Alexis Salatko
Alexis Salatko
Pour saisir le bonheur, connaître la liberté, tous les moyens sont bons. Née en Nouvelle-Zélande à la fin du siècle dernier, Kathleen Beauchamp tentera de conquérir la fortune et la gloire en Angleterre - à Londres, puis à Canterbury - avant d'aller mourir à Fontainebleau, dans la solitude des condamnés, une trentaine d'années plus tard, après avoir brûlé sa vie par les deux bouts. Une vie qui tantôt illumine tantôt obscurcit les pages d'un livre que s'efforce d'écrire cette éternelle enfant pourchassée par les fantômes d'un passé qui l'obsède. Une aïeule illuminée, un père tyrannique, une mère aimante, un frère fragile, des soeurs mal dégrossies animeront le petit monde de Kate, sa romanesque Océanie. Ange gardien et mentor, compagnon des bons et des mauvais jours, John, par amour, suivra aussi loin qu'il le pourra dans sa course aux plaisirs perdus cette femme qui, déçue par la vie, se réfugie dans l'écriture, cette artiste prisonnière de ses fantasmes qui succombe avec frénésie à la tentation d'exister. Le temps réel du livre est celui d'un trajet en train - son dernier voyage - au terme duquel Kate, ayant revu de bout en bout un destin qu'elle finit par accepter, se réconcilie avec son étoile. Roman de la vie d'une femme écrivant le roman de sa vie, S'il pleut, il pleuvra peut aussi se lire comme la confession masquée d'un auteur cherchant à cerner sa propre ambiguïté à travers le portrait d'un double imaginaire inspiré du personnage réel de Katherine Mansfield.
"La nuit, dans mon lit, je comptais les palpitations de mon propre coeur, aux aguets de la moindre extrasystole. Puis du coeur, je passais aux autres organes, l'estomac, les intestins qui ne cessaient de faire des borborygmes, criant famine, les pauvres, sans réussir à se faire entendre de mon cerveau détraqué, lequel continuait à me transmettre le même message délirant qui aurait pu s'énoncer en ces termes : 'Plutôt mourir que se nourrir.'" Victime d'un mal étrange, la dépnophobie, Alio est incapable de manger devant autrui. Il est si frêle qu'il ne peut tenir sa tête droite. Cible de quolibets à l'école, fardeau pour ses parents, le héros dépérit à Cherbourg. Pour le sauver, et puisqu'elle ne peut nourrir son corps, sa mère le gave de lecture. Il a pour seuls amis des êtres de papier. Condamné à vivre en marge du monde, il devient écrivain. Sa rencontre avec une jeune femme, professeure de réalité, va l'aider à remonter aux racines de son mal. Mais si sa guérison mettait en péril le monde imaginaire qu'il a construit ? L'enfant à la tête baissée, formidable hybride de Romain Gary et de Tim Burton, se promène entre vie réelle et vie rêvée, conte cruel et féerie gothique.
"La nuit, dans mon lit, je comptais les palpitations de mon propre coeur, aux aguets de la moindre extrasystole. Puis du coeur, je passais aux autres organes, l'estomac, les intestins qui ne cessaient de faire des borborygmes, criant famine, les pauvres, sans réussir à se faire entendre de mon cerveau détraqué, lequel continuait à me transmettre le même message délirant qui aurait pu s'énoncer en ces termes : 'Plutôt mourir que se nourrir.'" Victime d'un mal étrange, la dépnophobie, Alio est incapable de manger devant autrui. Il est si frêle qu'il ne peut tenir sa tête droite. Cible de quolibets à l'école, fardeau pour ses parents, le héros dépérit à Cherbourg. Pour le sauver, et puisqu'elle ne peut nourrir son corps, sa mère le gave de lecture. Il a pour seuls amis des êtres de papier. Condamné à vivre en marge du monde, il devient écrivain. Sa rencontre avec une jeune femme, professeure de réalité, va l'aider à remonter aux racines de son mal. Mais si sa guérison mettait en péril le monde imaginaire qu'il a construit ? L'enfant à la tête baissée, formidable hybride de Romain Gary et de Tim Burton, se promène entre vie réelle et vie rêvée, conte cruel et féerie gothique.
