprendre ce qui se joue particulièrement à l'école. Reverdy, fonctionnaire attaché au cabinet de la ministre, est donc envoyé en observation dans la classe de Monia Boukary, bouillonnante enseignante d'un lycée, berceau du patient zéro. Dans ce texte éblouissant, plein d'humour et de panache, qui joue de toutes les ressources de l'écriture, passant de la prose à la poésie, du roman au théâtre, Caroline Hinault met au coeur de son intrigue la puissance protéiforme du langage. Dans quel monde vivrons-nous si nous ne possédons pas les mots pour le dire, l'imaginer et le comprendre ? Comment se saisir soi-même et construire son rapport à l'autre sans langage ? Quels seront nos liens si nous cessons de tenir parole et détruisons le sens des mots ? Sur ces enjeux brûlants, Caroline Hinault nous emporte avec jubilation dans un roman dont on sort plus éclairé et plus fort.
Après le succès littéraire et commercial de son récit , Sonia Devillers part à la recherche d'un admirable piano à queue, volé par les nazis en 1943. Ce qu'elle nous raconte est bouleversant, instructif, et magistralement mené.
Le premier roman de Thélyson Orélien est déjà le phénomène littéraire de l'année 2026. En cours de traduction dans plus d'une vingtaine de langues, C'était ça ou mourir a conquis le Québec et bientôt le monde entier, en racontant l'Odyssée de Jonas Dorléon. Après l'embrasement de son quartier de Port-au-Prince, Jonas n'emporte presque rien avec lui en quittant Haïti : un diplôme, un cahier de poèmes, la photo de sa mère. Toute une vie dans un sac plastique. Se réfugiant d'abord en République dominicaine, puis au Brésil et au Mexique, ce professeur d'histoire franchit les frontières tantôt à bord d'un autobus surchauffé, tantôt en affrontant les profondeurs de la jungle. À chaque étape des visages surgissent, des corps tombent, des solidarités se nouent puis se brisent. Dans l'espoir d'atteindre le Canada et le peu de famille qu'il lui reste, Jonas se retrouve aux portes des États-Unis, seul face aux agents de l'ICE et d'une administration prête à tout pour mener sa chasse aux migrants. Avec la trajectoire de Jonas, c'est une cartographie intime de la survie qui se dévoile. Aussi contemporain qu'universel, ce roman raconte les migrations au présent - non comme un concept, mais comme une expérience physique : marcher, avoir faim, se blesser, rire devant l'horreur pour ne pas abandonner. Thélyson Orélien y déploie une écriture foisonnante, traversée d'humour et de poésie, une langue d'exil qui s'apprend « sans grammaire, sans dictionnaire, juste avec les os et la peau ». Porté par un souffle narratif irrésistible, C'était ça ou mourir est un premier roman bouleversant qui révèle un écrivain majeur de notre temps.
Franck Courtès raconte à travers un double fictionnel une jeunesse du mauvais côté de la vie et de l'amour. Un des années 1980, un Antoine Doinel à mobylette, par l'auteur d'.
À trente ans, Dounya voit sa vie basculer : rupture, licenciement, expulsion. En rangeant ses affaires, elle dialogue avec Darya, l’adolescente rêveuse et rebelle qu’elle a été.
