Claude Simon
Claude Simon
Sauvées de la faillite en 2008 par les États, les banques somment désormais ceux-ci de réduire des déficits qu'elles ont contribué à creuser. Pour sortir de ce jeu de dupes, ce livre démystifie l'univers de la finance enfermé sur lui-même. Il démasque sa toute-puissance en donnant au citoyen les moyens de comprendre l'essentiel : qu'est-ce que la monnaie ? Qu'est-ce que la banque ? Pourquoi les sociétés de ce secteur se sont-elles lancées dans des activités spéculatives à haut risque ? Écrit par des spécialistes et destiné à un large public, cet ouvrage formule des propositions pour scinder les banques, leur interdire de spéculer pour leur propre compte et faire en sorte qu'elles soient réellement surveillées. Claude Simon est professeur émérite à l'ESCP Europe. Cet ouvrage a été écrit avec la collaboration de Michel Crinetz, ancien commissaire-contrôleur des assurances, et de Guy Flury, ancien commissaire aux comptes d'établissements financiers. Ils animent ensemble le groupe banques-finance du collectif Roosevelt.
Le processus de sécularisation qui touche nos sociétés a interpellé ces cinq prêtres-ouvriers qui eux y virent une chance. Les réflexions du théologien Joseph Moingt et du philosophe Marcel Gauchet sur "le christianisme comme religion de la sortie de religion" les ont beaucoup marqués. Vivant dans un contexte de sortie de religion, leur conviction est que les chrétiens sont invités à être des acteurs de la réussite de l'humanité. Ils nous proposent de saisir cette chance.
Et si la clé de la performance collective résidait dans la coopération au quotidien ? La coopération pour transformer révèle comment Groupama a ancré cette pratique dans ses valeurs.
Plus les indices sont bas plus les incantations à la croissance redoublent d'ardeur. On consulte les oracles, les experts, qui l'annoncent pour demain, après-demain, croient l'apercevoir là-bas, au bout du tunnel. Mais rien n'y fait. La croissance montre, depuis la crise financière de 2008, de tels signes de faiblesse en France et en Europe qu'elle ressemble à un mirage. Que recouvre exactement ce terme ? Pourquoi la croissance fait-elle quasiment du surplace depuis des années ? Jean-Pierre Brovelli et Claude Simon décortiquent ce que signifie le produit intérieur brut (PIB) et remettent en cause une idée reçue : croissance du PIB et progrès humain ne sont pas synonymes. Avec ce livre ils proposent une voie : parvenir, sans croyance magique dans la croissance, à un développement durable préservant la planète, à la juste répartition des richesses et à l'amélioration du bien-vivre de tous. Jean-Pierre Brovelli est ancien professeur de classe préparatoire en économie et histoire économique. Professeur émérite à l'ESCP Europe, Claude Simon est membre du Collectif Roosevelt. Il est l'auteur de Stop à la dérive des banques et de la finance (Éditions de l'Atelier, 2014).
Deux couples de deux générations différentes se disputent et s'affrontent : les parents d'un côté, de l'autre le fils et sa femme. Après cinq ans de mariage, celle-ci s'apprête à rejoindre son amant. Tous attendent la mort de la tante, figure charismatique qui agonise dans une autre pièce. Au loin, passe et repasse un train. Crises de couple en miroir, règlements de comptes, mise à nu des frustrations et des hypocrisies... Sous les dehors du théâtre de Boulevard, c'est à un véritable huis clos familial que l'on assiste, aux accents crépusculaires et à la profondeur métaphysique. Créée en 1963, la seule pièce de théâtre de Claude Simon met en scène l'incommunicabilité entre des êtres qui souffrent du défaut d'amour et de l'illusoire désir de changer de vie. Le fils parviendra-t-il à dépasser le traumatisme de la guerre ? La belle-fille, à se séparer de cette famille étouffante ? La mère, à se libérer de ses angoisses et de sa folie ? Ou tout ceci n'est-il qu'un éternel recommencement ?
