Christian Harrel-Courtes
Christian Harrel-Courtes
Entre Milan, Moscou et la jet-set occidentale, La camarade privilégiée mêle intrigue amoureuse, espionnage et trahisons.
Extraordinaire, la réussite de Marius Igressi, fils de boulanger marseillais, qui parvient à réaliser son rêve : devenir armateur. Avec le lancement de son quatrième bateau, qui porte son nom, il atteint le but vers lequel tendaient tous ses efforts et ses sacrifices. L'ascension a été difficile, Igressi cherche maintenant des joies ailleurs que dans son travail. Il découvre l'amour, avec une très jeune femme, et le jeu, avec des partenaires peu recommandables. Enfermé dans un véritable piège financier, l'armateur ne trouve qu'une issue : monter une incroyable escroquerie à l'assurance. Qui le soupçonnerait ? Surtout pas l'assureur qui couvre ses bateaux, ami de longue date, témoin de l'honnêteté constante d'Igressi. Et pourtant...
Constantin Papadaqua, armateur grec aussi puissant qu’ambitieux, rêve de bouleverser l’échiquier mondial.
Dans cette satire endiablée, Christian Harrel-Courtès nous brosse le tableau de cette grande bourgeoisie dont le style de vie resta longtemps celui de 1900, bien après que la Belle Époque eût disparu. L'auteur ne nous fait grâce de rien, et avec un humour féroce, passe en revue les us et coutumes de cette « bonne société » qui se voulait l'élite : paternalisme envers les domestiques, observance stricte des pratiques religieuses, refus de toutes nouveautés, méfiance envers les Arts et les Lettres considérés comme « distractions pernicieuses », immobilisme en affaire, culte de l'argent. Les mariages, les enterrements, les ventes de charité, les grands dîners, les fêtes religieuses, les obligations mondaines : autant de scènes irrésistibles qui montrent les grands bourgeois infatués de leurs privilèges - jusqu'au réveil brutal des années 30, où les patrons découvrent avec effarement leurs effigies pendues aux grilles des usines : le XIXe siècle est bien fini, c'est l'ère des conventions collectives et des congés payés - autrement dit la fin d'un monde ! Si l'auteur a choisi Marseille comme cadre de ses souvenirs, c'est parce qu'il y est né, issu d'une de ces familles dirigeantes dont on a peine aujourd'hui à imaginer la suprématie. Avec une lucidité fascinée, il dépeint cet univers clos dans lequel il a grandi. Car qu'elles fussent natives du nord, du sud, ou de l'est de la France, de Bordeaux ou de Roubaix, de Grenoble ou de Limoges, de Lille ou de Paris, de Nancy ou de Rouen, ces familles « bien pensantes » vivaient toutes en autarcie, obsédées par le souci de « rester entre soi ». À travers ce pamphlet sans complaisance, nous retrouvons des modes de vie et de pensée qui semblent appartenir à l'époque de Monsieur Fallière, et qui furent cependant ceux de beaucoup de nos parents et de nos grands-parents.
Alain, élégant homme d'affaires parisien, éprouve une nouvelle fois le besoin de se retirer quelques jours à Venise. Cette ville joue pour lui un rôle capital, un rôle envoûtant. Mais ce voyage est bien différent... il modifiera définitivement toute la vie d'Alain. Sa vie sexuelle d'abord puisqu'il découvrira son homosexualité enfouie sous la masse des préjugés et de son éducation ; sa conception esthétique puisqu'il s'engage totalement dans ce qui n'était qu'un passe-temps : la peinture ; ses options spirituelles enfin, puisque culpabilisé, découvrant le péché, Alain s'interroge. L'amitié d'un moine jouera un rôle déterminant dans ce drame de conscience. Ce livre aurait pu amener l'auteur à une écriture intellectuelle et métaphysique. En revanche, il s'agit d'un beau roman de notre temps avec en toile de fond une Venise éternelle. Christian Harrel-Courtes restitue de superbe façon la ville, ses promenades, son brouillard, ses antiquaires, le Monastère de San Francesco in Deserto, mais aussi la luxure et la décadence magnifique qui font tout le charme de Venise. Tout dans ce roman est trouble... Mais tout est écrit simplement avec une grande beauté. Il s'en dégage une obsédante sensualité dont le lecteur sortira émerveillé.