Alice Vintenon
Alice Vintenon
Cet ouvrage évoque le développement, à la Renaissance, d'une catégorie de fictions caractérisées à la fois par leur invraisemblance comique et par leurs prétentions philosophiques. Cette tension, qui rappelle les Histoires véritables de Lucien, s'observe notamment dans les six « fantaisies » analysées, le Momus d'Alberti, le Roland Furieux, le Baldus de Folengo, les livres rabelaisiens, les Saisons de Ronsard, la Nouvelle Fabrique de Philippe d'Alcripe. Ces études de cas sont précédées de chapitres théoriques, qui examinent le statut que les poétiques réservent aux fictions qui exhibent leur fausseté : loin d'être systématiquement assimilées au mensonge ou décriées comme des échecs esthétiques, elles bénéficient de la valorisation de l'invention fictionnelle, de l'étonnement et des productions de la fantaisie créatrice. Elles entretiennent cependant un rapport ambigu avec la tradition de la lecture allégorique, à laquelle elles se réfèrent tout en résistant à la domestication herméneutique.
Publiés pour la première fois en 1552, Les Amours constituent l'un des grands événements littéraires de la France du XVIe siècle: maintes fois imité à la Renaissance, le recueil est d'emblée perçu comme un chef-d'oeuvre, et fait même l'objet d'un commentaire savant, rédigé par Marc-Antoine Muret. Le présent volume propose de situer l'oeuvre dans son contexte poétique en montrant comment elle mêle des références littéraires (pétrarquisme, épopée...) et philosophiques (néoplatonisme, épicurisme...) très hétérogènes. Mais il souligne aussi ce qui fait la nouveauté des Amours, tant dans la présentation matérielle du recueil et dans sa pratique du sonnet que dans sa distance désinvolte à l'égard de ses sources et modèles. Trois « entrées » dans l'oeuvre sont proposées: la première évoque le contexte de parution du recueil et ses particularités formelles; la seconde, sa philosophie de l'amour; la troisième, son usage des références philosophiques et mythologiques.