C'est d'abord une histoire d'amour. A la veille de la Grande guerre, la jeune Colette Jéramec rencontre le meilleur ami de son frère André, un certain Pierre Drieu la Rochelle. Les deux garçons étudient à Science Po, elle se destine à la médecine. Les Jéramec sont issus d'une grande famille juive, les Drieu appartiennent à la petite bourgeoisie déclassée. Pierre et Colette s'aiment, découvrent la littérature et les idées politiques de leur temps, se marient dans la tourmente en 1917, divorcent en 1921, tout en conservant des liens forts de tendresse et d'amitié. Elle va devenir pédiatre, travaillant à l'institut Pasteur ; lui sera écrivain, dont plusieurs de ses livres sont désormais réunis en Pléiade. Avec la seconde guerre mondiale survient l'Occupation. Pierre y défend un socialisme fasciste, commettant des textes antisémites et collaborationnistes. En 1943, Colette et ses deux enfants sont internés à Drancy, promis à la déportation. Il va les sauver, dans des circonstances jamais élucidées, comme il a sorti des oflags et des stalags nombre d'écrivains, amis ou ennemis. Dans les biographies de Drieu, ce sauvetage ne dure que quelques lignes. C'est ici le coeur du roman, où se mêlent la reconstitution historique, l'enquête, et les interrogations permanentes sur un XXe siècle qui ne cesse de déborder dans le nôtre. Céline, Aragon, Breton, Tzara, Rigaut, Cocteau... Malraux, Halévy, Berl, Morand, Sartre, Paulhan, Abetz, Blum, Doriot... tous croisent l'aventure de Pierre et de Colette au milieu des obsessions idéologiques communes à hier et aujourd'hui : haine des élites et du « système », anticapitalisme, mystique des identités culturelles, et un socialisme international ou national façonné par une même passion révolutionnaire. Le passé n'est jamais mort, affirmait William Faulkner. La rédemption raconte ces liens troubles entre les époques à travers un couple où l'homme a souvent agi contre ses propres mots et la femme n'a cessé de protéger celui qui aurait dû être son ennemi.
Lorsqu'elle se décide à réactiver la chaîne YouTube de son père, deux ans après sa mort, Iman ne se doute pas qu'elle va faire émerger un monde englouti. Sous ses yeux défilent des dizaines de vidéos, tournées pendant les années 1990 à Djibouti, le pays de son enfance. Des concerts et des clips dans lesquels elle découvre, incrédule, l'existence de Dinkara, un groupe mythique de pop djiboutienne dont la superstar se nomme Abdallah. La musique est électronique, l'ambition est immense... Et si celui qu'elle croyait avoir connu, ce père rapatrié en France après un accident cérébral, cet homme silencieux et ingénieux dans son appartement de Poitiers, avait quelque chose à voir avec cette folle épopée ?
Le roman de la performance culte de Marina Abramović :Lauréat du prix Transfuge du roman d'art,Sélectionné par le prix Femina et le prix Renaudot,Finaliste du prix Blù et du prix Talent Cultura.
« Après l'effondrement du 7 janvier, j'ai dû fouiller dans la somme de mes gravats mentaux. Pendant plusieurs années je me suis assis au bord de ce moi pulvérisé à contempler le moindre caillou. À envisager de refonder le tout. Je ne sais pas comment j'ai pu me reconstruire au fond, mais c'est dans l'exploration méticuleuse de ma personnalité à terre que j'ai finalement réussi. J'ai commencé à devenir le dessinateur que je suis désormais lorsque j'ai compris que je n'étais plus en ruine, mais en chantier. Alors forcément Beaubourg en reconstruction... Écrire évidemment. Mais dessiner aussi. Puisque le dessin a toujours été là pour me soutenir. »
« À l'occasion, sur l'échiquier des avenues, je ne resterais pas leur pion obéissant mais redeviendrais ce cavalier qui saute les cases, bouscule les autres pièces, se pose où il veut. Et goûte à l'aventure. » Après trois guerres qui l'auront vu barouder en Europe, Afrique du Nord et Asie, Ronan Kerven pensait reprendre souffle dans un hameau en Bourgogne. C'était compter sans son sac d'officier trop lourd. Voilà que des ombres l'épient et que des mots anonymes sont glissés dans sa boîte aux lettres. À vivre caché sous diverses identités, qui a-t-il été vraiment ? Un jeune Breton ayant rêvé sur les atlas ? Un agent du contreespionnage ? Un déserteur ? Ou ce légionnaire qui s'est brûlé les ailes ? Méditation sur l'engagement autant que sur l'imposture, Tête brûlée brosse le portrait d'un incorrigible clandestin. Un destin cabossé qui épouse une part de la grande Histoire. La nôtre.
