Claudia Senik
Claudia Senik
Pendant deux décennies, Daniel Cohen a impulsé et soutenu de nombreux travaux sur nos démocraties et leur avenir. Cet ouvrage rassemble les plus récents à travers une série de contributions conjuguant rigueur académique et accessibilité. Les autrices et les auteurs décortiquent les ressorts des crises et surtout tracent des perspectives pour un meilleur fonctionnement démocratique à tous les étages de la société et des institutions : selon eux, c'est la clé pour répondre aux enjeux du siècle. Les lecteurs voyageront ainsi des modes de scrutin innovants pour mieux permettre d'exprimer les préférences des citoyens jusqu'aux nouveaux horizons de la démocratie en entreprise, de l'enjeu de la parité à celui, existentiel, du changement climatique. Avec les contributions de : Philippe Askenazy, Thomas Breda, Fanny Henriet, Jean-François Laslier, Quentin Lippmann, Thomas Renault, Katheline Schubert, Claudia Senik. Le CEPREMAP (Centre pour la recherche économique et ses applications) a pour mission d'assurer une interface entre le monde académique et la décision publique. Il est dirigé par Claudia Senik.
La Brieve Instruction pour armer tous bons fideles contre les erreurs des anabaptistes résulte d'une coopération étroite entre Guillaume Farel et Jean Calvin. Confronté aux mouvements anabaptistes qui agitent Neuchâtel, Farel suggère en effet à Calvin de prendre la plume contre ses opposants. Il l'informe de la situation et lui fournit la traduction française de la Confession de Schleitheim de Michael Sattler, circulant alors à Neuchâtel. Mais Calvin produit un ouvrage de portée générale contre les anabaptistes tandis que Sattler s'en tenait à l'approche particulière convenant à une confession. Usant de son Institution chrétienne et de sa Psychopannychie, Calvin réagit promptement et publie son traité dès 1544. La Brieve Instruction, qui appartient à la deuxième vague polémique contre les anabaptistes, réitère des arguments désormais stéréotypés et véhicule leur image négative de secte révolutionnaire bouleversant l'ordre de la société chrétienne. L'édition que donne Myriam van Veen rend le texte accessible aux lecteurs modernes; attentives à la pensée polémique de Jean Calvin et de ses contemporains, les notes autorisent une comparaison entre la conception que se faisait le réformateur de l'anabaptisme et l'image qu'en renvoie la Confession de Schleitheim.
Comment se forment les croyances et les représentations politiques dans le monde du XXIe siècle, profondément marqué par les réseaux sociaux, la viralité de l'information en ligne et, plus récemment, l'intelligence artificielle ?Le présent ouvrage interroge le statut actuel de la vérité. De manière révélatrice, la majorité des chapitres portent sur les fake news et le conspirationnisme en ligne, leur influence et les tentatives pour les endiguer. Ainsi, parler de la vérité aujourd'hui oblige à reconnaître sa fragilité.Post-truth, fake news, infox et deepfakes, la force de ces vérités alternatives s'appuie sur de nombreux mécanismes psychologiques et sociologiques bien identifiés : croyances motivées, pensée désirante, puissance des émotions, rejet de l'autorité scientifique jugée " élitiste ", affiliation identitaire. S'ajoutent à ces facteurs individuels des effets de volume considérables : la masse des énoncés disponibles échappe désormais majoritairement aux sources vérifiées. Même pour les personnes de bonne foi, distinguer le vrai du faux devient de plus en plus difficile, voire impossible, notamment depuis le déploiement des outils d'intelligence artificielle.Les douze chapitres de ce volume traitent de cette rencontre entre émetteurs, médiateurs et récepteurs de " vérités " en ligne. Comment limiter, voire contrecarrer, la manipulation en ligne ? Mais faut-il réellement le faire ? Et, si oui, avec quelle légitimité ?Avec des contributions de : Gilles Balizet, Erica Guevara, Nicolas Hubé, Quentin Lippmann, Antoine Marie, Théo Marquis, Camille Némeau, Thomas Renault, Laurence Vardaxoglou, Ysé Vauchez, Eugenio Verrina et Marion Vorms.
