Daniel Boulanger
Daniel Boulanger
Dans une ville sans nom, la lumière se fait rare et les ombres s’étirent. L’ombre de Daniel Boulanger nous entraîne dans une déambulation poétique et mystérieuse, où chaque lueur d’allumette éclaire un visage, une histoire, une vérité fugace.
" Menée selon une démarche d'historien cette synthèse remarquable permet de comprendre cette période charnière sans privilégier une seule approche et sans se cantonner au territoire européen. " Le Figaro HistoireLe conflit mondial de 1914-1918 ouvre tragiquement le xxe siècle. Sondant les mentalités, l'action des chefs comme des humbles, des civils comme des militaires, interrogeant les attitudes de ceux qui décident, autant que de ceux qui vivent la guerre dans le froid des usines ou dans la boue des tranchées, François Cochet englobe toutes les dimensions de ce conflit total. Synthèse d'ampleur refusant de céder à une lecture partisane et exclusivement hexagonale, l'ouvrage répond ainsi à toutes les questions sur cet affrontement dantesque. " Ce livre demeure la meilleure synthèse disponible en français sur ce qui fut la première hyperguerre. "XXe Siècle " Menée selon une démarche d'historien, cette synthèse remarquable permet de comprendre cette période charnière. "Le Figaro Histoire
Dès le chant du coq, Daniel Boulanger se met au travail, en artisan heureux. Les seize nouvelles qu'il nous donne aujourd'hui sont toutes éclairées par le reflet de ce bonheur fait d'angoisse, de lucidité, d'observations minutieuses. Ainsi se fait-il le porte-parole ou le témoin des vies les plus singulières : celle d'un humble et tendre ventriloque, d'un commissaire de police douloureux, d'une vieille fille hors du commun, d'une veuve, les uns et les autres toujours situés en porte à faux. S'il nous fait rire par ses étincelants traits d'écriture et son féroce humour, par la cocasserie des situations, il nous branche également - et dans le présent ouvrage plus encore que dans les précédents - sur les vertigineux à-pic de la psychologie des humbles, là où l'on finit par toucher les limites du néant, du meurtre, de la folie. Et n'oublions pas la guerre pleine de noires merveilles où seul se sauve du désastre celui qui ne possède que les routes.
"Ces courts récits tournent dans une lumière sensuelle. De l'enfance à l'âge d'homme, de la campagne à la ville, du monologue au dialogue, tout est sensation. Au plaisir des cinq sens s'ajoute la gloire d'un sixième qui les domine et les mêle, et qui est la volupté littéraire. Le merle siffle, s'arrête, recommence, sans ordre et sans prêche, dans l'immédiat, dans l'instant. Le gaspilleur ! Ainsi va l'homme en qui chante tout à coup un souvenir, perce une idée, éclate une image. Toujours surpris. Jamais à l'endroit où d'autres croient qu'il se trouve. Ces nouvelles sont autant de nids. Il y en a d'abandonnés. Il y en a de cachés, pleins d'oeufs et de duvet. Il y en a qui attendent le lecteur pour s'achever."
Le comte Louis Palot de Fissat rêve plus qu'il ne travaille dans l'agence immobilière héritée de son grand-père. Au-dessus d'une cheminée où l'on ne fait jamais de feu : un paysage breton, beau ou laid, selon, et qui a satisfait tous les besoins d'évasion des Fissat. Louis tente en vain de s'arracher au sortilège de ce tableau en cherchant l'aventure dans des quartiers mal famés de Paris, en l'évitant lorsqu'elle survient...
Dans l'affaire du Bar du Pneu, à Paris, Omer a poignardé son ami Jos, vingt ans comme lui. Légitime défense ? Il ne saurait le dire et retourne à Anvers chez la veuve Bugle, instigatrice du coup. La redoutable et fascinante Célesta Bugle possède La Poupe et la Proue, une boîte près des docks. Omer, l'enfant trouvé, va connaître là d'inquiétantes délices. Plus tard, entre quatre murs, il notera son histoire, avec humour. L'écriture sera sa rédemption et lui rendra la raison qui, dit-il, s'amuse à souvent mettre un masque de folle, mais la veuve Bugle, la démentielle Célesta, reste à jamais l'étoile de ce nocturne.
