Goncourt
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À 23 ans, Boris Bergmann ose la rencontre avec un père inconnu, psychiatre, qu’il n’a jamais vu. Minotaure est le récit bouleversant d’une quête identitaire, entre désir de vérité et peur de l’abandon.
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1947, Allemagne en ruines : un capitaine américain doit juger des oiseaux accusés de chanter des hymnes nazis. Une forêt mêle absurde, poésie et histoire, dans un roman court aussi percutant que troublant.
Île de la Jamaïque, 1831. Antoinette Cosway, créole de bonne famille, s'éprend d'Edward Rochester, un Anglais aussi impénétrable que fascinant. Mais à la séduction enflammée succèdent rapidement des scènes vénéneuses, où les baisers sont des blessures, où toute une société livre la jeune femme à son bourreau. Des années plus tard, Antoinette tente de conquérir sa propre histoire. JE se situe à mi-chemin entre roman victorien et thriller intimiste contemporain. Lilia Hassaine s'est inspirée du personnage de la première femme de Rochester dans Jane Eyre, le roman culte de Charlotte Brontë. Elle a choisi de lui donner une voix, un corps, une destinée. Cette voix, c'est la comédienne Lola Naymark qui l'incarne avec douceur et énergie, nous montrant le mystérieux personnage d'Antoinette sous un nouveau jour... "Beau et glaçant à la fois, JE est de ces livres précieux qui dessillent et invitent à regarder ce qu'on tentait d'ignorer." Le Point "Un roman brûlant, à la fois personnel et politique." Paris Match Couverture : D'après photo © Elisabeth Ansley/Arcangel
Jean Deichel, jeune professeur de français, fait son stage dans un collège de la banlieue parisienne. La nuit, il loge dans un club de tennis à Deuil-la-Barre ; le jour, il découvre les difficultés du métier en même temps que ses joies profondes, la violence de l'École en même temps que sa beauté. Jean est aussi un poète ivre d'aventure, attentif à trouver la lumière de la « vraie vie » au coeur du quotidien le plus gris : dans des jardins réels ou rêvés, au bord d'un lac, lors d'évasions à Pompéi et à Tarquinia, mais surtout dans la grâce fragile d'un cours réussi. Entre réalité politique et mystère existentiel, la vie des profs est un roman. Loïc Corbery de la Comédie-Française arrive avec talent à se fondre dans la peau de Jean Deichel, mettant une voix sur ses rêveries, ses cours et surtout, son inattendu. "Le sujet de ce roman est de société, la langue, de la poésie, sublime. Sombre mais qui finit dans un éclat de vie." ELLE "Le roman dépasse largement le simple récit sur l'école pour interroger la solitude, le désir et la possibilité de trouver la "vraie vie" au coeur du quotidien." Benzine Couverture : d'après photo © Aziz Ary / Getty Images. © Yannick Haenel et Éditions Gallimard, 2026. Citation p. 192-193 : Marguerite Duras, L'Amant © 1984 by Les Éditions de Minuit.