Et si Albus Dumbledore était en réalité un manipulateur ? Quant à Harry : super-héros, enfant maltraité ou dangereux sorcier ? Et Poudlard, lieu de sombres machinations, de transgressions ou école prestigieuse et bienveillante ? C'est dans le cadre de sa prise en charge de patients appartenant à la « génération Harry Potter », que le psychiatre César Castagné est amené à se plonger dans cet univers fantastique. Il y découvre un monde merveilleux, mais aussi sombre et torturé. Et surtout, une oeuvre universelle, susceptible d'éclairer les problématiques individuelles. Aux connaisseurs de cette formidable saga ou à celles et ceux qui souhaiteront la découvrir, voici la face cachée de Harry Potter. Prenez place dans le Poudlard Express et que des ténèbres jaillisse enfin la lumière... Comme le dirait Harry : « Lumos ! »
La question de l'enfantement connaît actuellement de profondes transformations. Alors que la tendance est au déclin de la natalité dans une grande partie du monde, le désir d'enfant de certains couples hétérosexuels et de même sexe fait appel, en Europe comme en Chine ou en Inde, à des procédures multiples allant de l'adoption aux innovations technologiques d'aide médicale à la procréation et même de gestation pour autrui. Dans quelles conditions ces projets d'enfantement se réalisent-ils ?Puis, lorsque l'enfant paraît, que sait-on des transformations de la parentalité ? La conciliation avec le travail et ses nouvelles modalités se pose-t-elle encore différemment pour les pères et les mères ? L'autorité parentale est-elle remise en cause ? Et pourquoi la République populaire de Chine essaie-t-elle actuellement de réglementer la parentalité sur un mode " scientifique " ?Les dix contributions originales réunies dans cet ouvrage éclairent ces questions actuelles, à l'aide des outils des sciences sociales.Avec des contributions de : Marie-Caroline Compans, Romain Delès, Lynda Gaudemard, Estelle Herbaut, Renyou Hou, Anne Lambert, Manon Laurent, Mickael Melki, Jean-François Mignot et Marie Trespeuch.
Est-il encore possible de placer notre croyance dans le progrès ? Il s'agit d'une notion qui a entraîné une désillusion pour certains, et se voit aujourd'hui remis en cause. Les différents enjeux actuels massivement pris en compte qui affectent les citoyens sont moins ignorés qu'auparavant (climatiques, économiques, sociaux, etc.). Dans ce livre, cette question "Peut-on encore croire au progrès ?" a été posée à différents intellectuels, et chacun y apporte son éclairage. Cet ouvrage est ouvert par Jean Viard, sociologue, et achevé par Étienne Klein, physicien. Il propose par ailleurs les interventions de Nicolas Bouzou, économiste ; David Djaiz, essayiste ; Cynthia Fleury, philosophe ; Navi Radjou, économiste ; Karine Safa, philosophe ; Claudia Senik, économiste ; et Pierre-Henri Tavoillot, philosophe.
Malgré les espoirs nourris par les démocraties après la Seconde Guerre mondiale, malgré la tentative de construire un ordre international fondé sur le multilatéralisme et malgré la dissuasion nucléaire, la guerre ne cesse de se rallumer en de multiples points du monde, y compris aux portes de l'Europe. Depuis 2022, la guerre en Ukraine a réactivé d'anciens débats : rationalité et justification morale de la guerre, nature des interactions stratégiques entre acteurs du conflit, mobilisation de la population civile, légitimité et efficacité des sanctions contre l'agresseur. Elle soulève également de nouvelles questions. Du côté de la Russie, la guerre fait-elle l'objet d'un consensus au sein des élites ? Pour l'Union européenne, est-elle l'occasion d'une cohésion approfondie, à l'image de l'accueil coordonné des réfugiés ukrainiens ? Ce conflit illustre également l'étendue des armes et des cibles de guerre, des plus traditionnelles telles que l'eau aux outils de communication les plus modernes. Les douze contributions réunies dans ce volume abordent ces questionnements à l'aide des outils propres à différentes disciplines des sciences sociales et humaines. La plupart se rapportent à la guerre en Ukraine, mais certaines ramènent le lecteur au Moyen Âge ou à l'Antiquité, tandis que d'autres appréhendent la manière d'écrire l'histoire de la guerre ou de la représenter dans une oeuvre picturale.