Voici un livre d'amour. Chacune de ses pages se confond avec une rue, une place, un passage, une maison, un jardin de la ville. L'auteur y traque ses souvenirs et les secrets de ses concitoyens. Il y en a de toutes sortes, tendres ou scabreux, violents ou drôles, amers ou voluptueux, et comme les remparts sertissent le dédale des rues, le style de l'auteur fait de ces pages le plus surprenant des bijoux baroques.
"La ville où le moindre passant est un centaure, toute ombre une sirène et le plus banal amour celui de la hautaine licorne n'est pas facile à trouver sur la carte. Elle date pour chacun de nous de la naissance du monde. Ses pierres connaissent la défaite, mais ses hommes non. Ils ont la fraîcheur de l'herbe." D. B.
"Toute ville est Babylone. Videz-la de ses habitants pour les mettre dans un livre, avec leurs parties fines et leurs drames, les murs s'effondrent, mais il reste l'arbre du conteur. Asseyez-vous à son ombre mêlée de soleil et la cité va renaître au chant des feuilles, selon le plan que vous déciderez." Quinze nouvelles : quinze fragments libres du monde d'un écrivain cruel et tendre, d'un enchanteur qui transfigure jusqu'aux plus humbles personnages : vieux célibataire sentimental, adolescents naïvement libidineux, petite bonne soumise aux appétits de son patron, couple lassé d'homosexuels, guérisseur douteux, évangéliste analphabète, centenaire plus que vivace, et tant d'autres.
Il arrive que l'on cherche ses lunettes, et on les a sur le nez. Le jeune avocat, héros de cette histoire, est en quête d'amour, et il l'a sous la main ! Sa dernière distraction sera ce voyage vers le bonheur sous le couvert d'un festival dans une ville que le soleil brûle jusqu'au rêve. Les femmes lui en feront voir de toutes les couleurs. Cette chronique pourrait s'intituler : Variations sur le désir, ou : Plaidoyer pour un coeur en travail.
Dans la continuité d'Images, mes catins, Le tremble et l'acacia, A quatre épingles, A dire vrai, Faubourg des fées, Oboles et Fenêtre mon avenir, voici un nouveau volume des poèmes de Daniel Boulanger. Ces courts textes, « définitions imagées », selon leur auteur, nous touchent d'autant plus que leur sobriété provoque le jaillissement des images dans une intensité rare.
Dans la continuité d'Images, mes catins, Le tremble et l'acacia, A quatre épingles et A dire vrai, voici un nouveau volume des poèmes de Daniel Boulanger. Ces courts textes, « définitions imagées », selon leur auteur, nous touchent d'autant plus que leur sobriété provoque le jaillissement des images dans une intensité rare. bonheur ô portant beau locataire de mes ruines nous nous contons parfois nos frasques sur la terrasse du passé la lampe éteinte a traduit les prophètes le monde s'est détruit le temps s'arrête mais il y eut la rose dans un verre éclair l'abattoir du ciel s'ouvre dans l'angle mort l'amour s'offre au tueur
Daniel Boulanger est l'un des écrivains les plus importants de ce temps. Son oeuvre, nombreuse et multiple (quelques 50 titres), s'épanouit surtout dans le roman, le poème, le théâtre, la nouvelle. Il est aussi célèbre comme acteur de cinéma. (Ascenseur pour l'échafaud, de Louis Malle, entre autres films fameux). Après Images, mes catins et Le tremble et l'acacia, voici les troisièmes « retouches » de Daniel Boulanger. Le soir vendeur de jades Au fond des rues en étagères En a pour tous les goûts Des nées du lieu des étrangères Près ou non de leurs sous Et des amants en promenade Mais indécis décidez-vous Fragile est sa parade Un drôle avec son lance-pierres L'a choisie pour ses coups