« En refermant L'Acacia, le lecteur a la sensation d'avoir personnellement chevauché dans les clairières de l'Est en 1940, les yeux brûlés d'insomnie ; d'avoir reçu une balle en 1914 au coin d'un bois, tel un parfait poilu de L'Illustration ; mais aussi d'avoir servi aux Colonies avant 14 ; d'avoir hanté les villes d'eaux de la Belle Époque ; d'avoir ouvert un télégramme avec des sanglots de veuve dans la gorge ; d'avoir visionné des bribes d'"Actualités" d'avant l'autre guerre, sépia, tressautantes et muettes ; d'avoir remué ces réminiscences dans un claque miteux ; d'avoir senti monter la folie des deux dernières guerres du fond des trains à bestiaux de toute l'Europe ; et de chercher à couler tout cela dans le présent immédiat de l'écriture, devant une branche d'acacia vert cru... » (Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde) L'Acacia est paru en 1989.
Le capitaine de Reixach, abattu en mai 40 par un parachutiste allemand, a-t-il délibérément cherché cette mort ? Un de ses cousins, Georges, simple cavalier dans le même régiment, cherche à découvrir la vérité. Aidé de Blum, prisonnier dans le même camp, il interroge leur compagnon Iglésia qui fut jadis jockey de l'écurie Reixach. Après la guerre, il finit par retrouver Corinne, la jeune veuve du capitaine... La Route des Flandres est paru en 1960.
Publiés au Sagittaire en 1945 et 1947, soit une dizaine d'années avant Le Vent qu'il considérait comme sa véritable entrée en littérature, Le Tricheur et La Corde raide sont les deux premiers livres de Claude Simon. On y découvre, déjà en place, les grands motifs de l'oeuvre à venir. Dans Le Tricheur : une fugue tragique et sans issue, celle de deux amants à travers la France. Dans La Corde raide : l'enfance, Barcelone pendant la guerre d'Espagne, la débâcle de 1940, restitués sous forme fragmentaire et puissamment réflexive. Après avoir été un temps diffusés sous la couverture des Éditions de Minuit à la fin des années 1950, puis laissés épuisés, ces deux livres sont ici réunis pour la première fois en un seul volume.
Sous l'Ancien Régime, il est officier au régiment de Toul-Artillerie. En 1792, il est élu membre de la Convention. En 1940, il bat en retraite avec son régiment à travers la Belgique. En 1793, il vote la mort du roi. Représentant en mission, il défend la Corse contre Paoli et les Anglais. Il fait planter dans son parc des peupliers d'Italie, des châtaigniers, des hêtres et des acacias. En 1937, il combat sur le front d'Aragon dans les rangs des milices populaires. Poursuivi par l'ennemi, il repasse la Meuse peu avant que les ponts ne sautent. La mort de sa première femme le laisse inconsolable. En 1799, il est ambassadeur auprès de la cour de Naples. Il se plaint à son intendante que les vendanges ont bien trompé. Il est promu général en l'An II. Membre du Comité de salut public, il enjoint aux chefs d'armées de ne pas reculer en deçà de la Meuse. Il s'évade d'un camp de prisonniers près de Dresde. Il achète une jument à Iéna. Il est blessé au passage de l'Adige. Il recommande qu'on épierre bien ses champs. Près de Lérida, il est atteint d'une balle qui lui traverse le cou. Il vote la loi punissant de mort tout émigré rentré en France et pris les armes à la main. Au plus fort de la Terreur, il sauve une royaliste qu'il épouse peu après. À la suite de l'insurrection anarchiste de Mai, il est traqué dans Barcelone par la police. Il... À des époques différentes et dans des périodes de tumulte et de violence, trois personnages vivent des événements et des expériences qui semblent se répéter, se superposer, de même qu'indifférents à la tragédie, aux déchirements familiaux et politiques, reviennent au long des pages les mêmes travaux des champs, les alternances des saisons, de la pluie, du soleil, des printemps. Les Géorgiques est paru en 1981.
Un tramway relie une ville de province à la plage voisine, distante d'une quinzaine de kilomètres. Aux heures matinales, il fait accessoirement office de ramassage scolaire. Ses allées et venues d'un terminus à l'autre entre les ondulations des vignes ponctuent le cours des vies, avec leurs menus ou cruels événements. Les lieux où se déroule l'action sont principalement le bord de mer, une maison de campagne, la ville qui peu à peu se modernise, un court de tennis. Dans sa fragilité, la vie s'acharne par ailleurs à poursuivre son cours à travers les dédales des couloirs et des pavillons d'un hôpital, et d'infimes coïncidences amènent parfois les deux trajets à se confondre. « Pas de psychologie chez Claude Simon : c'est l'écriture, et elle seule, qui prend en charge cette fragile renaissance au monde dans la proximité de la mort. L'écriture trace donc un chemin, un itinéraire, celui du tramway qui menait, pendant 15 kilomètres, les voyageurs du centre de Perpignan aux villas bourgeoises de la côte lorsque l'écrivain était enfant. Que ce parcours soit aussi initiatique - initiation à un non-savoir, celui de la mort -, les premières pages du livre nous en persuadent. » (Pierre Lepape, Le Monde) Publié en 2001, Le Tramway est le dernier roman de Claude Simon.
