Chanelle Benz
Chanelle Benz
"Le passé n'est jamais mort. Il n'est même pas passé." (William Faulkner) Voici trente ans que Billie James n'a pas remis les pieds dans le Mississippi. Un sacré tempérament, quelques dollars en poche et son chien Rufus au bout de sa laisse, elle débarque à Greendale et s'installe dans une bicoque décrépite où vécut autrefois son père. Ce dernier, poète noir de renom, est mort de manière accidentelle alors que Billie n'avait que quatre ans. La petite fille était présente au moment du drame, mais n'en a conservé aucun souvenir. Alors que les voisins font preuve d'un comportement étrange, que des rumeurs circulent, laissant soupçonner une tout autre vérité quant à la mort du père de Billie, celle-ci mène son enquête, aidée par son oncle et un drôle d'olibrius universitaire. Ensemble, ils vont exhumer de lourds secrets, dévoilant peu à peu l'histoire de ses origines mais aussi, en toile de fond, celle d'un pays marqué par les blessures toujours à vif de la ségrégation. Campé dans le décor à la fois somptueux et inquiétant du Sud profond, le premier roman de Chanelle Benz fourbit les armes du polar pour nous raconter ce qu'a été - et ce qu'est encore - l'Amérique tourmentée par les spectres les plus sombres de son Histoire. Traduit de l'anglais par David Fauquemberg Chanelle Benz, britannique et antiguaise d'origine, vit et enseigne aujourd'hui à Memphis, dans le Tennessee. Elle est diplômée de l'université de Syracuse, où elle a eu pour mentor l'écrivain George Saunders, qui a salué en elle " une nouvelle voix sidérante de la fiction américaine ", et a également étudié l'art dramatique à l'université de Boston. Après un virtuose premier recueil de nouvelles, Dans la grande violence de la joie (Seuil, 2018), elle signe avec Rien dans la nuit que des fantômes son premier roman.
Fondée à la fin du xixe siècle, l'Université de Chicago a inauguré la première entreprise systématique d'étude des sociétés contemporaines. Dans celle ville qui préfigurait le monde actuel en matière de grande industrie, de protestation sociale, de problèmes urbains, se sont succédé des générations de chercheurs qui occupent une place centrale dans la sociologie américaine : William Thomas, Robert Park, Ernest Burgess, Louis Wirth, Everett Hughes, Herbert Blumer, Howard S. Becker, Erving Goffman et tant d'autres. Jean-Michel Chapoulie retrace la genèse de la tradition sociologique de Chicago et répertorie l'ampleur de son héritage en sciences sociales. Le livre s'attache aux différents contextes qui entourent les œuvres, aux modes d'enquête et aux manières d'écrire. Puis, retenant des domaines toujours au cœur des préoccupations d'aujourd'hui (le travail, la délinquance, les relations interethniques), il fait apparaître l'orientation commune à ces travaux, ainsi que ses limites. Adoptant une perspective originale sur l'histoire des sciences sociales au xxe siècle, cet ouvrage constitue aussi une réflexion sur le " savoir " dans ces disciplines, à l'écart des deux conceptions longtemps dominantes, le néopositivisme inspiré des sciences de la nature et l'hyper-relativisme. Sociologue et historien des sciences sociales, Jean-Michel Chapoulie a notamment contribué à l'histoire de la scolarisation en France (L'école d'État conquiert la France, PUR, 2010) et à l'épistémologie des sciences sociales (Enquête sur la connaissance du monde social, PUR, 2017).
Les tribulations d'un frère et d'une sœur braqueurs de banque promis à la potence dans l'ouest américain. Une bande d'enfants tentant d'aider leur voisine à retrouver son amour de jeunesse, quitte à pervertir les règles du conte de fées. Une fille de diplomate plongée dans les eaux troubles et dangereuses des services secrets. Une esclave poète traversant le Sud ségrégationniste et récitant ses sonnets devant la bonne société. Un archéologue découvrant son propre passé dans les décombres d'une secte millénariste. Violence, trahison, vengeance et filiation - tels sont les fils rouges de ce recueil qui revisite avec panache le panorama des lettres d'Amérique. En dix nouvelles étourdissantes de variété, Dans la grande violence de la joie tord le cou à la langue et se joue de toutes les frontières pour créer un univers chatoyant, peuplé d'héroïnes puissantes et tarantinesques en diable. Iconoclaste, poétique, polymorphe, l'écriture de Chanelle Benz est un enchantement sans cesse renouvelé, qui met en scène les pouvoirs de l'imagination et démontre avec éclat que la fiction peut demeurer une grande aventure. "Une nouvelle voix sidérante." - George Saunders Traduit de l'anglais par Bernard Hoepffner