Adélaïde Bon
Adélaïde Bon
Sibylle a tout réussi : carrière, couple, apparence. Mais une nuit aux Saintes-Maries fait tout basculer. Quand le passé refait surface, son jardin à la française se transforme en marécage.
Androcène, l’ère de l’homme. Enfin, de certains. L’ère au cours de laquelle une poignée d’oppresseurs, différents selon les lieux ou les époques, ont exploité et asservi la multitude pour leurs intérêts propres. Une ère dont nous pourrions sonner la fin, dans nos intérêts communs. Sandrine Rousseau est une femme politique, écologiste, et une économiste. Adélaïde Bon est autrice, feministe militante et femme de scène. Sandrine Roudaut est éditrice, perspectiviste et autrice. Dans l’ouvrage ainsi que pour sa promotion, l’origine du terme androcène est attribué à Myriam Bahaffou et Julie Gorecki. Or, si c’est bien elles qui en parlent dans la revue Nouvelles questions féministes, ces dernières ont précisé aux auteures que le mot était apparu bien avant la publication de cette revue et qu’elles en étaient les relais et non les créatrices.
« J'ai neuf ans. Un dimanche de mai, je rentre seule de la fête de l'école, un monsieur me suit. Un jour blanc. Après, la confusion. Année après année, avancer dans la nuit. Quand on n'a pas les mots, on se tait, on s'enferme, on s'éteint, alors les mots, je les ai cherchés. Longtemps. Et de mots en mots, je me suis mise à écrire. Je suis partie du dimanche de mai et j'ai traversé mon passé, j'ai confronté les faits, et phrase après phrase, j'ai épuisé la violence à force de la nommer, de la délimiter, de la donner à voir et à comprendre. Page après page, je suis revenue à la vie. »A. B. Quand ses parents la trouvent en pleurs, mutique, Adélaïde ignore ce qui lui est arrivé. Ils l'emmènent au commissariat. Elle grandit sans rien laisser paraître, adolescente puis jeune femme enjouée. Des années de souffrance, de solitude, de combat. Vingt ans après, elle reçoit un appel de la brigade des mineurs. Une enquêtrice a rouvert l'affaire dite de l'électricien, classée, et l'ADN désigne un cambrioleur bien connu des services de police. On lui attribue 72 victimes mineures de 1983 à 2003, plus les centaines de petites filles qui n'ont pas pu déposer plainte. Au printemps 2016, au Palais de justice de Paris, au côté de 18 autres femmes, Adélaïde affronte le violeur en série qui a détruit sa vie. Avec une distance, une maturité et une finesse d'écriture saisissantes, Adélaïde Bon retrace un parcours terrifiant, et pourtant trop commun. Une lecture cruciale.
Toujours elle s'est fixé des attentes impossibles, les meilleures études, le meilleur job, le meilleur parti. Elle a réussi. Elle est parfaite, jusqu'au bout des ongles. Elle a fait de son corps de ses mots de sa vie, un paysage. Un jardin à la française, magnifique, d'où rien ne dépasse. Avancer, ne pas regarder en arrière. Mais il y a eu cette nuit aux Saintes-Maries, et soudain le jardin a pris l'eau, et elle ne reconnaît plus ni son compagnon, ni elle, ni rien. Peu à peu, des émotions enfouies, des questions irrésolues et des souvenirs anciens remontent, ceux de l' été de ses quatorze ans, cet été qui aura pris sa mère pour la remplacer par une autre. Découvrez également à la fin de ce livre audio le podcast « Chapitre Zéro x Adélaïde Bon » ! Ce livre audio est interprété par une voix humaine, dans le respect des engagements d'Hardigan.