André Grall
André Grall
Dominé par le manoir de Kernoter, symbole des maîtres de la vallée depuis presque deux siècles, baigné par les eaux d'une rivière qu'on croirait immobile, Locastel est un bourg silencieux du Finistère. Dans le calme et la lenteur, on y naît, on y vit, on y meurt D'habitude. Stéphanie, elle, est partie il y a dix-sept ans. Fille de l'ancienne servante du manoir, elle a fui les humiliations dues aux bâtards, un amour trop encombrant, une vie toute tracée. En ce dimanche d'avril, c'est une femme riche et splendide qui revient à Locastel s'installer dans sa nouvelle demeure, le manoir de Kernoter... Parmi les charmes de la campagne, la violence, la haine et la jalousie l'attendent...
Le soir de ses deux ans, Éric est assassiné. Persuadé de la culpabilité de sa femme Annette, Paul Quentin, son père, entreprend de brouiller les pistes et de maquiller le crime. Quelques jours plus tard, enceinte de huit mois, Solange Massart, l'épouse d'un photographe de presse, disparaît. Entre les deux affaires, il n'existe apparemment aucun lien. Jusqu'au jour où Annette accuse Paul du meurtre de leur enfant. Jusqu'au jour où Paul apprend que Solange Massart et Annette se connaissaient pour s'être rencontrées au CECOS, le Centre d'insémination artificielle de Rennes. Mais si Paul et Annette sont innocents, qui donc a tué Éric ? Qui a enlevé Solange Massart, dont le bébé ne va plus tarder à naître ? Le faiseur d'anges, bien sûr. Et ce ne sont pas les bonnes raisons qui lui manquent... En entrecroisant deux courses contre la mort, André Grall réussit à nous livrer ici un vaudeville macabre et haletant, doublé d'une histoire d'amour comme on en voit peu.
Montmartre, années 1990. Captain Cap, poivrot génial et roi autoproclamé de la butte, régente le monde depuis son bar, mélangeant humour absurde et cocktails imbuvables.
Jusqu'à ces dernières années, la révolte de l'adolescent contre « la société » fut naïve et tendre. Naïve, puisque « la société » c'est les autres et les institutions, miracles de complexité. Tendre, puisqu'elle participait d'un élan humaniste et qu'elle réclamait liberté et chaleur humaine. Aujourd'hui, on parle de « bof-génération » et les nouveaux adolescents inquiètent un peu par leur manque d'imagination. Or, c'est, à mon avis, la période déterminante dans la vie d'un individu : c'est l'époque des aiguillages. En 68, j'avais douze ans. Les six années qui ont suivi, m'ont permis de rencontrer des gens dont certains se retrouveront dans ce roman. Quelques-uns sont devenus adultes, les autres non. Ces derniers sont les plus malheureux. Ils continuent de ressasser leurs utopies, dans un monde qui les repousse toujours plus loin. Leurs adolescences n'ont pas fait de système, de théorie, d'école. Elles n'ont pas pignon sur rue. Naïves, mais étrangement lucides, elles avaient peut-être frappé dans le mille. Que ce roman puisse donner l'essentiel de ces années totales : l'ambiance.