Hollywood Forever Cemetery, 20 août 1981. Un vieil homme hagard et fatigué cherche la tombe de son fils. L'homme est Jules Dassin, grand cinéaste américain qui, un an plus tôt, a enterré ici Joe Dassin, chanteur au succès planétaire emporté par un infarctus à l'âge de 41 ans. Au crépuscule de sa carrière, terrassé par le chagrin, Jules se raccroche à une idée de documentaire : pour rendre hommage à Joe, il entend commémorer tous les 20 août de sa vie. C'est ainsi qu'on remonte avec lui en 1938, où le tout jeune Jules et sa femme Béatrice attendent leur premier enfant. Au gré des souvenirs se déploie la trajectoire fascinante des Dassin père et fils, descendants de Samuel Dassin, Juif d'Odessa qui a tenté sa chance en Amérique. On passe en revue les débuts de Jules au théâtre yiddish new-yorkais et au cinéma, aux côtés d'Hitchcock, à la RKO puis à la MGM. Dénoncé lors de la chasse aux sorcières maccarthyste pour ses prises de position communistes, Jules est contraint de fuir en Europe avec Béatrice et le petit Joe ; commence alors une existence nomade au gré des déménagements et des tournages. Un hommage à l'histoire du cinéma et au show business des deux côtés de l'Atlantique, ce roman est avant tout une exploration poignante d'une relation père-fils, tous deux artistes, tous deux farouchement indépendants. Fasciné par son père trop absent, Joe se construit dans son ombre et passe lui-même par une vie tiraillée entre plusieurs continents. Il connaîtra un succès phénoménal, mais aussi la dépression, la mort de son premier-né et l'enfer des addictions. Dans son roman, Alexis Salatko imagine avec justesse et douceur les sentiments d'un père rongé par les regrets.
Hollywood Forever Cemetery, 20 août 1981. Un vieil homme hagard et fatigué cherche la tombe de son fils. L'homme est Jules Dassin, grand cinéaste américain qui, un an plus tôt, a enterré ici Joe Dassin, chanteur au succès planétaire emporté par un infarctus à l'âge de 41 ans. Au crépuscule de sa carrière, terrassé par le chagrin, Jules se raccroche à une idée de documentaire : pour rendre hommage à Joe, il entend commémorer tous les 20 août de sa vie. C'est ainsi qu'on remonte avec lui en 1938, où le tout jeune Jules et sa femme Béatrice attendent leur premier enfant. Au gré des souvenirs se déploie la trajectoire fascinante des Dassin père et fils, descendants de Samuel Dassin, Juif d'Odessa qui a tenté sa chance en Amérique. On passe en revue les débuts de Jules au théâtre yiddish new-yorkais et au cinéma, aux côtés d'Hitchcock, à la RKO puis à la MGM. Dénoncé lors de la chasse aux sorcières maccarthyste pour ses prises de position communistes, Jules est contraint de fuir en Europe avec Béatrice et le petit Joe ; commence alors une existence nomade au gré des déménagements et des tournages. Un hommage à l'histoire du cinéma et au show business des deux côtés de l'Atlantique, ce roman est avant tout une exploration poignante d'une relation père-fils, tous deux artistes, tous deux farouchement indépendants. Fasciné par son père trop absent, Joe se construit dans son ombre et passe lui-même par une vie tiraillée entre plusieurs continents. Il connaîtra un succès phénoménal, mais aussi la dépression, la mort de son premier-né et l'enfer des addictions. Dans son roman, Alexis Salatko imagine avec justesse et douceur les sentiments d'un père rongé par les regrets.