Le bien-être au travail ne se réduit pas à de simples facteurs individuels et psychologiques. Il tient largement à la structure des entreprises, à leur type de management et à leur climat social, qui peuvent aussi engendrer de grandes souffrances. En s'appuyant sur des recherches récentes, françaises et internationales, l'économiste Claudia Senik met au jour les sources profondes, parfois invisibles, d'un bien-être au travail dont l'impact sur la vie sociale et économique est considérable. Elle passe en revue tous les leviers dont les services de ressources humaines devraient s'emparer pour accroître l'épanouissement professionnel de leurs salariés : autonomie, perspectives de progression, valorisation symbolique des fonctions, transparence des modes de différenciation salariale, etc. Claudia Senik est professeur à l'université Paris Sorbonne et à l'École d'économie de Paris. Spécialiste internationale de l'économie du bien-être, elle est également chercheuse à l'Institute of Labor Economics.
Risques écologiques, économiques, politiques et géopolitiques : nos sociétés n'ont jamais été aussi convaincues de s'acheminer vers une série de catastrophes quasiment inévitables. Face à ces dangers, les réactions sont de plusieurs natures. Certains tentent, par des discours prophétiques, de déclencher une mobilisation en pointant des risques particuliers. D'autres proposent une vision plus holiste du fonctionnement du monde qui intègre la possibilité des catastrophes, voire de l'apocalypse. Des groupes survivalistes tentent de se préparer dès à présent au monde postcataclysme. Des juristes proposent, pour les protéger, de donner des droits aux animaux, voire à la nature. Mais en majorité, les " décideurs " peinent à se mobiliser et les sociétés contemporaines semblent s'accommoder des menaces et des " poisons légaux " qu'elles s'infligent. Les études de cas réunies dans cet ouvrage collectif apportent des éclairages inédits aux interrogations d'un monde qui se sent en danger.
Voici une synthèse magistrale sur les pratiques sociales des Français qui bouscule bien des idées reçues. Le contexte ? Les Français sont plus pessimistes que les autres européens. Pourquoi ? A cause manifestement de leur défiance vis-à-vis des institutions et de la société. Le résultat ? Leur bonheur privé dépend, plus qu'ailleurs, de leur richesse personnelle. Les différents contributeurs de ce livre s'interrogent sur le rapport de l'argent et des Français, sur leur générosité envers les oeuvres caritatives et sur leur rapport à l'impôt. Ils élargissent aussi le champ de l'analyse de nos comportements en décrivant la manière dont les couples se coordonnent pour gérer leur passage à la retraite. Ils décryptent le monde très particulier du football, illustré par le montant des transferts de joueurs qui atteint chaque saison des nouveaux records et constatent l'éclatement du monde du travail dont la polarisation des emplois est l'expression la plus visible.Au-delà de l'approche strictement économique, ce tableau ambitieux des nouvelles recherches en cours aide à mieux comprendre la société française et le monde qui l'entoure.
Nos sociétés ont fait du bonheur une idée neuve, un principe constitutionnel, presque un devoir. Le bonheur de l'individu est devenu l'objectif suprême des choix politiques. Mais peut-on mesurer quelque chose d'aussi subjectif et impalpable que le bonheur ? Depuis une trentaine d'années, les économistes ont tenté de relever ce défi. Ils ont fait le pari de mesurer le bonheur tel qu'il est ressenti et déclaré par les individus eux-mêmes. Leur enquête concerne plus particulièrement le rôle de la richesse. L'argent fait-il le bonheur ? La croissance rend-elle les gens plus heureux ? Dans le cas contraire, faut-il opter pour la décroissance ou, du moins, mesurer le bien-être au-delà du PIB ? Ce passionnant champ de recherches permet de comprendre pourquoi la France, pays objectivement riche, souffre d'un tel " déficit de bonheur ". Claudia Senik est professeur à l'université Paris-Sorbonne et à l'École d'économie de Paris. Auteur de nombreux articles de référence, elle est l'une des spécialistes internationales de l'économie du bien-être et de l'économie comportementale.