Chester Himes
Chester Himes
Harlem brûle. Dans la chaleur étouffante des rues, une organisation secrète fait circuler des armes et précipite la ville dans un bain de sang. Une spirale de violence qui semble déborder sur le roman lui-même : Plan B, dernier ouvrage de Chester Himes, demeure inachevé. L'auteur, confronté à une impasse narrative et morale, aurait-il suspendu son geste ? Dans ce récit crépusculaire, ses détectives légendaires, Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, ne sont plus que des ombres. Harlem, lui, devient le coeur battant du drame : un quartier miséreux et blessé, "cancer de l'Amérique", où se mêlent rage, humour fulgurant et instinct de survie. Écrit pendant l'essor du Black Power et au plus fort des luttes pour les droits civiques, Plan B résonne cruellement aujourd'hui. Himes y sonde la transmission de la violence, l'héritage de la ségrégation et la légitimité de la colère. Fable dystopique, pamphlet politique, roman dévasté : une oeuvre fulgurante qui prend sa part des combats pour la liberté, la justice et la dignité des vies noires.
Plongez dans Plan B, le dernier roman inachevé de Chester Himes, où Harlem s’embrase sous la violence raciale et la révolte. Une fable dystopique et politique, aussi fulgurante que dérangeante, qui interroge la colère et la justice.
Dans un parking de Harlem, le révérend O'Malley a réuni une centaine de familles pour leur prêcher le retour en Afrique contre un modeste pécule. Soudain, sorti de nulle part, un camion conduit par un Blanc fonce dans la foule et embarque le magot de 87 000 dollars. Ed Cercueil et Fossoyeur Jones vont bien sûr courir après l'argent volé, mais dans Harlem, tout peut arriver : des escrocs déguisés en pasteurs, des prostituées en bonnes soeurs et, bien sûr, assez de cadavres pour saturer les services de la voirie.
Plongez dans le Harlem des années 60 avec Retour en Afrique, un polar noir explosif où Ed Cercueil et Fossoyeur Jones traquent un magot volé de 87 000 dollars.
'Il y a combien de temps que j'ai joué ces accords? Combien de temps qu'elle est apparue dans le bar, elle, qu'elle s'est approchée du piano, pendant que j'improvisais dans la pénombre de la salle, bien après que les buveurs les plus endurcis étaient rentrés chez eux, leurs verres finis? Je ne sais pas, j'en perds le souvenir. Je me rappelle seulement que nous avons bavardé, échangé des banalités quelques minutes, pendant que mes doigts erraient sur le clavier, machinalement ; au fil des itinéraires habituels, des harmonies faciles et familières, auxquelles je me laisse prendre, ces temps-ci, comme à autant de mauvaises habitudes.' Quatre pièces courtes pour rire et rêver, quatre variations sur nos vies incertaines, où rien n'est jamais achevé - pas même le malentendu. Au clavier, Jonathan Coe avec sa petite musique qui nous piège pour mieux nous enchanter.
"Au même instant, le Blanc l'aperçut. Il montra les dents comme un chien qui va mordre et, dans sa main droite, le revolver se releva." Pour Jimmy, qui travaille de nuit dans un restaurant de Harlem, il est grand temps de sauver sa peau noire. L'homme est blanc et armé. Qu'il soit fou, ivre, névrosé ou bien qu'il se trompe de personne est le cadet de ses soucis. Surtout si le tueur a déjà laissé deux cadavres dans une chambre froide... À Harlem, tout arrive. Fatalité ? Que non ! Jimmy, sous les balles, sent venir une rage au-delà de la peur. Il entend une voix issue d'une mémoire ancienne lui dicter la révolte. Et cette voix, alors qu'il court, de la sueur plein les yeux, lui dit : 'Fonce-lui dessus ! Prends son flingue et défonce-lui le crâne !