Corinne Berger
Corinne Berger
Est-il possible de s'approprier l'air ? En répondant par l'affirmative à cette question, ce livre montre comment se concrétise une telle captation. Les données indiquent que l'air est malmené. Le monde reste en attente, alors que la situation est dramatique. Quelles sont alors les conséquences d'une telle inertie ? D'abord, en insistant sur sa rareté, l'air est transformé en objet marchand. Il devient objet de convoitise, pour les marchés boursiers, les industries. La phobie du mauvais air implique aussi de s'en protéger. L'air sain devient source d'accaparement commercial, à travers la publicité. Mais, il ne faut pas omettre la récupération qu'en font les doctrines identitaires. L'air, ainsi dégradé, génère des phénomènes d'appropriation qui ne présagent rien de bon pour l'avenir.
L' eau est un élément fondamental qui hante les peuples du Pacifique Sud. Mais cette eau éternelle se trouve être confrontée à une réalité bien menaçante. L'exploitation de la ressource a pour conséquences de redoutables bouleversements tant au plan écologique que plus profondément au niveau des communautés du Pacifique Sud. À côté d'enjeux importants s'immiscent des conlits d'intérêts et des oppositions de forces. Cet ouvrage est avant tout soucieux de montrer que la question de l'eau est sociale et culturelle avant d'être une oeuvre de génie civil.
Les phénomènes de surchauffe environnementaux et sociaux observés de nos jours semblent difficilement maîtrisables. Le monde est plus que jamais en feu. N'existe-t-il pas un certain parallélisme entre réchauffement environnemental et embrasement social ? Pour se protéger, on assiste à un retour au foyer que l'on retrouve dans des dynamiques de ségrégations territoriales. Ces comportements n'attisent-ils pas le feu ? Existe-t-il des solutions ?
Ce livre propose de montrer qu'avant d'être une oeuvre de génie civil, la gestion de l'eau est surtout une construction sociale. Dimension trop souvent oubliée. Ce livre montre comment l'eau s'immisce dans les conflits d'intérêt, dans les oppositions de force, et est aussi un instrument de résistance. Sa gestion reste un objet de pouvoir sur les sujets, leurs activités et leurs imaginaires. Si partager l'eau c'est partager le pouvoir, posséder l'eau c'est aussi posséder son pouvoir.
Les débats actuels portant sur l'environnement sont nombreux, ils fluctuent dans un va-et-vient tout à fait surprenant. Il suffit qu'une catastrophe ou qu'un événement particulier soit médiatisé pour voir poindre des émotions, des appels, des revendications, des contestations. Passé l'événement, les soucis environnementaux semblent rejoindre les limbes. Toutefois, certaines questions sont portées soit par des militants responsables qui dénoncent depuis longtemps les dérives actuelles de notre système économique et tentent de proposer des solutions alternatives, soit par des individus convaincus qui résistent faisant le choix de la sobriété. Or, même si les controverses sont palpables, les attitudes et les comportements ne semblent guère faire changer les choses ou alors de façon trop marginale. Ce livre rejoint en grande partie ces réflexions. Toutefois, s'il part du postulat que nous sommes piégés par d'énormes contradictions qui renvoient à des formes de pensées issues de notre monde moderne, il relève que les politiques locales sont bien souvent inappropriées. Sous forme de vingt-quatre lettres, il se propose de mettre en évidence quelques-unes de ces ambivalences, centrées sur six thématiques : l'appropriation, les ressources, la démocratie, l'aménagement, les mythes et les sens. Cette quête nous amène à penser qu'inexorablement nous sommes pris dans un engrenage dont il est difficile de nous extirper, à moins d'élaborer une critique de la gestion locale de l'environnement.