Bergot Erwan
Bergot Erwan
Une trilogie qui place E. Bergot au premier rang des romanciers témoins de notre époque : 1940-1945, l'Indochine, l'Algérie. Des hommes hors du commun. « Copyright Electre »
Le petit avion passa, au ras de la cime des grands arbres, au coeur de l'orage. Il y eut ensuite le fracas d'une explosion. Et plus rien. Perdu, au coeur de la forêt amazonienne, avec les rescapés de sa section, quinze soldats à bout de force et de fatigue, le lieutenant Storm hésita. Devait-il abandonner sa mission initiale pour se porter au secours des naufragés ? Et s'il se décidait, avait-il le droit d'exposer davantage la vie de ses hommes ? Mais comment assumer l'héritage de ses grands anciens, si l'on n'ose pas ? Oser, c'est vaincre. Le lieutenant Storm et ses hommes vaincront. Ils triompheront des mille pièges de la jungle guyanaise, d'adversaires invisibles déterminés à les empêcher d'atteindre leur but. L'héritage est une aventure d'aujourd'hui. Pour la raconter, Erwan Bergot est allé lui-même vivre et marcher avec une section de volontaires. Il les a découverts, rudes et chaleureux, solidaires et fraternels. La question qui se posait à eux était : Sommes-nous dignes de nos ainés ? Ils le sont. L'héritage est un grand roman d'amitié et de fierté. L'aventure existe encore aujourd'hui, elle est dans la tête et dans le coeur de ceux qui y croient.
Dans trente ans, dans quarante ans, si vous survivez, vous resterez marqués par ce séjour en enfer. Jo Allenic, l'un des héros de ce roman, avait parlé. Il se tut. Définitivement. Le lendemain, il était mort. Convoi 42 est l'histoire d'un groupe de soldats de Diên Biên Phu, capturés le 7 mai 1954, rassemblés en brousse, avant d'entreprendre la longue marche qui les mènera, 700 kilomètres au nord, dans le camp de rééducation par le travail et le repentir. Il y a Jo Allenic, le saint ; Mallier, fragile et dévoué ; Phongue, l'Eurasien fidèle ; Margoz, le légionnaire vaguement anarchiste ; Azam, le gendarme solide ; Norris, l'irréductible. Et les autres, uniquement préoccupés de survivre, lâches ou courageux, la plupart terrorisés à l'idée de la mort. Mais la mort est à la fête. Sur les 400 prisonniers que comporte à son départ le Convoi 42, 83 vont disparaître au cours de la longue marche. 250 reposent, à jamais, dans les fondrières de l'effroyable camp 42. Moins de 70 recouvreront la liberté. Quelques témoignages ont été déjà publiés sur les Camps de l'enfer vert. Peu d'entre eux ont rendu compte de l'essentiel : la lente dégradation des corps mais, surtout, cette transformation morale où la haine des autres, le mépris de soi-même, sont autant d'étapes vers le désespoir absolu. Un point de non-retour dont on ne guérit jamais tout à fait. Jusqu'où peut-on accepter la déchéance pour survivre ? demandait Jo. Lui seul connaît la réponse. On n'invente pas l'horreur ; dans Convoi 42, tout est vrai. Sauf les noms ; les survivants les reconnaîtront. C'est à eux qu'Erwan Bergot a voulu dédier ce récit.
Octobre 1952. Deux divisions vietminh - douze mille hommes - déferlent sur le Pays Thaï. Face à elles, le 6e Bataillon de Parachutistes Coloniaux, largués en enfants perdus sur Tu Lê, petit village de brousse. Pour Saïgon, pour l'état-major, ces quatre cents paras sont rayés du nombre des vivants. Sept jours plus tard, après une odyssée dramatique, les Bérets rouges surgissent de la jungle, épuisés, en loques, portant leurs blessés. D'un seul coup, le 6e B.P.C. entre dans la légende et son chef, le commandant Bigeard, n'en sortira plus. Six années durant, d'Indochine en Algérie, son nom se confondra avec l'épopée des parachutistes. Mais qui étaient ces hommes, compagnons d'un chef aussi prestigieux ? Pourquoi se battaient-ils, au long de cette "piste sans fin" où tombaient tant des leurs ? Que cherchaient-ils ? Et surtout quelle foi, quelle force faisaient d'eux les meilleurs ? Après une rigoureuse enquête, Erwan Bergot, qui fut l'un des leurs, a retrouvé les anciens du "Bataillon Bigeard". Ils se sont racontés simplement, sans phrases. De ces récits, l'auteur a su faire jaillir une émotion, une vérité dont Bigeard lui-même a dit : "A gorge serrée, je viens de lire d'une traite en cinq heures ce livre et revivre avec mes frères parachutistes, cités ou non, vivants ou disparus à jamais, ces longues années de combat dans le froid, la neige, la chaleur, la jungle, le désert..."