Seule dans son appartement, une jeune femme emballe ses affaires dans du papier journal. Demain, des déménageurs emporteront ces traces fragiles de son existence. Tandis qu'elle remplit ses cartons, elle pense à l'homme dont elle vient de se séparer, et des histoires surgissent des objets qu'elle manipule. Témoins d'une vie ordinaire, une assiette au filet d'or, un ensemble H&M couleur poil de chameau ou un rouleau de Sopalin ont autant à raconter qu'un trépidant roman d'aventures... Que reste-t-il de ce que nous avons vécu ? De quelles légendes sommes-nous faits ? Les grandes amours comme les petits riens, les désillusions et les désirs sont au coeur de ce roman plein de surprises, à la fantaisie incomparable. "Clémentine Mélois semble nous dire que la fin d'une chose annonce aussi le début d'une autre." La Croix. "Un beau récit sensible comme une longue lettre ouverte à l'absent." Benzine
« Paola était comme ça. Elle était entière. Elle voulait toujours que tout soit vrai, les rapports humains, les discussions, les rencontres, les projets dans lesquels elle s'engageait. Elle ne supportait pas les faux-semblants, les demi-mesures. Elle était d'un bloc. Elle disait les mots ont de la valeur. Les actes ont de la valeur. Elle voulait qu'il y ait de l'enjeu. C'est dans l'inconfort qu'on se découvre, elle disait. C'est dans l'inconfort qu'on grandit. » Aux abords d'un lac de haute montagne, à la lisière d'une réserve interdite aux humains, un groupe de chercheurs s'affaire. Parmi eux, une photographe aperçoit sur un des versants quelque chose qui échappe au regard de tous les autres. Les signes étranges s'accumulent, un corps est retrouvé. La photographe décide de rester là-haut, seule. Quelques mois plus tard, c'est elle qui, à son tour, disparaît. Avec ce roman tout en tension, Sylvain Prudhomme approfondit plusieurs thèmes qui lui sont chers : le désir d'intensité, l'appel du sauvage, le rêve d'une vie vraie.
Voyageur épris d'ailleurs, de stop et de liberté, Olivier est en route vers Lahore pour fêter la nouvelle année sur une plage indienne. En traversant l'Iran, il est arrêté à Chiraz alors qu'explose le mouvement Femme, Vie, Liberté. Accusé d'espionnage, il reste deux ans et demi en prison.Olivier est un poète, habitué à vivre de peu, sans confort ni téléphone portable. En cellule, il mobilise tout ce qui peut lui apporter de la lumière, la poésie persane comme les chansons de Britney Spears.Derrière ses paupières, installé dans un cinéma dont il est le seul spectateur, il se projette des films. La nuit, il convoque dans ses rêves les êtres aimés.Un récit lumineux et bouleversant qui nous dit que, même dans la nuit, quelque chose en nous refusera toujours de céder. La découverte d'un écrivain.
Faire la peau, le quatrième livre de Louise Chennevière, est peut-être le plus intime mais aussi le plus abouti. C'est le récit d'une enfance sous l'emprise maternelle, du désir sauvage de s'émanciper. La narratrice, âgée de 30 ans, décide de rompre avec la lignée de femmes qui l'a engendrée, condamnées depuis toujours à la reproduction de la violence. Commence le récit d'une relation mère-fille, déconstruisant les souvenirs de l'enfance et de l'adolescence. Elle parle et lutte : contre les fantasmes, les interdits, les lois, pour écrire le récit, sacrilège, tabou, du meurtre symbolique : tuer sa mère. Et contre elle-même aussi, la petite fille qu'elle est encore et qui voudrait préserver l'image idéale d'une mère qui ne l'a jamais été. Le livre lui permet d'aller au bout de ce geste, non seulement pour lui permettre d'advenir enfin comme subjectivité libre et puissante, mais aussi pour pouvoir aimer. C'est un récit de deuil et de désir, troué de multiples souvenirs et hanté par des questions qui ne trouveront jamais de réponses. C'est aussi, par la littérature, une déclaration de liberté - celle que l'on peut conquérir en osant enfin regarder les choses telles qu'elles sont, dépouillées des mythes et des histoires.
Après le succès littéraire et commercial de son récit , Sonia Devillers part à la recherche d'un admirable piano à queue, volé par les nazis en 1943. Ce qu'elle nous raconte est bouleversant, instructif, et magistralement mené.