Le ciel de Bargetal, dans la baie de Somme, est l'un des plus beaux du monde. Au point que le peintre Quentin Braquart, natif du coin, en fait son motif unique. A l'enseigne de l'Etoile de Mer, le couple ne pense qu'à cette industrie et ne s'occupe guère de son fils Manuel, placé comme garçon à tout faire à l'hôtel Conquette, juste à côté de la galerie. Manuel ? Un jeune homme disponible qui pour tout s'en remet au hasard. De Bargetal à Paris, chauffeur puis fleuriste, amoureux trop vite éconduit avant que de rentrer à Bargetal pour devenir fossoyeur - le plus jeune fossoyeur de France - Manuel plaît à tout le monde. Mêlant humour, cocasserie, et gravité tantôt feinte, tantôt réelle, le Ciel de Bargetal se double d'une histoire qui met en scène l'auteur de ce roman. Comme tout le monde, il accédera à la paix dans la contemplation de ce ciel inoubliable. L'oeuvre de Daniel Boulanger, nombreuse et diverse, quelque cinquante titres, s'épanouit dans le roman, le poème, le théatre, la nouvelle, les scénarios et dialogues de films. Il a joué dans des films de Godard et de Truffaut, A bout de souffle et La mariée était en noir, entre autres films fameux.
Zoé la cartomancienne meurt, remplacée dans sa roulotte par sa nièce Marthe qui, bien que dépourvue des dons de voyante, s'emploie à prédire à la clientèle et selon sa fantaisie (qui est grande) un avenir heureux. Elle vit avec Marcel, paresseux qui se fait tour à tour pompiste, agent immobilier, acteur publicitaire pour échapper au chômage. Tous deux s'aiment passionnément dans l'alternance des coups et des étreintes, entre les visites des clients les plus singuliers tels que Dupérier le tendre, Polard le traqué, la belle Liverpool guettant l'héritage d'un oncle d'Angleterre, bien d'autres ! Ce monde hétéroclite et grouillant, assoiffé d'en savoir long sur l'avenir intouchable, joue à mentir joyeusement et jette la poudre aux yeux pour masquer la terne réalité de la vie. Ainsi la roulotte de Tante Zoé devient-elle une sorte de théâtre où se déroule un vaudeville grave avec ses tours de passe-passe, ses trahisons pour pleurer et rire, ses dérobades incessantes. Un style étincelant et drôle fait de Daniel Boulanger, violent éclairagiste de cette foire, un sorcier de l'écriture.
Qui n'a pas eu l'envie de détruire les témoins de sa faiblesse, et le Créateur qui a tout pensé, tout pesé, soudé la mort à la vie, n'a-t-il pas lui-même commis le crime parfait ? Quelle cité n'a pas un toit pour la victime et l'assassin, le sage et l'imbécile, la buse et l'alouette, le comptable et le conteur, le phallique et l'eunuque, et la ribambelle de bizarres qui font les fous à l'intérieur de chacun ? Quel cocher pervers les a embarqués dans le panier à salade et, la pipe au bec, les oublie dans sa fumée ? Les voici qui traversent Saint-Bastin au bord de la mer picarde, l'une des villes de mon libre tour de France. Comme les autres elle jette les feux d'un monde qui s'éteint. Daniel Boulanger.
Vingt-sept nouvelles de Daniel Boulanger. Rapides et brèves esquisses comme le premier texte, Fouette, cocher !, qui donne son titre alerte et cinglant au recueil... Des personnages humbles, provinciaux dont le destin semble anodin, sont campés en quelques pages. Ils ont presque tous une vie cachée et, à leur suite, le lecteur chavire dans leurs rêves, leurs fantasmes, dans l'au-delà. On trouve un cocher de fiacre, un notaire, un camarade de guerre, une cartomancienne, un pharmacien, un P.-D. G., un oiseleur, et bien d'autres encore... Sous la plume de Daniel Boulanger la réalité est aussi fascinante et envoûtante que le tableau de Paysage blanc qui clôt le recueil et recèle des richesses incomparables. Prix Goncourt de la Nouvelle.
