Commissariat General Du Plan
Commissariat General Du Plan
Cette étude a été réalisée à la demande du Commissariat général du Plan, dans le cadre de la préparation du VIIIe Plan. Elle esquisse, à partir de l'expérience concrète de la stratégie des entreprises françaises et étrangères, un cadre conceptuel de la dynamique concurrentielle. Cette analyse des mécanismes de la compétitivité industrielle enrichira la réflexion de ceux qui, aux divers niveaux d'intervention économique - entreprises, secteurs d'activité, nation - ont à décider de l'allocation des ressources. Au niveau micro-économique du domaine d'activité, et avec un prix du travail équivalent, tous les producteurs ont des coûts différents. Celui qui a les coûts les plus bas est celui qui aura su créer des barrières concurrentielles durables fondées sur les économies d'échelle, l'expérience ou la technologie. Cette compétitivité exigera des investissements matériels et immatériels, de l'innovation et une définition stratégique de son activité. Elle requiert donc des ressources. Au niveau de l'entreprise, le renforcement de la compétitivité demandera une allocation de ressources, des activités du « portefeuille » qui dégagent déjà des liquidités vers celles qui doivent investir. L'endettement et la distribution de dividendes peuvent jouer comme « levier » ou comme frein de la croissance. Au niveau national enfin, l'essence de la politique économique sera de gérer les mécanismes d'allocation de ressources entre domaines d'activité et entre entreprises. Même dans les économies les plus libérales (USA, RFA), les pouvoirs publics ont accru - depuis dix ans - leurs interventions en matière d'allocation de ressources. Quelles que soient les options prises sur l'organisation de la société, les problèmes de création de richesse font intervenir des mécanismes - micro-économiques aussi bien que macro-économiques - qu'il est arbitraire de séparer.
Écologie-économie : tout oppose, en apparence, ces deux disciplines aux racines étymologiques étrangement identiques. L'écologie n'est-elle pas devenue un puissant mouvement de pensée et une force politique en se posant en critique de la rationalité économique ? L'économie ne traite-t-elle pas l'environnement comme un facteur "externe", tout comme elle traitait secondairement, jadis, la question sociale avant la révolution keynésienne ? Mais les enjeux sont trop importants pour que perdure ce dialogue de sourds. D'où l'intérêt de cet ouvrage original, qui propose pour la première fois un examen dépassionné des points d'accord et des divergences entre les deux approches. Il est la synthèse des travaux menés en 1992 dans le cadre du XIe Plan sur le thème "environnement, économie, croissance", et qui a réuni une grande diversité d'experts : représentants d'organisations syndicales et patronales, hauts fonctionnaires, universitaires, militants écologiques, etc. La confrontation a d'abord porté sur les problèmes théoriques : pertinence de la notion de "développement durable", impacts économiques des actions de protection de l'environnement, etc. Mais elle a surtout concerné les politiques publiques à mettre en oeuvre pour faire face aux nouveaux défis : effet de serre, maîtrise de l'énergie, transports, etc. Sur tous ces points, on trouvera dans ce livre des exposés clairs et synthétiques : avantages et inconvénients des projets d'"écotaxes", rôle et limites de la réglementation et des subventions, etc. Les écologistes et les économistes enfin se parlent. Pour mieux comprendre ce qui divise leurs manières de voir, mais aussi ce qui peut les rassembler. Dans l'espoir peut-être de tracer les voies d'une nouvelle synthèse.