Catherine Herrgott
Catherine Herrgott
L'auteure de cet ouvrage propose une approche anthropologique du Cantu in paghjella, chant polyphonique profane et liturgique de Corse, de tradition orale, reconnu par l'UNESCO en 2009, comme Patrimoine Culturel Immatériel et inscrit sur la Liste de Sauvegarde d'urgence. Préserver et transmettre la technique et l'esthétique de cet art vocal, héritage culturel tout autant que marqueur identitaire, est au coeur des préoccupations des pratiquants. Le Cantu in paghjella est également analysé ici en termes d'enjeux des différents acteurs impliqués dans ce processus de patrimonialisation et appréhendé dans les actions menées, en termes de perspectives.
Ce manuel s'inscrit dans le champ de la didactique des langues et cultures nationales. Quels sont les grands thèmes et les sous-disciplines de la culture nationale ? Quels sont les objectifs d'apprentissage ? Quels sont les éléments de la littérature orale et comment évaluer cette discipline selon la taxonomie de Bloom ? Des exemples pratiques et concrets de fiches de préparation des leçons selon l'APC (approche par compétences) seront autant d'atouts pour aider l'enseignant et enraciner davantage l'apprenant dans sa culture avec une ouverture sur le monde.
Écrit au Xe siècle par le géographe persan Ibn al-Faqh al-Haman, l'Abrégé du Livre des Pays constitue un témoignage vivant de la vision du monde que pouvaient avoir les habitants du Dâr al-Islâm à cette époque. « Au dire de Abd Allh b. Amr b. al-s b. W'il a-Sahm, la figure du monde d'ici-bas se divise en cinq : c'est comme la tête de l'oiseau, les deux ailes, la poitrine, la queue. La tête du monde c'est la Chine ; au delà de la Chine est un peuple appelé Wq-wq, et, au delà du Wq-wq, des peuples dont Allah seul sait le nombre ; l'aile droite, c'est l'Inde et, au delà de l'Inde, la mer après laquelle il n'y a personne ; l'aile gauche, c'est al-azar et, derrière al-azar, deux peuples dits, l'un Manak, l'autre Mak, derrière lesquels Gog et Magog (Y et M) qui font partie des peuples connus de Dieu seul ; la poitrine du monde, c'est La Mecque, le Hedjaz, la Syrie, l'Irak et l'Égypte ; la queue va de t al-umm au Marib, et la plus mauvaise partie de l'oiseau, c'est la queue. » En se fondant principalement sur le Coran et sur les traditions historiques, les vers, les citations et les dits qu'il a pu entendre, Ibn al-Faqh nous donne une description de toutes les merveilles des territoires connus par l'homme : la Péninsule arabique, l'Égypte et le Nil, le Marib, la Syrie, la azra, le Pays des Rm, l'Irak et les Pays orientaux. Vieux de plus de mille ans, ce livre parsemé de récits et de curiosités en tous genres offre, entre histoire, mythe et légende, le plus beau des voyages, fusse-t-il immobile, à son lecteur.
Belleville, Paris, au sein d'un quartier HLM, dans la nuit du 3 au 4 avril 2017. Kobili Traoré, un Franco-Maliende 27 ans, pénètre par effraction dans le domicile de Sarah Halimi, une retraitée de confession juive. Il la roue de coups aux cris d'« Allah Akbar » avant de jeter son corps par la fenêtre. Finalement interpellé par la police, l'homme est interné dans un service de psychiatrie. L'affaire va créer une polémique retentissante. S'agit-il ou non d'un acte antisémite ? Quel effet politique la campagne présidentielle alors en cours a-t-elle eu ? L'appareil judiciaire a-t-il mésestimé les faits ? Les médias ont-ils tardé à réagir ? Noémie Halioua a voulu savoir. Ce livre est le fruit de son enquête. Elle a interrogé tous les témoins, tous les acteurs, avocats, voisins, journalistes. Puisant aux meilleures sources, elle montre les parts d'ombre du dossier. Elle en traite surtout les dimensions les plus brûlantes : la banalisation de la judéophobie, le mal-être des juifs de France, leurs difficultés face à la montée de l'islam radical dans les quartiers défavorisés, mais aussi avec les autorités de la République. Un document indispensable pour que le silence ne recouvre pas la mort de Sarah Halimi.Noémie Halioua a 27 ans. Elle dirige les pages Culture de l'hebdomadaire Actualité Juive. Avec L'affaire Sarah Halimi, elle signe son premier livre.
La France ou le grand laboratoire des régimes politiques... Lui faut-il un monarque ou un président ? Une assemblée ou deux ? Un suffrage censitaire ou universel ? Un vote unique ou à plusieurs tours ? Des parlementaires insurgés ou godillots ? Un élu providentiel ou des partis dominateurs ? Des consultations référendaires ou des juges suprêmes ? De charte en loi fondamentale et en constitution, des États généraux de 1789 aux Cahiers de doléances de 2019, la France n'en finit pas de définir et redéfinir la règle commune. Comment sacrer la volonté populaire ? Comment organiser la représentation nationale ? Comment permettre au pouvoir exécutif de tenir et de se maintenir ? Et comment comparer cette genèse française perpétuellement recommencée aux modèles qui ont prévalu à l'étranger ? Charles Zorgbibe décrypte avec savoir et passion la chronique mouvementée d'un pays qui, depuis la décapitation de Louis XVI, a connu pas moins de onze constitutions écrites. Passant du temps des révolutions au temps des restaurations, du cycle des superpositions au cycle des synthèses, c'est cette quête éperdue qu'il retrace. Sur deux siècles et demi, la France aura blâmé les rois, acclamé les empereurs, proclamé les républiques sans toujours éviter les dictatures et pour voir, lors de chaque grand rendez-vous électoral, revenir le fantôme de la démocratie directe. Peuple politique par excellence, les Français ne cessent d'inventer leur être pour continuer de réinventer leur devenir. Cette somme capitale, brossée à la manière d'une fresque historique, leur tend le plus parfait des miroirs.