Jennifer a une vie qui la satisfait quand, au détour d'une panne de clavier d'ordinateur, une phrase surgit, inachevée, qui fait déraper l'appa¬rente logique de son existence : « Devant Autant en emporte le vent, Vivien Leigh et Clark Gable vont s'embrasser quand quelqu'un appuie sur pause et ». Et rien. Un blanc après ce et qui envahit la page, troue sa mémoire. Jennifer se lance alors dans une enquête hilarante et inquiétante. Seuls indices : Perpignan, la ville de son enfance, une scène de baiser dans le célèbre film, la présence de son grand-père, une tache de sang sur le petit pull jaune qu'elle portait à l'époque. Elle décide de reconstituer la scène, et pour cela de reconstruire à Perpignan l'appartement de son grand-père dans les moindres détails. Entreprise rocambolesque pour recréer un décor qui devient l'archive supposée d'un trauma. Mais lequel ? Plus Jennifer tente obsessionnellement, et de façon burlesque, de restaurer la scène perdue, plus la mémoire lui joue des tours. Son comportement affole ses proches. Il y a chez Jennifer une petite fille amnésique, traumatisée, et trompée par des récits d'autant plus séduisants qu'ils la protègent d'une vérité impossible à dire.
Au Bouchon, petit village isolé de l'île Maurice, quatre générations se succèdent depuis le temps de l'esclavage. La violence se mêle à l'amour, la tendresse à la haine, les plus nobles passions aux vices les plus vils, les sangs des unes aux sangs des autres... Les cinq fondateurs viennent d'une plantation lointaine : trois sont nés dans la puissante et blanche famille Dumontais ; deux d'une esclave noire. Mais les trois blancs sont en vérité le fruit d'une passion entre Madame et le Vieux Bouc, un esclave magnétique qui revendique aussi la paternité des deux derniers. Bannis pour s'être liés d'amour et d'amitié, les cinq enfants devenus grands trouvent refuge dans ce lieu perdu dont ils font leur royaume, autarcique et magique, qu'ils défendent d'un seul corps, puisqu'ici sont abolies les frontières entre passé, présent et avenir ; vie et mort ; réel et fantastique. Tel homme entend sans le vouloir tous les péchés humains ; telle femme meurt et renait en déesse protectrice ; un enfant vit parmi les oiseaux quand son cousin viole et tue sans frein ; le moulin est hanté par les voix des fantômes, la nature donne les plus beaux fruits mais décapite la chapelle ; les guerres du monde contemporain rencontrent les combats intérieurs de chaque individu et l'histoire de l'humanité se reproduit dans l'infiniment petit de leurs existences débridées. Parmi eux, un enfant timide sera le chroniqueur de ce royaume hors-norme dont il livre les jours de paix, de luttes, et les nuits de folie pour empêcher l'oubli. Épopée fabuleuse, mythologie vibrante, fable majestueuse, cette Chronique d'un Royaume perdu est le chef d'oeuvre d'Ananda Devi.
On fait partie d'une grande famille. On sait qu'on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l'été dans notre maison à la montagne. On trouve que c'est normal. C'est chez nous, c'est à nous, c'est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s'appartient. On ne sait pas comment dire je, on n'en a pas besoin, puisqu'on est nous. Nous les enfants, les frères et soeurs, les cousins, les cousines, on partage tout, nos écoles, nos chambres, nos habits, nos repas, nos jeux, nos bains, nos lits. On est les membres indissociables du grand corps familial. On n'a jamais vécu dehors. On ne sait pas ce que c'est. On n'en est pas capables. On n'en a même pas envie. Et tout aurait dû continuer ainsi, dans un même immuable recommencement. Le jour où la façade s'est fissurée, on n'a pas compris. Ça n'aurait pas dû se produire, pas dans notre famille. Ce n'était pas possible que ça nous arrive, à nous aussi.
