Christian Lefèvre
Christian Lefèvre
Plus de la moitié des habitants de la planète vit désormais dans les villes. L'urbain est devenu le cadre dominant des pratiques et des relations sociales, mais aussi l'écosystème où s'épanouit le capitalisme globalisé. La ville s'est ainsi imposée comme une échelle clé pour comprendre et agir sur les enjeux économiques, sociaux et environnementaux de notre temps. Les acteurs urbains, qu'ils soient élus, bureaucrates, acteurs économiques, professionnels de la ville ou chercheurs, s'efforcent de donner sens aux transformations qui travaillent les villes et d'y répondre à coup d'innovations politiques, économiques et sociales. Espace d'innovation, l'urbain est aussi devenu objet de controverses tout à la fois scientifiques et politiques. Cet ouvrage dresse un bilan critique de ces débats en s'attardant sur cinq controverses : l'urbanisation généralisée, les rapports entre milieux urbains et capitalisme, les relations entre les villes et les États, la distribution du pouvoir dans la ville et la démocratie urbaine, la gouvernance des espaces métropolitains.
Ce deuxième ouvrage de la collection Engagement est un hybride d'un genre nouveau. Ce pourrait n'être que le récit politique engagé de l'un des porteurs de la vision métropolitaine du Grand Paris. Ce pourrait n'être qu'un roman de genre, polar noir politico-financier avec suspens et meurtre à la clé. C'est les deux à la fois. Tissant habilement réel et fiction, il nous invite, sur les traces de Pierre Mansat, adjoint communiste au maire de Paris, entre 2001 et 2014, à plonger au coeur de l'invention métropolitaine du projet du grand Paris, aux côtés de Bertrand Delanoë. En parallèle du récit sincère et enlevé de Pierre Mansat, une autre partition se joue, en intermèdes : celle d'un roman noir de pure fiction, signé Christian Lefèvre.
La métropole francilienne peine à s'inscrire dans la globalisation, malgré sa puissance économique et culturelle qui en fait l'une des toutes premières métropoles mondiales, sans doute parce que son histoire et sa culture politique ont enfermé l'Île-de-France dans un cadre national en grande partie autoréférencé.En comparant Paris avec ses deux grandes rivales, Londres et New York, cet ouvrage permet de mieux percevoir cette singularité historique et culturelle. Largement dominé par le monde politique, et notamment par l'État, le système d'acteurs francilien éprouve des difficultés à s'ouvrir alors même que le processus de globalisation fait de plus en plus entendre ses exigences. Le territoire francilien apparaît alors comme un lieu de conflits où différentes visions du monde s'opposent, notamment sur la question de la place de l'Île-de-France dans la globalisation. Si l'on observe quelques tentatives de construction d'un acteur collectif, elles restent parcellaires et sectorielles. Paris, tiraillée entre ses identités et ses aspirations, pourra-t-elle s'affirmer comme métropole dans la globalisation ?