Andre Chamson
Andre Chamson
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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1927. Un jeune écrivain cévenol ose défier le poids de l’Histoire et interroger notre rapport au destin. L’homme contre l’histoire d’André Chamson, essai percutant, oppose la liberté individuelle à la fatalité collective.
Février 1934, Paris. Dans une France déchirée par les tensions politiques, La galère d’André Chamson plonge au cœur des émeutes qui ont marqué l’Histoire.
1914-1939 : Jean-Manuel, jeune prodige promis à un avenir radieux, voit sa vie brisée par la Grande Guerre. Ce roman poignant d’André Chamson explore la chute d’un homme, la folie et la résilience face à l’Histoire.
Et si la France disparaissait de la carte du monde, remplacée par une Gaule primitive et barbare ? Découvrez cette satire étourdissante où un ambassadeur gaulois, casque ailé et moustaches tombantes.
Au début du vingtième siècle, la famille Arnal exerce un véritable magistère moral sur un village cévenol, par son savoir, ses compétences, sa droiture. Ainsi, chaque dimanche, à la mairie, le chef du clan, Conseiller Arnal, " bataillait, décidait, arrangeait la vie des autres "... Cette réputation aussi puissante qu'une légende impose aux Arnal de vivre sans tâche. Ce dont ils s'acquittent admirablement, jusqu'au jour où Clémence, la jeune sourde-muette du clan, met au monde un enfant, fruit d'une union avec son frère Maurice. Conseiller chasse Maurice, puis enterre le nouveau-né laissé sans soin. Lié par le secret et la honte, le clan Arnal fait front puis se lézarde. Royalement réélu à la mairie mais brisé par le remords, Conseiller avoue son crime. Emmené par les gendarmes, il se trouvera encore une vieille femme pour lui mendier un conseil sur le chemin de la prison... Admirable chronique de la vie de gens " durs d'être justes ", Le Crime des justes (1928) impressionne par son austérité et sa sobriété toutes cévenoles.
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« Disparu en 1983, André Chamson, né avec le siècle, est sans doute l'un des écrivains qui a écrit quelques-unes des pages les plus inspirées sur les Cévennes. Des premiers textes : Roux le bandit (1925), Les hommes de la route (1927), aux textes de l'âge mûr : La superbe (1967), La Tour de Constance (1970)..., André Chamson n'a eu de cesse de célébrer la Cévenne, sa beauté, ses valeurs, ses vertus d'austérité et de résistance. Issu de cette terre où plongeaient ses racines les plus profondes, André Chamson a su allier - à l'érudition du chartiste - la sensibilité du romancier, créant ainsi une oeuvre où l'Histoire et l'inspiration s'équilibrent, pour témoigner de la grandeur et de la noblesse d'un pays rude et sans détours. Dans ce livre, Cévennes, paru une première fois en 1957, aux éditions de La Baconnière, en Suisse, André Chamson évoque, amoureusement, le pays de ses ancêtres. Et, que ce soit sur les traces de Stevenson ou sur celles des Camisards, que ce soit en confessant ses propres errances autour du monde qui, trop souvent, l'éloignèrent des Cévennes, André Chamson rappelle que, pour être allé vivre ailleurs, il leur est resté fidèle. On retrouvera dans ces pages, que le dessin de Gea Augsbourg illustre avec tant de bonheur complice, la poésie et la sincérité d'un homme qui fit corps avec sa terre, dans laquelle il voyait l'ultime socle d'éternité « s'élevant sur le vide, au matin du dernier jour », au point de la choisir, pour son dernier sommeil, face à l'Aigoual, jusqu'à la fin des temps. » Max Chaleil, éditeur.
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Je veux raconter une histoire, aussi simplement, aussi clairement que possible, une histoire comme on n'en raconte plus guère aujourd'hui, et pas n'importe quelle histoire, mais celle de Jean-Louis Solier, dit "Sans Peur". Ce "Sans Peur" a été, pendant la Révolution et le Directoire, jusqu'aux premiers jours du Consulat, une sorte de Chouan au pays des Camisards, situation étrange, comme l'aurait été celle d'un Bleu luttant presque seul, avec quelques dizaines de compagnons, contre toute la Vendée. Je voudrais raconter ses aventures comme si je les connaissais pour avoir couru à ses trousses avec une compagnie de la 113e demi-brigade, un peloton de hussards, ou une section des grenadiers de Marseille. L'histoire souffle des quatre points cardinaux, comme souffle le vent. Mais elle va où elle veut. A-t-elle un sens ? C'est un grand débat, et je ne voudrais pas me hasarder à répondre à cette question. Ce dont je suis sûr, c'est qu'à certains moments, elle coule de façon irrésistible, et que nul ne peut alors s'opposer à son cours. C'est ce qui s'est passé pendant la Révolution française. C'est ce qui peut se passer demain... et malheur à celui qui n'est pas en accord avec son temps.
