Alejandro Erbetta
Alejandro Erbetta
Et si les arts et les artistes étaient d'abord articulés au passé, au point qu'il serait plus adéquat de parler de reconstruction plutôt que de création, car, du passé, non seulement on ne pourrait faire table rase, mais surtout on tenterait toujours de le reconstruire. Reconstruction de soi, reconstruction de sa propre oeuvre, reconstruction de son art et enfin, reconstruction de l'art : cet ouvrage explore cette thématique entre art et reconstruction au travers de sept contributions d'artistes et de chercheurs.
Des hommes voulurent franchir des frontières : ces migrations par-delà les frontières ont participé et participent au façonnage du monde. Les frontières sont souvent faites pour être franchies - et parfois ces migrations engendrent un aller et retour. Allers-retours matériels, mais aussi réflexifs, poétiques, artistiques, nostalgiques, existentiels. Ceux qui les vivent s'en nourrissent au quotidien et des artistes et des intellectuels les interrogent en faisant oeuvre.
Dans les démarches rétrospectives qui réinterprètent le passé, les artistes travaillent à partir des traces matérielles et mnésiques, telles que les images d'albums de famille, les archives, les documents ou les témoignages. Leurs oeuvres deviennent une recréation artistique, et postulent un espace narratif singulier qui évoque une poétique de la mémoire. Partielles et fragmentaires, elles donnent à voir un récit reconfiguré par l'imaginaire et le montage. Mais peut-on reconstruire une histoire fragmentée et dispersée par le montage ? Comment remplir les vides ? En quoi et pourquoi la photographie peut-elle jouer un rôle important entre passé et présent ? Quelles relations établir entre mémoire, reconstruction et identité, entre histoires individuelle et collective ?