Alice Farrow
Alice Farrow
Un week-end au Club Méditerranée de Vittel, entre souvenirs et rencontres désenchantées. Vittel palace mêle mélancolie, humour et une galerie de personnages aussi attachants que perdus.
Thérèse, c'est grave, elle a tout vu ce dimanche-là, le jour de l'escalier, et c'est à moi que c'est arrivé. Maintenant, elle a une pupille plus grosse que l'autre et j'ai froid comme dans un bonbon à la menthe. Papa, je le reconnais jamais, sauf s'il me dit : c'est moi, c'est papa. Un jour, il m'a prise dans ses bras ; je sortais de l'opération des amygdales, j'avais mal à la gorge, mais le coeur qui bat comme un tambour et rien que des pénis qui frappent dessus ! Aux grandes vacances, les hommes, ils emmènent ma tante Nicolette en robe blanche, pas à la mairie, mais tout près, dans les w.-c. publics ; du coup, y ressortent jamais mariés. Au mois d'août, mon Pépa, il a coupé la guêpe en deux, y supporte pas les tailles fines. C'est le même été que maman est venue avec un grand frisé en pull rayé jaune et noir. Il nous a emmenées dans un pays où ça fait rien que bourdonner à cause des, usines et des hauts fourneaux. Thérèse et moi, on a grandi comme du lait qui monte dans une casserole, mais du lait tourné. Et ma vie, je l'ai vue toute caillée sur la figure de maman, ce dimanche-là ! A.F.
Il y a Agnès. Elle écrit un roman. Il y a Geoffroy avec lequel elle vit. Très occupé, il va au gymnase se faire les abdominaux. Agnès préfère rester chez elle, écrire, avec ses chats qui ont toujours faim, passent le temps à se lécher et à dormir. Écrire n'est pas aisé. Agnès se heurte à d'étranges résistances. Ses personnages ne veulent en faire qu'à leur tête. Ils évitent les situations qu'elle leur avait préparées, boudent les amours prévus pour eux, ne cessent de se plaindre. Pis encore ! Agnès est suivie dans la rue par Michel Saint-Amont. Un héros de roman qui suit l'auteur de ses jours, en est amoureux, surprenant ! Agnès découvre ainsi une conséquence inattendue des retombées de Tchernobyl. Chaque personnage revendique son autonomie, veut vivre sa vie, le lien avec les autres ne se faisant plus, le roman dérape. Drame ultime : l'auteur tombe amoureuse de ses personnages.