« Le roman tourne autour d'une hésitation : Louise quittera-t-elle ou non son mari pour l'amant à qui elle exprime son trouble ? Cette question se double d'une autre : la vieille tante agonisante, Marie, mourra-t-elle pour de bon ? Liant une jeune et une vieille femme, ce roman situe le dilemme de son personnage central dans le cadre d'une famille déchirée. Dans l'apparente absurdité de la vie de Marie, Louise parvient à lire les signes d'un sacrifice austère. Voyage à travers le temps, l'expérience de la vieille femme s'est identifiée à celui-ci jusqu'à en devenir exemplaire. Pendant les dix jours de l'agonie de Marie, la jeune femme prend conscience de l'impossibilité de son projet : la puissance d'attraction de Marie l'oblige de rester ; tout rentre dans l'ordre. Le thème de l'Histoire intervient de manière nouvelle chez Claude Simon : la présence implicite des grands événements de l'histoire contemporaine, l'exode de 1940, l'effondrement de la France, ont à la limite moins d'importance que le passage inexorable du temps éprouvé par chacun des personnages de la fiction. Tout comme Le Vent, L'Herbe exprime un ordre des choses tout naturel que l'esprit et la volonté humains semblent impuissants à dominer. » (Stuart Sykes) L'Herbe est paru en 1958.
Le Vent se déroule tout entier dans une ville du Midi de la France (Perpignan ?). Antoine Montès, 35 ans, vient d'y arriver pour entrer en possession de l'héritage de son père. Il n'a d'ailleurs jamais connu celui-ci, sa mère, morte aussi, ayant quitté la ville dès avant la naissance de l'enfant. L'héritage se compose principalement de vignes laissées à l'abandon. Le notaire conseille à Montès de vendre ces terres, et lui propose même des acheteurs. Mais, inexplicablement, Montès refuse. À partir de là, toute son attitude apparaît étrange et même scandaleuse à toute la « bonne société » du cru. Refusant les beaux partis qui s'offrent, il se compromet avec la bonne de l'hôtel minable où il est descendu, et se trouve finalement mêlé à une sombre histoire de vol et de recel, dont il se tirera d'ailleurs sans dommage, mais sans avoir rien fait pour cela, restant d'un bout à l'autre aussi doucement étranger et pur vis-à-vis de ce monde qu'il apparaîtra scandaleux aux yeux des autres. Le Vent a été publié en 1957.
« Un homme, le narrateur, qu'on suppose au tournant de la cinquantaine, se retrouve dans la maison de famille où il a passé son enfance. Il y est revenu seul, en proie à des embarras d'argent qui le forcent à vendre quelque meuble et à hypothéquer quelque terre. C'est l'emploi d'une de ses journées, que seules privilégient ces opérations financières, qui va nous être conté. Trame banale s'il en fut, puisqu'on saisit le héros d'abord dans le demi-sommeil plein de pensées et de rêves qui précède son lever, et qu'on le suit au fil des douze chapitres. Les douze heures de la vie d'un homme sans qu'aucun événement particulièrement romanesque, voire poétique, les marque. Le romanesque, la poésie, sont ailleurs, dans le crâne du narrateur, qui observe, contemple, se souvient, imagine, et qui, par la seule activité de son esprit, parvient à donner épaisseur, intérêt et sens à l'extrême banalité des instants vécus. Car cet homme a un passé, peut-être lourd, qui surgit sans cesse en sa conscience et dont la reconstitution double ou plutôt multiplie le récit linéaire de sa journée. Mais on n'a rien dit du livre, de sa beauté, de sa force, de son originalité, en le ramenant à ce squelette d'histoire. C'est la manière dont tout est vu et dit qui soulève comme un ferment cette pâte presque ordinaire et qui la magnifie. Un livre total, d'une exceptionnelle unité car tout s'y harmonise : le projet, la vision, la phrase. » (Jacqueline Piatier, Le Monde) Histoire a reçu le prix Médicis en 1967.
