Capdepuy Vincent
Capdepuy Vincent
Face aux périls du temps des dictatures, Zweig fait d'Érasme son modèle. L'amour des lettres et de l'art, le commerce civil des esprits, le dialogue persévérant dessinent l'espace d'une tolérance où inscrire idéalement le présent. Le moderne qu'est Zweig met à contribution la psychologie de même que l'anatomie et la généalogie des systèmes. Identifiant dans la théocratie instaurée par Calvin à Genève la matrice des totalitarismes - la Terreur, le communisme soviétique, la dictature raciste -, il défend avec véhémence les valeurs morales. La plume sera sa seule arme. Refusant, ce qu'on lui reprocha vivement, l'engagement militant, il fuit l'Allemagne puis l'Europe avant de se donner la mort au Brésil. Pour lui cependant, le cours des choses n'est pas déterminé une fois pour toutes. Il est fait de retournements inattendus.
En traçant les contours de ce bord du monde entre Syrie, Irak et Jordanie, au carrefour des routes de Damas, Alep et Palmyre, le géohistorien Vincent Capdepuy en arpente le récit plurimillénaire à rebours, des temps présents jusqu'aux confins préhistoriques. Et s'interroge sur la place dans l'histoire globale de ce désert traversé de civilisations, de frontières et de conflits, peuplé de capitales éphémères et de châteaux du désert et hanté par la grande révolte arabe et la figure de Lawrence d'Arabie.