Christian Grosse
Christian Grosse
Cet ouvrage renouvelle nos connaissances historiques sur les causes et les effets de la formation des Églises libres ou indépendantes de Genève (1817, 1831, 1849), Vaud (1847-1966) et Neuchâtel (1874-1943), en portant sur ce processus un regard interdisciplinaire. L'objectif est de fournir les bases d'une histoire à la fois religieuse, sociale et politique des protestantismes romands au XIXe siècle, en traitant conjointement les questions institutionnelles et les dimensions culturelles, philosophiques et théologiques. Se saisir de cette manière des fractures religieuses intervenues dans le protestantisme romand dans le prolongement du mouvement du Réveil, permet de comprendre, à partir d'un contexte encore mal étudié, ce que la modernité fait à la religion, avec l'introduction des libertés individuelles et de la démocratie par exemple, et, à l'inverse, ce que la religion fait à la modernité.
Longtemps perçue comme l'impulsion initiale de la modernité occidentale et à l'origine de profonds changements socioculturels, la Réforme protestante est ici arpentée par quelques-uns de ses meilleurs spécialistes francophones dans une perspective interdisciplinaire. Les questions suivantes en guident l'examen: quel rôle revient à Luther et aux 95 thèses qu'il affiche en 1517 dans le déclenchement de ce mouvement réformateur ? Autour de quels foyers théologiques cette « renaissance » religieuse s'est-elle cristallisée ? Quelles lectures de la Bible en ont accompagné le discours et la pratique ? À l'heure où les confessions s'affrontaient partout en Europe, comment protestants et catholiques ont-ils cohabité dans les « bailliages communs » du Pays de Vaud ? Et quelle histoire de la réception retracer de cette mémoire de la Réforme, au XIXe siècle notamment ? À la lumière de ces questions, cet ouvrage redessine un récit de la Réforme qui prend en compte aussi bien les continuités qui traversent cinq siècles d'histoire que la diversité des formes spirituelles et culturelles adoptées par le protestantisme.