Le Jardin des Plantes, Claude Simon en connaît bien les allées, qu'il parcourt presque chaque jour lorsqu'il est à Paris. C'est aussi un lieu unique qui réunit, entre le Muséum, le jardin alpin et la ménagerie, des milliers de minéraux, de végétaux et d'animaux dans un spectacle différent pour chaque visiteur et à chaque visite. Le livre, lui, amalgame les fragments apparemment épars d'une vie d'homme au long du siècle et aux quatre coins du monde. Mais qu'on ne s'y trompe pas, ce n'est pas une autobiographie : si chacun des éléments est à base de vécu, l'ensemble est conçu, inventé et construit comme oeuvre littéraire. Ce roman est paru en 1997. NOTE : cette édition numérique, qui conserve la mise en page particulière de l'édition imprimée, est optimisée pour la lecture sur ordinateur ou tablette multimédia. Les lecteurs sont invités à vérifier la compatibilité du format EPUB 3 fixed layout ou Amazon Print Replica avec leur terminal de lecture.
Ces deux textes, publiés en 1974 dans les revues finlandaises Åland et Finland, étaient restés inédits en France jusqu'à la parution de ce volume en 2009.
« Une ville républicaine en guerre, Barcelone sans doute, dont on croit reconnaître la place de Catalogne. L'observateur est immobile, le plus souvent dans la chambre d'un palace abandonné, en compagnie d'un Italien, d'un instituteur, d'un Américain. La présence de la guerre est donc saisie indirectement par des signes, fusils, portraits d'hommes politiques, slogans, un enterrement qui passe, tout cela revenant, enrichi à chaque fois, de détails inaperçus auparavant, comme un manège qui tourne et ramène, obsédant, les mêmes images terribles. » (La Nouvelle Revue française, juin 1962) Le Palace est paru en 1962.
« À propos d'une scène de plage, de deux femmes en noir marchant en bordure des vagues chaudes, de pêcheurs tirant au sec leurs barcasses craquantes, de casseroles enfoncées dans le sable, de poulets qu'on vide, d'étoiles qui basculent (dont la constellation de Bérénice), Claude Simon change le temps en espace. Il rend physiquement sensible la durée, notre seule certitude. Avec lui, la littérature devient une machine magique à voir l'invisible par excellence : l'herbe qui pousse, l'histoire en train de se faire. » (Bertrand Poirot-Delpech, Le Monde, 10 février 1984) Initialement publié en tirage limité sous le titre Femmes (Maeght, 1966), ce texte est paru aux Éditions de Minuit en 1984.
« Dans une ville au nom semblable à un froissement, un claquement d'étendard un groupe hétéroclite d'intellectuels est promené çà et là, selon le programme minutieux et dépourvu de sens d'un voyage officiel. Le pays et les voyageurs ne sont nommés que par périphrases. Il y a un acteur qui a incarné le personnage de Néron au cinéma, le second mari de la plus belle fille du monde, un homme avec une tête de gladiateur nubien, deux duettistes noirs qui ont l'air de prédicateurs évangélistes, un diplomate méditerranéen, un Tolstoï d'Asie centrale à tête de montagnard et, à l'arrière-plan, L'Histoire, proche ou contemporaine : le bandit séminariste qui a fait régner la terreur dans ce pays et exterminé ou déporté des millions d'hommes, son successeur actuel semblable au dernier rejeton d'une lignée de gangsters qui aurait été élevé dans un collège suisse. Ou encore, l'autre grand de ce monde, le cow-boy à la retraite élu pour avoir galopé dans des films de troisième catégorie. » (Marianne Alphant, Libération, 6 janvier 1988) L'Invitation est paru en 1988.
Les quatre conférences réunies dans ce livre, prononcées entre 1980 et 1993, sont ainsi des réécritures ultimes et marquent le point le plus abouti de considérations toujours très réfléchies à partir de quatre objets : La Recherche du temps perdu, la mémoire, la poétique et l'écriture. Entre elles, de nombreux échos ou des références récurrentes font choeur, assez pour faire entendre que leur auteur ne séparait pas des préoccupations que l'exercice de la conférence oblige à dissocier. (P. L.)
