Clovis Goux
Clovis Goux
Phénomènes et légendes de la country
Dans un avenir imminent, la Floride a fait sécession avec les Etats-Unis afin de fonder une fédération de communautés privées réservées aux seuls retraités : les Villages. Dans ce luxueux paradis artificiel conçu par et pour les seniors, la mort, le crime et la jeunesse ont été éradiqués au profit du divertissement. L'étrange décès d'un résident français vient cependant bouleverser l'équilibre instauré.Accident ? Meurtre ? Suicide ? Précipité dans l'univers outrancier des Villages-Unis de Floride, le fils du défunt part sur les inquiétants chemins qui ont menés son père à sa perte. En fouillant dans le passé, ce journaliste déboussolé par le deuil réveillera les vieux démons de la région. En cherchant la vérité, il basculera dans l'envers du décor. Alors les Villages dévoileront leur vrai visage.Satire, dystopie ou anticipation ? Avec force et humour Les Villages interrogent nos ambiguïtés face à la violence comme les dérives communautaristes de nos sociétés : et si la sauvagerie était une nécessité ? Et si la vieillesse était le futur de l'humanité ?
« Dans un quart d'heure les images brutes de la tentative d'assassinat du président des États-Unis seront diffusées pour la première fois sur ABC avant de faire le tour du monde. Plus tard on apprendra que l'homme qui a tiré sur Ronald Reagan s'appelle John Hinckley Jr. Plus tard on saura qu'il est amoureux de Jodie Foster. » Washington, 30 mars 1981, 14h27, John Hinckley tire six balles sur Ronald Reagan pour prouver son amour à Jodie Foster. Depuis qu'il a découvert l'actrice dans le rôle d'une prostituée de 12 ans dans Taxi Driver, le jeune homme, en fan obsessionnel, lui écrit et collectionne tout ce qui la concerne. Chère Jodie, c'est l'histoire de la lente dérive de ce personnage que l'on suit au plus près dans ses pérégrinations intimes, ses errements géographiques et ses mensonges familiaux. Une âme perdue qui occupe ses journées à ne rien faire dans une Amérique en pleine crise identitaire et accès de violence. Entre le destin d'une nation et les fantasmes d'un perdant, Chère Jodie est aussi le récit d'une société qui bascule. De la fin des utopies à la montée du néoconservatisme, de l'âge d'or de l'ultraviolence au triomphe de la célébrité instantanée, de Jimmy Carter à Ronald Reagan, John Hinckley peut-il trouver sa place ?
Durant les années 1970, The Carpenters est le groupe le plus populaire aux États-Unis. Un immense succès (100 millions de disques vendus) qui s'explique par l'alchimie unique entre ses deux membres fondateurs, Richard et Karen Carpenter, un frère et une soeur. Ces deux enfants de la classe moyenne imposent un retour à l'ordre musical après la révolution psychédélique, avec des hits aussi romantiques que réactionnaires, tels Close to you, We've Only Just Begun ou Rainy Days and Mondays. Mais derrière cette success story se cache une tragédie. La Disparition de Karen Carpenter raconte cette histoire, nous amenant à porter un regard de côté sur les grands phénomènes socio-culturels qui marquèrent l'Amérique de l'époque.
1953. Sous le pseudonyme de Ka-Tzetnik 135633, Yehiel Dinur, survivant d'Auschwitz, publie House of Dolls qui le rendra mondialement célèbre. Présenté comme le récit de sa soeur Daniella forcée à se prostituer dans un camp de concentration nazie, le livre transcende toute idée de vérité historique pour basculer dans des fictions fantasmatiques nées de sa terrible expérience des camps.Rome 1968, le réalisateur Luchino Visconti voit une apparition démoniaque surgir dans la pénombre de son appartement. La créature lui inspire Les Damnés et l'entraîne jusqu'à son pandémonium.Los Angeles 1968, le producteur de séries B Bob Cresse prépare le tournage d'un film qui va « révolutionner l'histoire du cinéma », selon lui. Premier long métrage à mettre en scène les sections de la joie nazis, Love Camp 7 fera du pionnier un paria.Khartoum 1974, la cinéaste Leni Riefenstahl, qui édifia les canons esthétiques du nazisme à travers ses films de propagande, se lance dans une expédition photographique au sud Soudan, cherchant à capturer « la beauté éternelle » du peuple Nouba et à faire oublier son passé.D'Israël à Hollywood, de l'Italie à l'Afrique noire s'élaborent ainsi les conditions d'une vague cinématographique sans limites et sans morale : la Nazisploitation. De la série B Love Camp 7 au film d'auteur grand spectacle Les Damnés, du « nazi trash » au « nazi chic », deux veines a priori opposées exploitent à l'identique une même fascination pour la mort, le mal et la décadence avec le kitch comme seul horizon esthétique.Au vertige créé par la superposition des récits s'ajoute celui du questionnement de cette exaltation de la pornographie et de l'ultraviolence sous le feu du nazisme. De ces destins entrecroisés, Clovis Goux tire un roman qui sous-tend, avec force et virtuosité, limites de la fiction et dérives de l'art.