"C'est comme si j'avais encore 8 ans dans les yeux des gens, comme si être victime et l'assumer me condamnait au rôle de statue commémorative, on l'admire de loin les premières années, et puis les chiens pissent dessus sans que ça dérange, c'était y a longtemps tout ça. Mon corps comme un monument aux morts d'une petite ville de province, sommé de se faire beau pour les grandes occasions, pour témoigner, pour porter la cause, mais globalement oublié, envahi par la mousse, mausolée. Je refuse la tombe, pour moi, pour la petite fille, pour toutes les autres." Elle avait rendez-vous aujourd'hui pour porter plainte contre son grand-père, qui l'a agressée sexuellement durant son enfance, mais il vient d'être annulé. Alors elle décide d'aller tuer le vieux, là, tout de suite. Dans ce train vers le Pays basque, elle échafaude son plan : quand elle sera de nouveau face au vieux, qu'arrivera-t-elle à dire ? Et surtout, à faire ? Avec une écriture qui tempête et cavale, ce premier roman déplie, en une journée, tout un voyage intérieur et physique tendu jusqu'à son dénouement.
Nous sommes à New York en 2007, quand les voitures ne ressemblaient pas encore à des corbillards et que Trump était juste le nom d'un building de verre sur la Vème Avenue. Sarah, chanteuse de jazz, vient d'avoir 27 ans. Elle se produit chaque soir autour de minuit avec sa soeur cadette Dinah dans un club de Harlem, le St. Nick's. On les appelle les « Sisters Dean ». Elles sont talentueuses, belles et douées d'une voix superbe de mezzo soprano comme Aretha Franklin ou Lady Gaga. Un avenir de chanteuse professionnelle se profile devant elles quand « l'accident de personne », sur le quai d'une station de métro, brise leur duo. Accident, suicide, crime ? Un jeune journaliste stagiaire et un ancien photographe de guerre lassé par trop d'images violentes se lancent dans une enquête pour découvrir l'identité de la jeune femme tombée sur les rails et les circonstances réelles de sa mort. Qui est ce pianiste sublime au regard démentiel dont Sarah tombe éperdument amoureuse ? Pourquoi les oiseaux des zoos de Central Park et du Bronx s'entretuent-t-ils dans leurs volières ? Faut-il croire à la « malédiction des 27 » (Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison et Curt Cobain décédés à l'âge de 27 ans...) ? Le lecteur arpente les trottoirs de New York où s'écrit en mots et en photos la chronique de la ville. Il assiste aux réunions de rédaction dans les bureaux du New York Times. Il reconstitue le puzzle des témoignages recueillis auprès des acteurs du drame. Il visite les clubs de jazz où la musique s'invente dans des improvisations puissantes et magnifiques. Il découvre les origines lointaines de l'énigme dans le Delta du Mississippi où est née la fable de Robert Johnson et de son pacte avec le diable, qui hante encore les contes du Hoodoo, déclinaison afro-américaine du vaudou. C'est une histoire pleine de bruits discordants et de sons harmonieux, d'effroi et de tendresse, d'emprise et de prières, de cynisme et de naïveté.