"Ce n'est pas parce qu'un artiste est mort qu'il n'a plus rien à dire. J'en sais quelque chose, je suis mort." Été 1970, Dino Buzzati apprend qu'il souffre de la maladie qui a emporté son père. Au lieu d'accueillir la nouvelle avec effroi, le grand écrivain italien, auteur du Désert des Tartares, jubile : il va enfin pouvoir affronter l'ennemi, le regarder en face. Au Corriere della Sera, le journal auquel il collabore depuis quarante ans, on lui propose d'enquêter sur un phénomène étrange survenu dans un petit village du sud de l'Italie : les habitants d'un immeuble misérable ont été découverts pétrifiés. Très vite, la dernière enquête de Buzzati devient une enquête sur Buzzati. Cheminant entre mémoire, rêve et réalité, l'écrivain fait le bilan de sa vie en un allègre requiem.
"Ce n'est pas parce qu'un artiste est mort qu'il n'a plus rien à dire. J'en sais quelque chose, je suis mort." Été 1970, Dino Buzzati apprend qu'il souffre de la maladie qui a emporté son père. Au lieu d'accueillir la nouvelle avec effroi, le grand écrivain italien, auteur du Désert des Tartares, jubile : il va enfin pouvoir affronter l'ennemi, le regarder en face. Au Corriere della Sera, le journal auquel il collabore depuis quarante ans, on lui propose d'enquêter sur un phénomène étrange survenu dans un petit village du sud de l'Italie : les habitants d'un immeuble misérable ont été découverts pétrifiés. Très vite, la dernière enquête de Buzzati devient une enquête sur Buzzati. Cheminant entre mémoire, rêve et réalité, l'écrivain fait le bilan de sa vie en un allègre requiem.
Mon père se battait en duel au piano avec Horowitz. C'était il y a longtemps. Avant la révolution d'Octobre et la défaite de l'armée blanche, avant l'exil à Montrouge, avant qu'il entre au service galvanoplastie des usines Pathé Marconi pour nous faire vivre ma mère et moi. A présent, mon père a baissé sa garde. Alors, avant qu'il ne soit trop tard, j'ai décidé de l'emmener à New York. A Carnegie Hall. Ecouter Horowitz une dernière fois. Mais je ne sais pas ce qui nous attend...
C'était hier, c'était l'été. La ville, le port, la rade brillaient de tous leurs feux. On se pressait sur les promenades et les jetées. Ombrelles, bibis, canotiers, foulards à pois, cannes et gants mauves volaient, s'agitaient pour saluer le départ ou l'arrivée d'un paquebot. L'Amérique venait à Cherbourg, et pas seulement l'Amérique, les cinq continents se croisaient à Cherbourg alias Darling-City, Cosmos-Harbour, Puerto de Los Puertos, Crachingtown. Que reste-t-il de tout cela ? Fasciné par le passé légendaire de la gare maritime de Cherbourg, Alexis Salatko rêve aux escales des grands paquebots illuminés dans la nuit. Il ressucite tout un monde mythique dans l'enceinte de la Cité de la Mer, cathédrale art-déco ouverte à tous les vents de l'aventure. Cinéaste « sans moteur », il rembobine le film en noir et blanc de l'épopée transatlantique, et sa caméra-stylo plonge dans la cohue des voyageurs du temps jadis, qu'ils soient bienheureux croisiéristes, stars de passage ou pauvres émigrants en quête d'Eldorado. À la fumée des havanes, aux pollens d'oeillets rouges, se mêlent le parfum de lady Vanish et les effluves de gas-oil. Au fil de l'eau, au fil des mots, entre ombre et lumière, brumes et mirages, souvenirs vrais ou inventés, son voyage immobile nous entraîne de l'autre côté du miroir. Escales de rêve.
« Quand il est midi au soleil pour l'un, il est minuit sous la neige pour l'autre. Bela connaît un éternel hiver et Bill vit un été sans fin. Un abîme sépare le tumultueux Mississippi du morne Danube glacé. Et pourtant quelque chose unit le « looser » de Memphis au paria de Budapest. Quelque chose dans la façon de réagir aux offenses, aux outrages subis au cours de l'existence. » Ainsi parle Alexis Salatko de deux voyages, de Cherbourg à New York : celui du jeune Bill, vingt-deux ans, qui en 1922 quitte l'Europe pour rentrer en Amérique. Chez lui, dans le Sud, comme il dira toujours. Car Bill n'est autre que William Faulkner, dont l'odyssée se doublera bientôt de celle, inversée, de Bela Bartok. Lui aussi, un beau jour, embarquera pour New York, en un exil qui ne s'achèvera qu'avec sa mort. De Faulkner et de Bartok, Salatko s'approprie les errances et les points fixes. Identification dérisoire, illusion poétique ? Oui, mais aussi questionnement majeur : perdons-nous, en même temps que nos racines, le sens de l'histoire et le pouvoir de création ?