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Ces trois récits sont trois pierres noires au bord de la route que j'ai suivie. Composés à quelques années d'intervalle, ils peuvent apparaître aussi, au milieu des autres livres que j'ai écrits, comme la triple émergence d'un même courant souterrain. C'est pour cela que j'ai cru pouvoir les grouper, en forme de « suite », de la même façon que je l'avais déjà fait, dans la Suite cévenole, avec les romans consacrés au pays de mon enfance. C'est ce que je pourrais faire aussi légitimement en composant, avec d'autres de mes livres, une Suite guerrière, une Suite voyageuse, comme je propose aujourd'hui cette Suite pathétique. Pathétique ? C'est bien le mot qui m'a semblé définir le mieux la tonalité de cet ouvrage. Est pathétique « ce qui est relatif à la passion, ce qui émeut vivement, excite une émotion intense, souvent pénible (douleur, pitié, horreur, terreur, tristesse), ce qui est émouvant et touchant ». C'est cette tonalité qui unit entre eux les trois romans que l'on trouvera dans ce volume. Chaque fois, sans le vouloir, sans même m'en rendre compte sur le moment, j'ai retrouvé le même thème fondamental, le même pathétique du pathétique, celui d'une vie qui se désagrège, prise aux pièges de ses fatalités intérieures, livrée sans recours aux démons de sa propre nuit.
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En 1939, devant les menaces de guerre, les musées de France fermaient leurs portes. Comme la Belle au Bois dormant, le monde des images, en sommeil, cessait d'appartenir à la vie vivante. Placées dans des caisses ou recouvertes de bâches, les oeuvres d'art étaient dispersées dans des châteaux perdus, loin des villes. Bien vite, ces châteaux se trouvèrent sur la route de la guerre. La plupart d'entre eux furent abandonnés pour de nouveaux refuges, souvent abandonnés à leur tour. Et l'histoire de ce sauvetage est le récit d'une interminable randonnée à travers la France, de château en château, énorme partie de cache-cache dont l'enjeu était immense. J'ai eu la chance de faire partie de l'équipe qui accompagna les chefs-d'oeuvre en exil tout au long de la guerre et j'ai voulu écrire la chronique de cette aventure avant que mes souvenirs soient tout à fait effacés. On verra comment notre trésor put être ramené intact à Paris. A l'ombre des chefs-d'oeuvre, sur le plan quotidien et familial, nous menions une vie de château farfelue, plus sordide que magnifique, romantique à souhait, faite d'angoisses, de soucis démesurés, de petites privations et de petits bonheurs, vie exaltante aussi à cause de notre bienheureuse responsabilité. Cette histoire finit bien. Elle s'acheva pour nous en 1946 avec l'exposition de la Peinture française, au musée du Petit-Palais dont mon mari, André Chamson, était devenu le Conservateur.
De retour des guerres de l'Empire, un demi-solde voyage seul à travers les Cévennes. Le meurtre, l'amitié, l'amour sont sur sa route. Dans l'Auberge de l'abîme, dont jamais personne n'est ressorti vivant, lui seront révélées quelques-unes des sensations qui font le bonheur.
Toute la vie littéraire de l'entre-deux-guerres est retracée ici. Chamson nous parle du "vorticisme", des samedis de Daniel Halévy, des décades de Pontigny, de la librairie d'Adrienne Monnier. On voit paraître tous les grands écrivains dont il fut l'ami. De la littérature, on passe au grand journalisme avec la fondation de l'hebdomadaire Vendredi. Et puis c'est la guerre, pendant laquelle Chamson ne publie rien, mais sa vie est plus remplie que jamais. Les grands moments de son action sont la fondation de la brigade Alsace-Lorraine avec Malraux et l'entrée en Allemagne avec de Lattre. Le retour à la vie civile transforme Chamson en personnage officiel, non seulement haut commis de l'Etat, mais membre de l'Académie française et président du PEN Club. Le livre s'achève sur quelques pages testamentaires dont le ton nous va droit au coeur.
IL y a trente ans, les " Cahiers Verts " publiaient " Roux le Bandit ", le premier roman d'André Chamson, et, deux ans après, " Les Hommes de la route ". C'est pour marquer cet anniversaire qu'Adeline Venician parait aujourd'hui dans la même collection. Dernier venu d'une oeuvre abondante et drue, traduite depuis longtemps dans presque toutes les langues du monde, ce récit poétique marque un renouvellement de l'oeuvre d'André Chamson, dans laquelle les personnages masculins - Roux le bandit, Combes et Audibert des " Hommes de la route ", Conseiller du " Crime des justes " Tabusse, ou le petit garçon du " Chiffre de nos jours " - ont toujours été les personnages de premier plan. Pour la première fois, dans cette oeuvre, tous les personnages principaux sont des femmes : une jeune fille, sa mère et sa servante. Les hommes ne sont ici que des personnages secondaires : M. Vénician, Payan, le mari de Maria, Adrien, son fils, et Pierre Dejean. Adeline Vénician est au centre de cette aventure, de cette histoire racontée à demi-voix, comme un poème dont le développement ressemble à celui d'une tragédie antique. Dans son jardin clos, comme les jardins d'Armide, au milieu des buis, des figuiers et des lauriers roses, une adolescente solitaire traverse la vie en se laissant dévorer par d'imaginaires amours. N'est-ce pas être folle que d'en venir à rêver à des noces sans époux ? Mais n'est-ce pas partager le sort de toutes les femmes que de garder cet amour, quand la mort de l'être aimé, tué à la guerre, a transformé en destin ces rêves de jeune fille ? - Elle a passé comme un ange sur cette terre ! diront ses amies. - Elle a plus vécu que n'importe quelle fille de son âge... Elle a plus vécu que ces filles qui ont des amants sans pouvoir les aimer d'amour, répondra Maria, servante fidèle, qui a connu tous les secrets d'Adeline.