Alain Bonnand
Alain Bonnand
Entre lettres oubliées et séduction épistolaire, La Grammairienne et la Petite Sorcière mêle humour, nostalgie et poésie pour explorer l’art de séduire par les mots. Un roman délicat où Alain Bonnand déploie toute la grâce de son écriture.
Arthur creuse des trous au Yémen pour le compte d'un grand groupe. Laurence, sa maîtresse, se trouve à Orléans. Ils s'aiment de loin grâce à Internet et tout un matériel qu'ils finissent par utiliser très bien... Une histoire pimentée, qui nous transporte en 2006 où les amoureux découvraient avec l'ordinateur, un micro et une caméra portatifs, les joies et permissions de l'échange à distance. Un érotique non dépourvu d'humour ni d'encouragements!
Alain Bonnand se retourne sur ses premières amours...
Martine résiste, la galerie féminine d'Alain Bonnand, aligne les portraits ciselés d'une pointe sèche acerbe et toujours virevoltante. Proche d'un Morand, dont il a le goût du sprint et de la fringale d'aventures, et d'un Nimier, à qui il emprunte la dureté de dent et la pointe démouchetée.
Les dames ont été malheureuses en 2011 : Alain Bonnand, qui habitait Damas, qui vivait là, en direct, les débuts de la révolte syrienne, a réservé tout son courrier à son ami le philosophe nihiliste Roland Jaccard. 47 lettres, comme autant de chapitres.On y croise :- Une famille de Français installé bourgeoisement quartier Malki- Un dictateur idiot- Un écrivain rentier, bibliophile, footballeur et cuisinier- Un marchand chrétien, cinq coiffeurs- Un ambassadeur de France réclamant la danse- Un poète en prison au cimetière- Des jardiniers- Un bibliothécaire, sa femme- Des petites poules sur le becUne valse de mots et d'idées qui vaut testament.
"J'avais freiné avec désespoir et je m'en voulus presque : je découvrais à l'ombre de mes pare-chocs un regrettable spécimen de jeune femme belle. Elle était passablement évanouie et elle faisait des taches latino-américaines sur l'asphalte : un peu de sang hongrois, syro-libanais et basque s'évadait d'une blessure au coude. Mais l'on voyait bien qu'elle n'avait rien de grave, qu'au contraire je vivais les premiers moments d'un tourment qui allait me tenir des semaines avant de me laisser sur le pavé à mon tour." A.B. (Par l'auteur des Mauvaises rencontres.)
" Je ne les déçois pas : je me conduis mal avec les femmes. Je procède avec elles comme un forcené. Elles sont mon lieu de passage favori. Je cherche en elles une solution à moi-même qu'elles n'ont pas. Elles n'offrent qu'une faible issue à l'insatisfaction. Elles ne font jaillir que de petites morts. Cela fait des taches poisseuses et inutiles. Cela engendre de la littérature : un écoeurement de mots et de chignons tombés. ".