Quatorze nouvelles de rythmes, d'éclairages et de tons divers. À travers de multiples personnages aux destins originaux, Daniel Boulanger nous dit comme toujours son amour un peu fou de la vie, son goût des choses et des êtres. Par ses traits aigus, ses raccourcis, il nous force à voir toutes les facettes du monde. Il souligne les paysages et les âmes, les plaisirs et les malheurs et toutes ces singularités passionnantes que nous prenions par mégarde pour la grisaille de la vie.
Sans souci du qu'en-dira-t-on, délibérément à l'écart, mais sans orgueil, la cité d'Aussoy-sur-Orbe suit le conseil de Florian : 'Pour vivre heureux vivons caché.' La célébrer, c'est donc lui déplaire. Le miroitier Médard offre à chacun de ses concitoyens le miroir qui lui convient. Le sien, venu de sa famille, lui joue pourtant des tours... Il finit par avoir des doutes et des remords. Sa mère lui aurait-elle menti ? Le bonheur de tous ces drôles qui aiment tant se regarder est alors en danger. L'épouse Médard, danseuse polonaise en rupture de frontière, la seule étrangère, va sauver la ville. Elle sait que le mensonge est indispensable à la vie. Aussoy-sur-Orbe gardera son tic-tac intime, montre glissée dans un corsage polisson, loin du bruit, des honneurs, des charités truquées, des glorieux desseins et des désastres.
Talbard la jurassienne a remporté le prix de 'La ville amène'. Il ne s'y passe rien que d'aimable, rien que de secret, jusqu'au jour où l'on vient y tourner un film à prétention tragique. Les habitants sont appelés à faire de la figuration. À cette annonce parue dans L'Informateur burgonde répond aussi une jeune femme des environs. Ainsi naîtra l'actrice, puis la comédienne Huguette Nacre, un nom qu'elle s'est donné et qu'elle rendra célèbre. Huguette aura de singulières façons d'apprendre à jouer, d'entrer dans la peau des autres. Par chance Talbard abrite des créatures qui s'y prêtent. Pendant quelques jours la cité tranquille est sens dessus dessous. Si Talbard tient à perdre la mémoire de cette révolution, la Nacre en garde le souvenir. La photographie des Talbardais sur les marches du théâtre a jauni, mais elle est toujours dans la loge parisienne de l'artiste. C'est son porte-bonheur.
Hommage à Héraldine ! Maîtresse d'elle-même et de l'Histoire, elle illustre cette manipulation des faits qui n'étonne plus personne. Elle sait que le boniment est le sel des jours et que l'Histoire est la nôtre : chacun doit la faire à son gré. Allant jusqu'à tourner à profit les dérives de sa santé, elle ignore le qu'en-dira-t-on et partage la réflexion de Montaigne : 'Je pense qu'il faut se prêter aux autres et ne se donner jamais qu'à soi-même.
Découvrez le scénario du film Le roi de coeur Avant d'évacuer Marville, en 1918, les Allemands dissimulent une charge d'explosifs dans la cathédrale. Avertis, les alliés chargent le soldat Plumpick d'en trouver la cachette. Tous les habitants de cette ville du nord de la France ont déserté leur maison, laissant derrière eux les fous d'un asile et les animaux du zoo. Ces pauvres êtres se débrouillent comme ils peuvent. Les animaux vont et viennent dans les rues tandis que les fous donnent libre cours à leur imagination en s'installant dans les maisons.