Ce livre, à la fois journal, roman d'apprentissage, et longue séance d'exorcisme, raconte la douleur d'être vu comme monstre, et le combat pour ne plus se sentir puni dans sa différence. « L'année de mes seize ans, lorsqu'il a appris mon homosexualité, mon père m'a convoqué en tête-à-tête et m'a adressé un discours haineux, qui m'a marqué à vie. Une minute avant, j'ai activé secrètement un dictaphone. » Presque 25 ans après, le narrateur décide de rouvrir le fichier avec le discours retranscrit et l'idée du livre apparaît : « Analyser cette archive. Examiner l'enfance de mon père. Dire le vide qu'il a laissé dans la mienne. Raconter ces années où j'ai continué d'aimer¬, d'écrire, de courir comme les personnages de cartoons qui ne savent pas qu'ils sont déjà au-dessus du vide. Jusqu'à convoquer mon père pour un nouveau tête-à-tête. Lui faire (re)lire ces mots qui me hantent. Enregistrer ce dîner aussi, mais ouvertement cette fois. » La Punition raconte le choc entre un père et son fils au passé. « [C]e récit dépassait ma propre vie. Trop d'enfants ont entendu ces mots : Tu n'as pas le droit d'exister. Ceux qui les ont entendus se reconnaissent entre eux. Ni les luttes LGBT, ni les droits conquis, ne suffissent à réparer cette perte irréversible de gravité. Elle reste inexprimable. »
« Le square est vide, nos corps sont rouges, nous nous emboîtons derrière un toboggan orange. Ses baisers tracent des formes, des losanges, des rectangles. Pas de cercles. Comme s'il refusait la rondeur. » Un soir d'été, une jeune femme est quittée par son amoureux, Gabriel. Sous le choc de la rupture, elle s'enfonce, seule, dans la ville de son enfance. C'est là qu'elle franchit la porte d'un bar aussi folklorique que son nom l'indique : Le Mythe. On y trouve un producteur de cinéma, le descendant direct de Chateaubriand, une star de télé-réalité et un homme politique de gauche, des êtres qui, comme elle, abandonnés, transforment leur blessure en ivresse. Abus, honte de soi, perversion, obsession, confessions des uns, provocations des autres : toutes les passions humaines sont à l'oeuvre dans ce cirque nocturne. La nuit glisse vers l'impardonnable quand les festivités tournent à la prise d'otage. Emportée sur ce manège tragi-comique, la narratrice reverra-t-elle le matin ? Dans Fuck Circus, Esther Teillard sonde notre époque et ses névroses avec une ironie mordante et une tendresse contagieuse : de l'humiliation banale à la torture, nul n'échappe à la violence. Un roman éclatant.
Les parcours croisés de trois amis d'enfance dans un quartier populaire de Nantes dans les années 1980 : un grand roman d'apprentissage et une poignante fresque sociale.
«J'ai toujours su qu'un jour ou l'autre il me faudrait payer pour ce que j'ai fait subir à Antoine Besançon. » Depuis l'enfance, Léonie Dantin vole, insulte, abuse, et joue la comédie. Actrice, elle en a d'ailleurs fait son métier. Sur scène, elle peut juxtaposer les masques à l'infini. Quand on lui annonce qu'elle est atteinte d'une maladie incurable, elle sait pourquoi elle meurt: elle a aimé autrefois un homme avec qui elle a été impitoyable. Plutôt que de se repentir ou d'essayer de se soigner, elle décide de tout quitter et de se rendre à Guernesey pour braver son destin.
"De quoi ça parle, sinon ? D'une exposition commandée à un artiste plasticien. Il s'exécute mais, finalement, il n'y a rien à voir dans l'exposition. Comment ça se fait ? Qui a osé faire disparaître les oeuvres ? L'artiste lui-même. Il s'efface, de son fait, derrière un conteur. Car plutôt que de montrer ses oeuvres, il demande à quelqu'un de les raconter. Il y a une histoire, donc, à la place des objets." Tour à tour joueur, digressif et émouvant, le roman de Gaëlle Obiégly ne cesse de nous surprendre et d'interroger le désir d'art qui traverse nos vies.
