Bernard Manin
Bernard Manin
La vie n'est qu'un instant fugace, que chacun traverse à sa manière, entre routines rassurantes, sentiments d'insatisfaction et questionnements personnels. Avec ce premier recueil de nouvelles, l'auteur explore les moments où les personnages, se heurtant à cette réalité, cessent de se fuir pour chercher un sens à leur existence. Mêlant quotidien et rêveries, ces héros confrontent dans la solitude, désirs et regrets, offrant une réflexion poétique sur la condition humaine.
Ce dossier politique prend acte de la rupture introduite par l'élection d'Emmanuel Macron et formule certains paris sur l'avenir de la représentation politique, l'école et l'Etat de droit. La France, selon Anne-Lorraine Bujon et Antoine Garapon, peut devenir un laboratoire démocratique par le réveil de son esprit civique dans ce moment de transition. Lire aussi les pérégrinations de Montaigne en Irak et l'exception espagnole à l'âge de la régression.
Les différences politiques seraient-elles en voie d'extinction dans les pays occidentaux ? Les partis, dit-on, deviennent de plus en plus semblables les uns aux autres et les modes de gouvernement des démocraties libérales convergent vers un modèle unique. L'histoire de la social-démocratie semble se conformer à cette loi générale : on a depuis longtemps l'impression qu'elle perd progressivement les caractères qui avaient fait son originalité. Les auteurs montrent ici en quoi cette impression est fausse : malgré ses transformations, la social-démocratie est demeurée une réalité politique originale jusque dans la période la plus contemporaine, en particulier pendant la crise économique des années 1970. De la rencontre entre le mouvement ouvrier et la démocratie, ont émergé un mode d'organisation et une culture politique qui rendent possible, aujourd'hui encore, une forme de gouvernement particulière. La social-démocratie appartient à notre environnement familier, mais nous commençons peut-être tout juste à mesurer la profondeur de l'invention historique qu'elle constitue.
Jamais la question de la social-démocratie n'a été plus présente dans le débat politique français. Mais, à gauche comme à droite, on la juge plus qu'on ne la connaît. Si l'on sent bien qu'il y a quelque chose de commun entre l'Allemagne du chancelier Schmidt, l'Angleterre de James Callaghan et la Suède d'Olof Palme, cela ne dépasse pas l'intuition. Cette forme politique, malgré son importance dans l'Europe d'aujourd'hui, n'a jusqu'ici jamais été étudiée dans sa logique d'ensemble. L'objet de ce livre est de rendre la social-démocratie pensable, sans se limiter aux catégories abstraites de réforme ou de révolution. Le résultat éclaire de surcroît la situation française. Pour briser avec le rituel de l'invocation ou de l'exorcisme, il est temps de jeter un regard froid sur la social-démocratie.
Des démocrates athéniens à Montesquieu, d'Aristote à Rousseau, personne ne songeait à faire de l'élection l'instrument démocratique par excellence ; démocratie n'équivalait pas à gouvernement représentatif, c'est le tirage au sort qui paraissait le mieux apte à respecter l'égalité stricte des candidats.Que s'est-il passé au tournant du XVIIIe siècle, en Europe et aux Etats-Unis, pour que se renverse cette conception multiséculaire et pour qu'advienne l'idée qu'une démocratie est, par essence, un gouvernement représentatif ? Le changement tient-il à la réalité des choses ou au regard que nous portons sur elles ?Ce livre présente une théorie du gouvernement représentatif, en s'attachant aussi bien à la tradition européenne qu'aux débats américains. Bernard Manin montre que le système représentatif n'a pas pour seule fonction de permettre au peuple de se gouverner lui-même. Le gouvernement représentatif mêle en fait des traits démocratiques et aristocratiques. L'élu n'est jamais le double ni le porte-parole de l'électeur, mais il gouverne en anticipant le jour où le public rendra son jugement.