Alexis Martin
Alexis Martin
C'est un grand jour au magasin à rayons La Baie, doyenne des corporations canadiennes : tout, absolument tout doit être liquidé! Six commis de plancher s'affairent, tout en faisant revivre, par le truchement du parcours de George Simpson, dit l'Empereur du Nord, les grandes lignes de l'histoire de la Compagnie de la Baie d'Hudson, qu'il a dirigée de 1821 à 1860. La HBC, comme on la désignait, régnait alors sur un vaste territoire de 3,5 millions de milles carrés. Cette plongée dans la destinée de Simpson prend la forme d'une fresque théâtrale rocambolesque faite de grands espaces, de sang, de bruits et de fureur, et teintée d'un humour grinçant. Une multitude de personnages ayant croisé sa route fulgurante sont convoqués : trappeurs autochtones, voyageurs canadiens, guides Métis, capitalistes anglais, épouses «à la façon du pays», Highlanders exilés... et même un castor! Derrière cette galerie foisonnante se déploie un propos plus vaste : en faisant entendre les voix de ceux et celles qui ont pris part à ce chapitre déterminant de l'histoire, «L'empire du castor» raconte comment la HBC a ouvert la voie à l'ère coloniale, bouleversé les modes de vie et d'échange autochtones et servi de modèle pour de futures exploitations du territoire. Elle propose une alternative à l'histoire scolaire, loin des clichés habituels, et éclaire les rouages d'un capitalisme colonial dont les répercussions se font encore sentir aujourd'hui. -- Pièce écrite avec la participation de Michael Mackenzie et Yvette Nolan.
Paris, mai 1900. Un guide littéraire et historique vous invite à redécouvrir la capitale à travers les yeux d’un touriste de la Belle Époque.
Et si la frontière entre l’humain et l’animal n’était qu’une illusion ? Animaux d’Alexis Martin ose placer de vrais animaux sur scène, défiant les codes du théâtre traditionnel.
L'art du peintre André Masson et la pensée de l'écrivain Georges Bataille sont mis en lumière dans la pièce Une conjuration. Dans le modeste atelier du peintre, deux artistes et penseurs parmi les plus singuliers du dernier siècle sont réunis pour écrire et dessiner le manifeste Une conjuration sacrée, alors que l'Europe sent monter le souffle pestilentiel du fascisme. C'est une déclaration de guerre à un monde « qui fait peser sa patte d'employé jusque sur la mort ». Un cri du coeur de deux individus terrifiés à l'idée de voir s'étioler la liberté humaine dans les rets d'un monde grossier et inhumain. Dans une société où l'argent, la langue du management et le culte de la performance bouchent tout l'horizon, leur appel résonne d'autant plus fort : les êtres ne se réduisent pas à leur utilité.
Une pièce intimiste aux accents oniriques Au hasard d'une balade, un homme qui vit une crise existentielle revient sur les lieux de son enfance. Une sorte de bal des fantômes qui ont marqué sa vie se déploie dans une remémoration poétique et philosophique. Un morceau de tissu, une guitare oubliée, une pile de livres, les objets abandonnés qui reposent dans la pièce réveillent bien des souvenirs. Et à travers eux, ceux et celles qui ont marqué sa vie, membres de la famille ou encore personnages issus de la mythologie, composent une sorte de réponse aux interrogations angoissées du protagoniste. La petite chambre de son enfance se remplit des échos lointains ou récents des moments, petits et grands, qui ont balisé sa vie. Le personnage principal entre alors en dialogue avec ces voix chères et renoue avec une généalogie personnelle (et collective). En espérant y trouver, peut-être, un nouveau souffle.