Armand Hatchuel
Armand Hatchuel
Les sciences de gestion sont les plus jeunes des sciences humaines. Elles souffrent encore d'un déficit d'image car elles ont eu tendance à se définir par leur champ professionnel ou en empruntant leurs concepts (et leurs crises) à l'économie, à la sociologie ou à la psychologie. Cet ouvrage adopte la perspective inverse : il propose de nouvelles fondations pour les sciences du management. Les spécificités et l'universalité du projet des sciences de gestion sont dégagées au-delà des formes historiques de ces disciplines. Les avancées les plus récentes éclairent désormais un parcours scientifique original et permettent une relecture des sources traditionnelles. Théorie de l'action collective, institutions du management, épistémologie des pratiques et des systèmes de légitimité, validité des concepts, relation à l'action et à la décision, place de l'intervention dans la démarche de recherche : les problèmes fondamentaux sont passés en revue, des solutions sont apportées. Au terme de ce travail, les sciences de gestion disposent d'un coeur théorique spécifique qui leur permet d'occuper une place inédite parmi les sciences sociales. Ce livre intéressera directement les doctorants en sciences de gestion et les enseignants-chercheurs. Mais mieux que les livres de management qui promettent le succès, cet ouvrage plongera les managers et les consultants dans ce qui a toujours été l'essence même de leur métier : construire et renouveler collectivement des systèmes d'action efficaces.
Le discours sur les nouvelles technologies a, depuis vingt ans, acquis tous les traits d'une litanie. Le messianisme initial a cédé la place à un pragmatisme qui cache mal un réel embarras. Doit-on imputer à l'informatisation une diminution du nombre des emplois ou, au contraire, doit-on miser sur elle pour relancer la croissance ? Est-elle responsable de la crise des organisations ou peut-on en attendre une nouvelle rationalisation ? Quel rapport enfin entre nouvelles technologies et travail ? Sont-elles déqualifiantes, disqualifiantes ou permettent-elles, au contraire, de rompre avec la logique taylorienne et d'enrichir les tâches ? La culture scientifique, quoi qu'on en dise, n'existe pas : elle ne saurait être assimilée à une simple information sur les résultats de la recherche. C'est aux chercheurs eux-mêmes à la mettre en forme, de telle sorte qu'elle puisse s'intégrer à la culture générale. Cette collection donne une voix à cette élaboration aujourd'hui nécessaire. Les meilleurs spécialistes internationaux y mènent une réflexion commune sur les incidences intellectuelles et sociales des bouleversements techniques provoqués par le développement actuel de la science. Chaque volume, conçu comme un ouvrage de référence, regroupe les points de vue actuellement les plus significatifs sur une question donnée.
Une fusion entre le récit d'enfance, l'auto-fiction et la famille Addams. Un coming of age par le deuil, la maladie mentale et la magie. Une lettre d'amour à l'importance des liens familiaux, aussi désaxée cette famille soit-elle.
Longtemps « le marché » a été le lieu public et visible des activités marchandes. Mais avec le développement du commerce, il devint invisible et abstrait. Se forme alors une grande confusion moderne : où le marché est pensé à la fois comme un équilibre naturel et comme un idéal utopique des échanges. Ce livre, issu d'un colloque de Cerisy, invite à rejeter les équivoques et les mythologies du « marché » car elles masquent la réalité et les mutations des activités marchandes. Explorations toujours incertaines du désir et du social, ces activités n'ont pas de « loi naturelle » et ne peuvent s'autoréguler. Elles ne survivent que par l'exercice de compétences et de techniques et grâce à l'intervention de prescripteurs et de pouvoirs adaptés. L'extension surprenante du commerce tient donc avant tout au travail d'étayage que les sociétés modernes ont apporté aux activités marchandes. Et, ce travail est aujourd'hui d'autant plus nécessaire que les révolutions techniques de l'information et du commerce sur la Toile, celles des services et du développement durable, bouleversent les logiques classiques de la valeur, de la transparence et de la confiance. La crise économique récente a apporté une démonstration indéniable à ces propositions. Et cet ouvrage montre comment, hors des équivoques de la notion de marché, les chercheurs de plusieurs disciplines (Économie, Gestion, Histoire, Sociologie...) étudient désormais les instruments et les dispositifs réels des activités marchandes, seule garantie scientifique pour soutenir leur développement ou déjouer leurs crises.