Dans la fumée de cigarette et les vapeurs d'alcool, ils sillonnent des routes vides, font l'amour dans des parkings abandonnés, hantent des bars miteux, volent à l'étalage. Des déserts du Nevada jusqu'au bayou de la Nouvelle-Orléans en passant par Las Vegas, Chicago et Denver, leur périple prend des allures de fuite. Pendant qu'Adam se débat avec son alcoolisme et sa jalousie maladive, l'héroïne est assaillie par les souvenirs. Une famille catholique stricte, une lignée de femmes où toute velléité de liberté est un prétexte pour un internement psychiatrique, une enfance brisée par le carcan de la tradition qui l'empêchait d'être à la fois féminine et masculine, sage et rebelle, aimante et libre. Et une mort qui a tout fait basculer. L'héroïne cherche sa route. Sa traversée du désert peut conduire à la rédemption - à condition de se regarder en face. À la fois intime et politique, ce road trip féministe nous lance sur les traces d'une héroïne qui entend faire plier le monde à sa volonté. « Un premier roman incandescent d'une rare maîtrise formelle. Une révélation. » Librairie Le Monte-en-l'air « Un road-movie à la Wim Wenders filmé par Ken Loach. Un texte furieux, une plume unique, singulière, vibrante. » Librairie Le Failler « Eva Bottega installe son univers : celui de la chaleur, du feu, des cendres et du voyage. Un texte qui bouscule et ne peut laisser indifférent. » Librairie Les Feuilles volantes « Ce premier roman est une bombe pleine de grâce. » Librairie La Petite Ourcq « Une entrée fracassante en littérature. » Librairie Protéiforme « Je pense que je tiens mon roman de la rentrée littéraire. Quelle claque ! » Librairie à soi.e « Un road-trip bouleversant, porté par une écriture puissante. » librairie Tome 7 « Road-trip féministe incandescent sur les routes américaines. » Les audacieuses « Eva Bottega signe ici un premier opus remarquable. » Livres Hebdo « Sa plume oscille entre poésie, reage et délicatesse, entre passages incisifs et moments d'une grande musicalité. » @macha_purple « Il y a du Nelly Arcan dans ce roman d'Eva Bottega. Incandescent. » @soeurcierelitteraire « Violent, cru, dérangeant. On rentre dans la tête de cette narratrice complètement cabossée. Un road trip, donc, mais surtout un voyage intérieur. » @clementine_litt_feministe « Une course-poursuite stupéfiante de la narratrice avec elle-même et le réel autour d'elle. » Jean-Noël Orengo « Un premier roman à l'écriture nerveuse et rythmée. » Diacritik « Un dépoussiérage en règle du road-trip. Un style plein de souffle, une écriture lumineuse et colorée. » Le Parisien Week-End
Samuel est fétichiste. Quand sa vie professionnelle s'interrompt, il lui arrive de revêtir une combinaison de latex, un masque en silicone et d'aller à la recherche du plaisir. Cela ne veut pas nécessairement dire assouvissement sexuel : transformé par son armure noire, luisante et souple qui efface les aspérités de son corps, devenu un autre, il se crée une nouvelle manière d'être au monde. Depuis l'enfance - il avait cinq ans lorsqu'il fixait du regard les motards en cuir qui doublaient la voiture de ses parents - cette fascination ne l'a jamais quitté. Elle l'a conduit vers une communauté qui n'est jamais sérieusement montrée, avec ses lieux, ses rites, ses liens, son esthétique. Et, aussi, parfois, sa tendresse. Dans cet autoportrait, quant à lui sans masque, mais aussi sans exhibitionnisme, l'auteur raconte vingt ans d'une dissidence sexuelle dont peu soupçonnent l'existence. Addiction, refuge, fable, jouissance réelle et vie idéale, voilà ce qu'est cette vie en latex. Alors même que notre époque prétend célébrer toutes les identités, elle trace pourtant la frontière entre les plaisirs acceptables et les autres. Pourquoi faudrait-il mépriser, railler ou pathologiser celle-ci ? Commençons par lire. En publiant ce livre, Samuel Dock fait acte de courage, car il est psychologue clinicien, métier où la crédibilité est liée à la retenue. Il écrit à découvert. Non pas pour lui, mais pour tout un monde à qui l'on enjoint encore de rester caché, et honteux. Si personne ne s'avance, l'isolement et la douleur persisteront.