Christian Moncelet
Christian Moncelet
Noces d'ombre invite à une plongée poétique dans les méandres de l’âme et des liens invisibles qui unissent les êtres.
Le soin de trouver des paroles nuit beaucoup au mouvement du coeur, a-t-on écrit à d'autres propos. Rien n'est plus vrai, peut-être, lorsqu'il s'agit, en dehors de la poésie, de parler de la poésie, de présenter des poèmes, ces témoignages, selon Baudelaire, d'une sensibilité irritée, d'une postulation des nerfs, d'une nature exilée dans l'imparfait, et qui voudrait s'emparer immédiatement, sur cette Terre-même, d'un paradis révélé. Cherchant à remonter aux sources de la poésie pure, on a beaucoup parlé de miracle de la poésie, de mystère de la poésie, de mysticisme de la poésie. Il y a, en effet, dans toute poésie, voire la plus rationnelle, quelque chose d'ineffable, qui provient de ce qu'Henri Brémont appelait : l'action transformante et unifiante d'une réalité mystérieuse, étroitement unie à ceci ou à cela. Cet enchantement obscur, indépendant du sens, cette musique conductrice, cette incantation qui fait le poète avant les idées ou les sentiments qu'il exprime, se trouvent dans le premier recueil de Christian Moncelet : La Rose-Christ et le lépreux, mais n'en font pas, pour autant, un poète malgré lui. Christian Moncelet sait aussi trouver, dans ceci ou dans cela, les idées ou les sentiments ; la confirmation de dons dont il est conscient et, même dans ses moments les plus heureux - et ils sont assez nombreux pour que les citer conduise à l'abus - il semble demeurer le maître de ses pouvoirs d'incantation, nourrissant son langage de cette substance émotive qui illumine les mots.
"Le pet dans tous ses éclats" est-il un livre à ne pas mettre sous tous les nez ? Pas vraiment ! Malgré son thème, il ne nécessite pas que le lecteur prenne des pincettes nasales. De l'Antiquité au 29 février 1988 à 17 heures 36 (et même au-delà), les pets ont inspiré des écrivains, des dessinateurs, des penseurs, des chansonniers, des poètes, des humoristes et non des moindres, connus ou inconnus. Étonnant sujet abordé avec une non moins étonnante érudition. Le pet est un sujet trop gravement léger, pour être traité par dessus la jambe. Que diront les critiques ? « Il ne faut pas manquer de souffle pour écrire tout un livre sur un tel sujet ! », « L'auteur a-t-il flairé une bonne affaire ? », « De tout un pet : ça fleure bon l'humour savant ! », « Le bas de Hurlevent ? », « À la fortune du pet : un livre à prendre ou à vesser »... ? L'ingéniosité des hommes de plume est telle, qu'ils sauront rivaliser de calembours joviaux pour rendre compte, s'ils le veulent, de cet ouvrage insolite.