Ari Gounongbé
Ari Gounongbé
Une question simple est traitée dans ce texte : comment des aspects culturels constitutifs de l'identité s'expriment-ils dans notre vie quotidienne et en clinique psychologique ? Ubuntu est un concept phare parce qu'il est le plus connu de tous les concepts identitaires culturels du continent africain. L'expression "individu collectif" que condense ce concept a été utile à cette réflexion comme modèle représentatif d'un mode de vie en Afrique et comme prétexte, pour montrer comment une philosophie implicite imprégnée dans une culture conditionne la manière d'être au monde et agit en interventions psychologiques. Le mode de vie qu'il inspire se retrouve évidemment dans toutes les régions d'Afrique et du monde ; ce qui en est dit ici est généralisable parce que l'individu collectif inscrit en chacun de nous est cette part attendue d'ouverture et de disponibilité à l'autre, aux autres, acquise par l'éducation, s'exprimant selon les lieux géographiques, les cultures et les circonstances.
Elle a été la première à avoir présenté une thèse de doctorat sur la littérature négro-africaine. Avant elle, Senghor avait publié son anthologie, préfacée par Sartre, sous le titre Orphée noir. Quand on demande au professeur Kesteloot pourquoi elle s'est intéressée aux écrivains africains et à la littérature orale de ce continent, elle n'a pas d'autre réponse que le silence de l'évidence. Dans cet ouvrage elle confie au professeur Ari Gounongbé son intime perception de Léopold Sédar Senghor, d'Aimé Césaire, Frantz Fanon, Cheikh Anta Diop et Amadou Hamapté Ba.
Lylian Kesteloot avait découvert les splendeurs du Congo en voguant enfant sur le steamer de son père, ce bateau à grandes roues et fond plat, pareil à ceux du Mississippi. Elle était sur le pont en haut, les Noirs en bas avec les marchandises. « Je ne savais pas que cette séparation portait un nom : la ségrégation... » Cette Belge aux origines ostendaises deviendra alors une spécialiste de la négritude et de sa littérature dans les années cinquante, époque où celle-ci n'intéressait personne.
Le 26 septembre 2002, le navire Le Joola coulait au large des côtes Gambiennes. Assurant la liaison entre Dakar et Ziguinchor, le navire gît encore dans les fonds marins avec 1863 voyageurs. L'auteur raconte son travail quotidien de psychologue et d'assistance auprès des rescapés, des familles de victimes et des secouristes, dans ce drame étouffé devenu silencieux.