« Un gardien de livres analphabète, un disc-jockey très à cheval sur les principes, une servante maîtresse de sa destinée, un accordeur de pianos briseur d'harmonie, un auteur de polars qui se transforme en personnage de fiction (on doit d'ailleurs à cet homme remarquable l'invention de la réalité), Dieu, envoyé sous bonne escorte au Diable Vauvert... Tels sont les protagonistes, figures d'ombre, bonhommes de vent qui passent d'une nouvelle à l'autre en crevant le mur d'un songe en vingt-deux morceaux... Hanté par mes lectures de Bruno Schulz et la musique d'Amarcord, j'ai aussi voulu écrire la chronique d'une petite bourgade que l'on chercherait en vain dans le guide Michelin. Là-bas, comme dans la chanson de Prévert, hiver comme été, c'est toujours l'hiver ! Villa sous la pluie (même quand le soleil luit), ville frontière entre rêve et réalité. » A.S.
Plongez dans la vie flamboyante de Django Reinhardt, le roi du swing, à travers les yeux des femmes qui l’ont inspiré. Folles de Django mêle passion, jazz et destin hors norme dans une biographie romancée captivante.
align="justify">Une nuit de Noël, je me suis allongé dans la neige au fond du Bois de Boulogne, décidé à me laisser mourir de froid. Mais une femme m'a sauvé et hébergé chez elle contre toute logique. Sur un ton où l'autorité le disputait à la douceur, comme en échange d'un service que je ne lui avais pas demandé, elle exigea que je lui raconte ma vie. J'avais tout sacrifié à l'écriture. Mon père, lui, avait tout sacrifié au jeu. Durant mon enfance, il désertait notre maison du Cotentin à la moindre occasion pour assouvir son vice et il régla d'un coup les problèmes de mon adolescence en m'expédiant dans un collège irlandais. Jeune homme, au moment précis où je crus ne plus devoir entendre parler de lui, au moment où je publiais mon premier roman avec éclat et rencontrais un célèbre cinéaste prêt à m'encourager dans la carrière artistique, mon père trouva le moyen de mourir assassiné. Mon père, ma malédiction ! Ce dandy, ce flambeur, ce golfeur de génie avait laissé des dettes, dont ses anciens complices qui organisaient des paris sur ses parties truquées, me tenaient pour comptable ! Je dus troquer la plume contre un club de golf, et me laisser trimballer de green en green dans un camping-car déglingué pour effacer l'ardoise paternelle. Voilà ce qui m'avait fait renoncer à l'écriture. Tandis que je la racontais à une inconnue, je découvris que l'histoire de ce renoncement constituait la trame d'un étonnant roman noir...
La vie de Louis-Ferdinand Céline est un roman : Alexis Salatko s'en empare à l'occasion du 50e anniversaire de la mort de l'écrivain. La vie de Louis-Ferdinand Céline est un roman : Alexis Salatko s'en empare à l'occasion du 50e anniversaire de la mort de l'écrivain.De 1945 à 1950, Louis-Ferdinand Céline vit en exil au Danemark. Après avoir passé un an dans les geôles danoises, il loge dans un taudis, en résidence surveillée, sur les bords de la Baltique. C'est là que Marcel Aymé, porté par le succès de Clérambard représenté à Copenhague, vient retrouver son vieil ami. Marcel, le témoin muet des bons et des mauvais jours, celui qui n'a jamais lâché Louis malgré leur différend et les assauts de la meute, est le seul à lui arracher un semblant de repentir, tout là-bas, au coeur de la nuit nordique. Céline est l'auteur français le plus lu et le plus commenté au monde. Comment expliquer ce mélange de fascination et de répulsion qu'il inspire encore aujourd'hui ? Cette amitié de trente ans entre Marcel et Louis est le prétexte pour explorer la vie de Céline, cerner sa personnalité dans toute sa complexité, bref tenter de percer son mystère, à travers une fiction inspirée des séquences les plus marquantes de sa vie.