Jules César, une machine agricole démantibulée, un soldat ivre, la jalousie, la guerre, une étreinte, une place où s'ouvre une bouche de métro, sont les principaux personnages, thèmes, événements et lieux de ce roman, récit d'une aventure particulière au cours de laquelle un observateur lui-même observé cherche à reconstituer quelque chose qui, en définitive, s'avère n'être constitué que par cette recherche même dans sa progression, ses interrogations, ses méandres. La Bataille de Pharsale est paru en 1969.
Victime d'un malaise non loin de l'hôtel où il est descendu dans une grande ville du continent américain, un homme parcourt avec peine la distance qui l'en sépare. Avant d'y parvenir il doit, pour reprendre des forces, faire halte une première fois dans un bar, une seconde fois sur le banc d'un square. Entre-temps, il visite un musée, assiste à un congrès d'écrivains, consulte un médecin, fait un long voyage en avion, feuillette les pages d'un magazine, passe une nuit avec une femme qu'il tente ensuite à plusieurs reprises et en vain de joindre au téléphone. Les Corps conducteurs est paru en 1971.
En peinture, on appelle triptyque une oeuvre composée de trois volets. Si les actions ou les personnages mis en scène peuvent avoir entres elles et entre eux des liens plus ou moins étroits (par exemple plusieurs épisodes d'une même légende), d'autres fois les sujets de chacun des volets sont différents. Mais, ainsi ou autrement, l'ensemble de l'oeuvre constitue un tout indissociable, et par l'unité de la facture, et par la façon calculée dont se répondent d'un volet à l'autre et s'équilibrent les différentes formes et les différentes couleurs. La composition de Triptyque s'inspire de ces principes. Trois histoires (une noce qui tourne mal, la noyade accidentelle d'une enfant, un fait divers dans une station balnéaire) s'y entrelacent, se superposent parfois, se nourrissent l'une de l'autre et, finalement, s'effacent... Triptyque est paru en 1973.
Retour sur un courant politique qui est omniprésent dans la société. Le néolibéralisme est-il une idéologie ? Comment s'est-il imposé dans le monde depuis quarante ans ? Quel est son bilan ? Pourquoi faut-il distinguer libéralisme et néolibéralisme ? Toutes ces questions, et beaucoup d'autres, Claude Simon les aborde de front dans cet ouvrage très clair et documenté. Il explique comment le néolibéralisme, sous couvert de liberté et d'efficacité économique, s'est imposé dans tous les domaines de notre vie. Et comment il a été pensé et imposé par des théoriciens, comme Friedrich Hayek ou Milton Friedman, et par des politiques, comme Margaret Thatcher ou Ronald Reagan. Claude Simon est aussi retourné aux sources : si le libéralisme est né au siècle des Lumières pour libérer l'homme du pouvoir absolu et mettre l'économie à son service, le néolibéralisme, lui, a inversé cette logique en plaçant les individus et les États au service de l'économie et des marchés. Un ouvrage très intéressant qui éclaire sur l'origine et les conséquences de l'idéologie néolibérale. EXTRAIT De nombreux observateurs constatent une mutation, opérée à la fin de la décennie soixante-dix ou au cours des années quatre-vingt. En fonction de leur spécialité - politique, économique, financière -, ces auteurs lui donnent différentes causes : les gouvernements Reagan et Thatcher pour les premiers, les théories de Friedman et Hayek pour les deuxièmes, la libéralisation des marchés pour les troisièmes. Sont évoqués, pour traduire ce phénomène, les termes d'ultralibéralisme ou de néolibéralisme. Ce dernier étant le plus fréquemment utilisé, nous le choisirons pour cet ouvrage. Pour autant, nous n'avons pas trouvé d'analyse de cette profonde mutation qui l'aborde sous ses multiples composantes - philosophique, économique, politique - et qui soit accessible à un grand public. Nous nous sommes alors posé plusieurs questions : le néolibéralisme constitue-t-il le système de pensée qui sera dominant au XXIe siècle ? Si oui, quelles sont ses origines et ses conséquences ? En quoi diffère-t-il du libéralisme ? Où va le monde s'il persiste dans sa domination ? CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE Ce petit bouquin est donc une lecture indispensable : il met en perspective l'enchaînement des fausses évidences qui conduit à la destruction de nos démocraties, lesquelles se voulaient civilisées. - Collectif Roosevelt À PROPOS DE L'AUTEUR Claude Simon est professeur émérite d'économie à l'ESCP-Europe. Il a récemment publié : Stop à la dérive des banques et de la finance puis co-rédigé Stop au mirage de la croissance (l'Atelier/ Collectif Roosevelt).