Faisant suite à L'Esplanade (2010), Fenêtre mon navire (2008), Oboles (2006), Faubourg des fées (2004) ou bien encore A dire vrai (2003), ces nouvelles Retouches nous touchent par leur brièveté et la fulgurance de leurs "définitions imagées".« La beautésans rien de trop mais quelque chose en plussans usage des us et sur place au galop »
Dans la continuité d'Images, mes catins, Le tremble et l'acacia, A quatre épingles, A dire vrai, Faubourg des fées, Oboles, voici un nouveau volume des poèmes de Daniel Boulanger. Ces courts textes, « définitions imagées », selon leur auteur, nous touchent d'autant plus que leur sobriété provoque le jaillissement des images dans une intensité rare. Retouches à la bourrasque devant les fleurs du paravent blessées de jeux autrement traîtres dans le blanc lit de la fenêtre les arbres font l'amour au vent
Samedi 15 mai 1993, 7 heures du matin. Daniel Boulanger fait irruption dans la salle de classe de la maternelle de Neuilly. Au moment où « Human Bomb » ouvre un oeil, Boulanger tire trois fois sur cet homme cagoulé et bardé d'explosifs, qui détient en otages depuis maintenant 46 heures six fillettes de quatre ans. Trois coups de feu qui résonnent encore dans sa tête et lui ont valu d'abord les honneurs et, rapidement, les pires démêlés avec la justice. Daniel Boulanger, « Dan Baker » comme le surnomment ses collègues, a passé vingt ans au RAID (groupe Recherche Assistance Intervention Dissuasion). Pilier de cette unité d'élite, il nous fait vivre de l'intérieur cette intervention et nous raconte aussi ses missions « spéciales », de la lutte antiterroriste - le jour où il a pointé son viseur laser sur la poitrine de Jean-Marc Rouillan, leader historique d'Action Directe dans la ferme de Vitry-aux-Loges ; l'arrestation du numéro un de l'ETA-Militaire, dans une maison du Pays Basque - aux interpellations à hauts risques de braqueurs, de forcenés ou d'assassins, au petit jour, en silence. Daniel Boulanger raconte les éclats de rire mais aussi les tragédies et les amis tués en intervention. « Dan Baker » vient de quitter la police après 35 années de service.
Dans la continuité d?Images, mes catins, Le tremble et l?acacia, A quatre épingles, A dire vrai, Faubourg des fées, voici un nouveau volume des poèmes de Daniel Boulanger. Ces courts textes, « définitions imagées », selon leur auteur, nous touchent d?autant plus que leur sobriété provoque le jaillissement des images dans une intensité rare. ? ?Retouches à la compréhension ? ?Ta voix de tout s?irrite ?Qui tant aimait m?entendre ?Ton oeil même m?évite ?Dès que je deviens tendre ?Tu ne veux plus répondre ?Et vrai le pourrais-tu ?Un oeuf n?est pas à tondre ?Déjà me disais-tu
« Espionne et danseuse qui troubla ma jeunesse et mon âge d'homme, depuis toujours j'ai rêvé d'écrire la naissance d'Augusta Friselli, mais il paraît que l'on ne peut tâter de l'Histoire qu'après la maturité, dans le calme et le rassis. Il n'en est rien. L'impatience augmente avec les ans. La Friselli en était à m'exaspérer quand le hasard m'offrit les services d'un de ces nègres littéraires qui donnent de très beaux reflets à l'amertume. Romain Marquenterre, nègre de première classe, d'une curiosité sans égale qui le fait mener la chance par le bout du nez, devint mon portable, moi qui n'en ai jamais eu, et ma belle espionne finit par danser sur sa longueur d'onde. » Daniel Boulanger
« J'ai toujours eu de bons rapports avec mes rêves. Ils m'ont éclairé sur les monstruosités du jour. Ce texte est un hommage à celui d'une nuit. Je l'ai noté jusqu'au point et virgule. C'est épatant de n'avoir rien à inventer. » Daniel Boulanger présente ainsi son dernier roman, récit onirique conté par un dramaturge de fiction, Jean-Marie Pludin. Quelque chose ne tourne pas rond du côté de Notre-Dame de Lorette, à Paris. Depuis cinq ans, des jeunes filles, jolies et discrètes, disparaissent. Le dernier message qu'elles adressent à leurs proches respire la félicité : posté de Laherche, bourgade paisible du Berry, terre de sorcières, il est écrit au dos d'une carte postale, toujours la même. Elle représente « Le Paradis », un tableau envoûtant du peintre méconnu Jules Poquet... Cette toile invitant à la béatitude est exposée à Laherche, dans la maison-musée de Poquet, à la fin d'un parcours artistique ne présentant que des images d'horreur. Les disparues ont apparemment toutes visité ce lieu étrange... Voici les seuls éléments dont disposent, Quai des orfèvres, le commissaire Larret et son adjoint, héros de ce vrai-faux roman policier, habile et décalé. A Paris, à Laherche, des témoins connus ou inconnus viennent à eux, livrant une miette de l'histoire. Ces personnages hauts en couleur se révèlent tous liés. Le soir de la représentation de la dernière pièce de Pludin, les policiers effarés constatent que le décor est celui du « Paradis » et retrouvent dans le public l'ensemble de leurs interlocuteurs...
