Agnes Pavy
Agnes Pavy
« ... Il faudrait aussi parler de leurs bouches rondes et lisses d'enfance, je le ferais si j'étais amoureux d'elles mais je ne suis qu'un observateur froid, à la recherche d'émotions humaines pour nourrir mon grand oeuvre. J'ajouterai que ces visages étaient posés sur trois longs corps à peu près de la même taille où pointaient des seins, des fesses ; corps très hauts et minces d'où sortaient des bras étirés et des jambes du même acabit, des corps de Lolitas montés en graine qui donnaient l'illusion d'appartenir à de jeunes femmes. »
Un oeil qui vous crache à la gueule, un oeil doré sous sa frange rousse, une fille à cannes comme d'autres sont à seins, à cul, fossettes ou mirlitons. Elle le sait. Elle joue de la panoplie, les jarretelles, les dentelles, les bas luisants qui vous accrochent quand elle croise et décroise tout ça à la vitesse de l'escargot qui se hâte sur la salade qu'elle vous débite à voix hachée. Elle respire quand elle y pense, pas assez souvent.
Nadia et Charlotte, deux jeunes filles modernes, tentent de survivre dans la jungle des villes. Elles tâtent de tout, un peu - enseignement, secrétariat, boutiques de mode - et ont affaire à des patrons insensés, vivant à cent à l'heure ou encroûtés dans la routine. En un mot, elles trouvent que ce n'est pas toujours drôle de travailler. Contre cette vie qui n'en est pas une, elles jouent à réinventer l'amour, l'amitié, les voyages, elles font la fête. Agnès Pavy ressemble à ces deux enfants du siècle : toujours entre le rire et les larmes, avec un coeur gros comme ça, un goût féroce de la vie et une tendresse qui se cache sous un humour rose et noir.