Quand Marc Dubreuil arrive à Limoges en 1847, c'est un gamin misérable, prêt à tout. Mais il a un don. Et un jour il s'imposera comme le Rimbaud de la peinture sur porcelaine, le grand maître des arts du feu, au prix de sacrifices inouïs, de patience, d'entêtement. La quête de la beauté et le talent suffisent-il à affronter le monde ? Originaire de New York, un négociant du nom de Hollister a de grandes ambitions pour cette porcelaine d'une blancheur surnaturelle dont toute l'Amérique raffole. Sous son impulsion, les ateliers insalubres se transforment en usines. Des campagnes affluent de pauvres bougres en quête de travail. Les cheminées fument. Marc Dubreuil entre à la grande fabrique. Comment un génie ne se brûlerait-il pas les ailes dans la fournaise industrielle ? C'est China, l'héritière de sa folie créatrice, le fruit de ses amours désespérées, qui raconte son histoire. Attaché à Limoges et à sa porcelaine mondialement célèbre, Alexis Salatko était depuis longtemps hanté par l'envie de consacrer une vaste fresque à ce thème déjà évoqué dans son oeuvre. C'est chose faite avec ce roman magistral.
Je regarde la grue d'où mon père est tombé. Suicide ? Accident ? J'ai voulu comprendre, enquêter. Je me suis pris pour le Marlowe du Cotentin. Mais on risque gros à jouer les détectives parmi ses propres souvenirs. Cherbourg, années 70. La ville brillait de mille hublots transatlantiques. Les chantiers navals où travaillait mon père tournaient encore à plein régime. Ma mère promenait en Jaguar sa beauté fragile de Russe en exil. Mais le bonheur est un fauteuil au bord du vide qui a vite fait de basculer. J'avais beau me repasser le film en noir et blanc de nos plus belles années, je devais bien admettre que c'était fini. Jusqu'à ce que je comprenne : mon heure de gloire à moi, je ne l'avais même pas eue, et c'était peut-être à cause de ça que mon père s'était perdu.
Flannery n'a pas vingt ans et déjà un recueil de nouvelles à son actif lorsqu'elle développe la maladie qui a tué son père : le lupus érythémateux. Un mal incurable. Croyante et combattive, elle accepte l'épreuve et décide de composer avec sa " lente agonie ". Elle se réfugie dans la ferme familiale, coincée entre un pénitencier et un asile de fous, à Milledgeville, en Géorgie. Là, sous un soleil implacable, au milieu des paons, le décor est planté, il ne reste plus à l'artiste qu'à frapper les trois coups de son opera mundi. Mais ses jours sont comptés et son oeuvre prend l'allure d'une course contre la montre. Moderne et biblique, le Sud où nous fait plonger la romancière est peuplé d'hallucinantes créatures : étudiants nihilistes, assommantes vieilles dames, mère abusive, enfants sacrifiés, petits Blancs minables et Nègres drolatiques, sans oublier le Diable capable de revêtir toutes les formes humaines. Partant de faits réels - un séjour de l'écrivain à l'hôpital Piedmont d'Atlanta en juin 1964 et son retour à Milledgeville -, j'ai voulu raconter les trois derniers mois de son parcours terrestre, en une sorte de joyeux requiem. J'ai inventé un voyage à Savannah en compagnie de son chauffeur noir, un road-movie qu'elle aurait fort bien pu vivre. La rudesse de samouraï, l'imagination du désastre, mais surtout l'humour décapant de Flannery O'Connor en font, quarante ans après sa mort, une héroïne de notre temps. A.S.