Le premier roman de Thélyson Orélien est déjà le phénomène littéraire de l'année 2026. En cours de traduction dans plus d'une vingtaine de langues, C'était ça ou mourir a conquis le Québec et bientôt le monde entier, en racontant l'Odyssée de Jonas Dorléon. Après l'embrasement de son quartier de Port-au-Prince, Jonas n'emporte presque rien avec lui en quittant Haïti : un diplôme, un cahier de poèmes, la photo de sa mère. Toute une vie dans un sac plastique. Se réfugiant d'abord en République dominicaine, puis au Brésil et au Mexique, ce professeur d'histoire franchit les frontières tantôt à bord d'un autobus surchauffé, tantôt en affrontant les profondeurs de la jungle. À chaque étape des visages surgissent, des corps tombent, des solidarités se nouent puis se brisent. Dans l'espoir d'atteindre le Canada et le peu de famille qu'il lui reste, Jonas se retrouve aux portes des États-Unis, seul face aux agents de l'ICE et d'une administration prête à tout pour mener sa chasse aux migrants. Avec la trajectoire de Jonas, c'est une cartographie intime de la survie qui se dévoile. Aussi contemporain qu'universel, ce roman raconte les migrations au présent - non comme un concept, mais comme une expérience physique : marcher, avoir faim, se blesser, rire devant l'horreur pour ne pas abandonner. Thélyson Orélien y déploie une écriture foisonnante, traversée d'humour et de poésie, une langue d'exil qui s'apprend « sans grammaire, sans dictionnaire, juste avec les os et la peau ». Porté par un souffle narratif irrésistible, C'était ça ou mourir est un premier roman bouleversant qui révèle un écrivain majeur de notre temps.
"Pour donner à ma longue rêverie la forme d'un livre, j'avais besoin de voir. De la terre, des pierres, des arbres, un rivage. J'ai toujours besoin de voir. Je suis allé en Troade à la fin d'un mois de juin, alors que les coquelicots jetaient de grandes flaques rouges au milieu des champs de blé et d'oliviers où jadis s'affrontaient les héros." Il y a quelque trente-trois siècles, des guerriers grecs ravagent une cité d'Asie Mineure qu'ils appellent Troïa ou Ilios. Les hommes sont massacrés, les femmes traînées en esclavage. C'était dans la nuit des temps, mais grâce à l'Iliade cela vit toujours dans notre mémoire. C'était, aussi bien, hier, aujourd'hui, demain : la tragédie de la destruction d'une ville n'a cessé d'être réécrite en lettres de feu et de sang, depuis Carthage un siècle et demi avant notre ère jusqu'à Dresde et Hiroshima, Marioupol et Gaza de nos jours. La guerre de Troie est éternelle, et Troie est la Mère de toutes les villes martyrisées. O. R. "La guerre de Troie a bien eu lieu. Elle se poursuit même. C'est ce que semble nous dire le beau et grave nouveau livre d'Olivier Rolin." Livres Hebdo "Ni vraie ni fausse, l'Iliade ressortit à la légende et à l'Histoire."Transfuge
Le 6 septembre 1949, une jeune femme est retrouvée morte quai de Javel, à Paris, sans sac ni chaussures, manifestement rhabillée à la hâte puis déposée là par son assassin. Elle est identifiée le lendemain : c'est Louise Cansot, le modèle le plus demandé par les peintres de Montparnasse. Rapidement, quatre suspects se détachent, évidents, presque des archétypes. On dirait le début d'un roman de Simenon, mais l'inspecteur-chef Ferrière n'a pas le talent de Maigret, et doit se résoudre à classer l'affaire au bout de six mois, sans avoir arrêté personne. Soixante-quinze ans plus tard, Philippe Jaenada reprend l'enquête à partir du dossier retrouvé puis, comme à son habitude, sollicite ses contacts aux archives, exhume tous les documents, arpente tous les lieux - remonte le temps. Pour ce livre, il a lu les soixante-quinze enquêtes de Maigret, s'inspirant humblement et fidèlement des méthodes du commissaire fictif. Et il va résoudre ce meurtre bien réel, laissant le lecteur subjugué par la dextérité de son investigation et fasciné par cette jeune femme à laquelle il redonne un visage et une histoire. « Un « roman vrai », admirable dans son exécution » LH LE MAGAZINE « Une enquête touchante et ensorcelante » LA CROIX « Philippe Jaenada fait revivre une époque, ressuscite un destin fracassé et fait parler son génie narratif, subtil mélange de gravité et de légèreté. » LE PARISIEN « De parenthèses en digressions, avec l'humour qui caractérise son écriture depuis près de 30 ans, Philippe Jaenada part sur les traces de sa jeune héroïne. » OUEST FRANCE « Ce très beau roman offre à Louise Cansot une dignité, à sa descendance une vérité dont elle avait besoin et à nous, un pur bonheur de lecture » FRANCEINFO « L'auteur, à l'écriture foisonnante, drôle, profondément humaine, transforme cette enquête en une expérience de lecture à part entière, où l'émotion surgit là où on ne l'attendait pas. Prenant, du début à la fin » MADAME FIGARO « Toujours en fin limier obsessionnel, Jaenada livre un plaidoyer féministe, agrémenté de son humour décalé qui fait sa signature » TELERAMA
Au Bouchon, petit village isolé de l'île Maurice, quatre générations se succèdent depuis le temps de l'esclavage. La violence se mêle à l'amour, la tendresse à la haine, les plus nobles passions aux vices les plus vils, les sangs des unes aux sangs des autres... Les cinq fondateurs viennent d'une plantation lointaine : trois sont nés dans la puissante et blanche famille Dumontais ; deux d'une esclave noire. Mais les trois blancs sont en vérité le fruit d'une passion entre Madame et le Vieux Bouc, un esclave magnétique qui revendique aussi la paternité des deux derniers. Bannis pour s'être liés d'amour et d'amitié, les cinq enfants devenus grands trouvent refuge dans ce lieu perdu dont ils font leur royaume, autarcique et magique, qu'ils défendent d'un seul corps, puisqu'ici sont abolies les frontières entre passé, présent et avenir ; vie et mort ; réel et fantastique. Tel homme entend sans le vouloir tous les péchés humains ; telle femme meurt et renait en déesse protectrice ; un enfant vit parmi les oiseaux quand son cousin viole et tue sans frein ; le moulin est hanté par les voix des fantômes, la nature donne les plus beaux fruits mais décapite la chapelle ; les guerres du monde contemporain rencontrent les combats intérieurs de chaque individu et l'histoire de l'humanité se reproduit dans l'infiniment petit de leurs existences débridées. Parmi eux, un enfant timide sera le chroniqueur de ce royaume hors-norme dont il livre les jours de paix, de luttes, et les nuits de folie pour empêcher l'oubli. Épopée fabuleuse, mythologie vibrante, fable majestueuse, cette Chronique d'un Royaume perdu est le chef d'oeuvre d'Ananda Devi.
On fait partie d'une grande famille. On sait qu'on est privilégiés. On vit ensemble, dans notre immeuble au centre de Paris, on se retrouve l'été dans notre maison à la montagne. On trouve que c'est normal. C'est chez nous, c'est à nous, c'est pour nous. On se ressemble, on se compare, on se confronte, on ne se quitte pas, on se confond, on s'appartient. On ne sait pas comment dire je, on n'en a pas besoin, puisqu'on est nous. Nous les enfants, les frères et soeurs, les cousins, les cousines, on partage tout, nos écoles, nos chambres, nos habits, nos repas, nos jeux, nos bains, nos lits. On est les membres indissociables du grand corps familial. On n'a jamais vécu dehors. On ne sait pas ce que c'est. On n'en est pas capables. On n'en a même pas envie. Et tout aurait dû continuer ainsi, dans un même immuable recommencement. Le jour où la façade s'est fissurée, on n'a pas compris. Ça n'aurait pas dû se produire, pas dans notre famille. Ce n'était pas possible que ça nous arrive, à nous aussi.
1980, une femme se suicide dans un appartement cossu. Dans les années cinquante, elle s'était unie avec un jeune homme à qui tout l'opposait. Explorant son histoire familiale, la narratrice tente de démêler les raisons de ce drame et dresse ce faisant le portrait d'une société aux prises avec ses démons : le patriarcat, la guerre, la colonisation, les injonctions à la réussite et au bonheur. N'efface pas mes cercles remonte le temps à la recherche des destins brisés et restitue avec force l'atmosphère des époques traversées.