Albert Garreau
Albert Garreau
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
La gloire de Paris est intellectuelle et spirituelle. Ses joyaux les plus précieux sont des églises et des chapelles vivantes. Pour le pèlerin et le spectateur, quels changements en peu d'année, de Chateaubriand et de Huysmans, aux prêtres ouvriers faisant le coup de gueule et le coup de poings aveec les grévistes contre les CRS. Peu de gens, avouons-le, souffrent de cet avilissement et de cet enlaidissement. Le culte public s'altère, dans l'indifférence générale, celle de ces foules que les réformes introduites, ici et là, prétendent atteindre. Cet état de choses a certainement des raisons théologiques, qu'il ne nous appartient pas d'examiner...
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Que pensent les jeunes gens d'aujourd'hui ? Que sentent-ils ? Où vont-ils ? Les plus éloquents, les plus bavards, les plus indiscrets tiennent le devant de la scène, ce qui est bien de chez nous, et nous cachent le vrai spectacle. Car ceux qui se taisent et qui peinent à vivre sont pourtant les seuls authentiques. En voici quatre, qui s'appellent Isa, Catherine, Alain et Pierre, comme tout le monde. Ils se croient les maîtres de leur sort et de l'univers. Deux ou trois ans suffisent à les détromper. Et ils s'aperçoivent que les aventures, qu'ils subissent plus qu'ils ne les commandent, ressemblent fort, en somme, à celle de l'homme de tous les temps : l'un se marie, l'autre entre en religion, l'autre meurt et l'on ignore si cette mort est un échec ou une apothéose. Car c'est peut-être en perdant sa vie qu'on la gagne et ce ne sont pas ceux qui crient le plus fort : Seigneur, Seigneur-Non, pardon, le Christ par ci, le Christ par là, qui demeurent le plus fidèles. Est-il de tout temps un drame plus émouvant que le passage des illusions et des espérances de la jeunesse aux renoncements et aux volontés de l'âge mûr ? De l'éblouissement à l'obscurité de la foi ?
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Tous, ils ont aimé les fleurs et vu en elles un grand mystère de Dieu : la fleur merveilleuse du roman de Novalis, myosotis, bluet ou chardon mauve, la petite rose sauvage de Goethe, l'hyacinthe de Werner, le panicaut couleur d'améthyste, la colchique des prés, qui porte en allemand le beau nom de solitaire des jours d'automne : Herbstzeitlose. Tant pis pour nous si la fleur ne nous intéresse plus qu'en tisanes, essences parfumées et produits chimiques divers. Les personnages groupés ici nous sont apparentés. Ce n'est pas le moindre attrait du romantisme allemand de préfigurer à sa façon notre symbolisme et notre surréalisme.
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