Dans la continuité d'Images, mes catins, Le tremble et l'acacia, et A quatre épingles, voici le quatrième volume des " retouches " de Daniel Boulanger : de courts poèmes qui font effet de vérité, " des définitions imagées " selon les mots de l'auteur, où l'art de la simplicité et la brièveté étonnent, où la fulgurance de l'image, contrairement à celle du haïku, éclate hors de la forme fixe. retouche à la fidélité à la table basse de la lumière la vieille ravaude le ciel sur une chaise de jardin d'un cadre au fond de la fenêtre son défunt la regarde face à la nuit qui vient dans les cent mille nuits toujours le même il lui sourit retouche à la faim sa main entre les dents place de la Miséricorde l'assis lève la tête souple dans son manteau de brique
Il n'y a pas d'âge pour les faits divers. Dans la paix provinciale de Bouvergues, trois octogénaires s'entretuent par jalousie. Mais ces vieillards amoureux sont aussi les comédiens d'un soir, choisis à l'hospice local par la comtesse Isabelle de Bandoeuvre pour animer le théâtre de la ville. La pièce jouée est de feu Corneille Desjardins, dramaturge mystérieux, qui a légué à la comtesse une malle en osier pleine de manuscrits. Qui interprétera donc L'hiver au paradis avec assez de vraisemblance pour mourir en scène ? Qui survivra au feu de l'actrice Loulou Lamballe, si belle, et aux intrigues de Madame de Bandoeuvre ? Il n'y a pas d'âge, aussi, pour confondre la vie et les chimères du théâtre. Comme le dit Daniel Boulanger, dont les reparties brillantes et la drôlerie accompagnent ici ses personnages attachants, fragiles, à côté de la vie, jusqu'à leur crépuscule : "On croit, à l'ordinaire, que les sentiments s'émoussent avec l'âge, que passé l'automne l'hiver nous emmure. On nous range au placard. Nous ne sommes plus que des balais pour mettre en petit tas la poussière des souvenirs. Vous voyez que non. L'extraordinaire désir vibrionne encore.".
Assommé en plein Paris, lesté de son portefeuille et de son alliance, abandonné sur le trottoir d'une pharmacie à l'autre bout de la ville, le héros de cette histoire joue avec sa mémoire pour retrouver l'éblouissante Hélène découverte sur un coup de foudre, suprême fantaisie du jeu d'amour (« je le dis tout net, j'avais envie de la déshabiller et sans un mot d'entrer en elle »). Ce Philippe-Elie vend des tapis. Cette Hélène parle dans les amphithéâtres des chefs-d'oeuvre de la peinture. Ils se déplacent ensemble à deux roues sur une grosse cylindrée, mais comme tout le monde, et dans les paysages qui en font autant, ils jouent à cache-cache...
Le tremble et l'acacia fait suite aux premières « retouches » parues chez Grasset en novembre 1999 : Images, mes catins. Il s'agit de courts poèmes libres, étranges, intérieurs, magnifiques. dans un balancement de saule le mauve passe à l'ocre un papillon plié reprend l'extase despote souriante suivie de mages et d'ibis la mort efface ses rébus