Daniel Mesguich
Daniel Mesguich
Comment dire, comment penser le théâtre ? Sans doute y a-t-il dans cet art universel une part d'insaisissable par les mots, d'irréductible à l'écrit, celle de la scène, d'un temps partagé entre acteurs et spectateurs. Mais relevons le défi. Et proposons deux regards plutôt qu'un : un universitaire historien du théâtre, Alain Viala, et un homme de théâtre, acteur et metteur en scène, Daniel Mesguich. Chacun à sa manière, chacun depuis sa pratique, ouvre une fenêtre de la maison « théâtre ».De ce faux dialogue, par le frottement de ces deux logiques - l'un transmet et structure des connaissances sur l'art dramatique, l'autre l'apostrophe, l'enrichit, le contredit, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives - naît un texte qui place le lecteur au plus près de l'expérience théâtrale.
Daniel Mesguich est tout à la fois metteur en scène, comédien, acteur et professeur d'art dramatique... Il parle ici admirablement de cet art dont il est un des maîtres incontestés." Le théâtre est rayonnement sans borne, éternellement infini dans tous les univers, mais ce rayonnement est éphémère. Il vise à l'éternité, mais ne dure chaque fois que deux heures, c'est-à-dire à peu près zéro seconde... Rien ne persiste, pas de traces, rien ne reste. La seule chose ineffaçable, absolument ineffaçable - même quand le soleil, notre étoile, ayant commencé de s'éteindre, il n'y aura plus personne dans l'univers pour s'en souvenir -, la seule chose irrattrapable, même par un dieu tout puissant, c'est le futur antérieur. C'est que ça aura eu lieu... Oui, comme la vie. " Daniel Mesguich
Daniel Mesguich a rassemblé ici un ensemble de ses textes (préfaces, postfaces, programmes de théâtre, discours) parus sur le théâtre ou son expérience de metteur en scène qui témoignent de 40 ans de théâtre. Un "enseignement" qu'il semblait important de livrer aux générations futures : "Et tous ces textes, à la teneur tantôt polémique, tantôt politique, tantôt philosophique, tantôt critique, tantôt "artistique", etc., écrivaient, m'a-t-il semblé, et décrivaient, ma vie, mes pensées, mes actions, mieux, beaucoup mieux, que ne l'aurait fait quelque dissertation homogène et continue. Cet ensemble de textes [...], voici que, mis en bouquet, ils se faufilaient, se traversaient, se brochaient l'un dans l'autre, rejaillissaient l'un sur l'autre, se recoupaient l'un l'autre [...], se révélaient - en creux - comme un seul texte, un seul tissu de transmission. Un recueil, véritablement."
Daniel Mesguich a rassemblé ici un ensemble de ses textes (préfaces, postfaces, programmes de théâtre, discours) parus sur le théâtre ou son expérience de metteur en scène qui témoignent de 40 ans de théâtre. Un "enseignement" qu'il semblait important de livrer aux générations futures : "Et tous ces textes, à la teneur tantôt polémique, tantôt politique, tantôt philosophique, tantôt critique, tantôt "artistique", etc., écrivaient, m'a-t-il semblé, et décrivaient, ma vie, mes pensées, mes actions, mieux, beaucoup mieux, que ne l'aurait fait quelque dissertation homogène et continue. Cet ensemble de textes [...], voici que, mis en bouquet, ils se faufilaient, se traversaient, se brochaient l'un dans l'autre, rejaillissaient l'un sur l'autre, se recoupaient l'un l'autre [...], se révélaient - en creux - comme un seul texte, un seul tissu de transmission. Un recueil, véritablement."
« Fracasse » s'élève comme une véritable rêverie scénique, inspirée du roman emblématique de Théophile Gautier, mais transcendée par la vision singulière de Daniel Mesguich. Sous sa plume et face au micro, ce récit devient une épopée théâtrale d'une rare intensité, un texte versifié où jaillissent des instants d'une puissance saisissante. Dans cette « adaptation » libre et audacieuse, Mesguich déploie une invention fascinante : la troupe d'acteurs cède la place à une assemblée de spectres, des « spectracteurs » illustres, vibrants d'un désir brûlant de revivre. Ces présences énigmatiques appellent à elles le jeune baron de Sigognac, l'entraînant dans une résurrection poétique où l'art agit comme une force contagieuse, ravivant la vie avec une fulgurance presque miraculeuse. Cette approche force l'admiration en célébrant le théâtre dans son essence : un lieu où se rencontrent vertige d'éternité et conscience de la finitude. Ce dialogue entre l'éphémère et l'immuable confère à l'oeuvre une profondeur bouleversante. La mise en scène sonore de Maxime Richelme, d'une qualité remarquable et digne des plus grands films de cinéma, immerge pleinement l'auditeur et transforme l'oeuvre en une expérience sensorielle intense. Enfin, en tant qu'interprète, Daniel Mesguich déploie une virtuosité remarquable, incarnant avec une intensité rare l'ensemble des figures de la pièce. Il signe ici une performance magistrale, à la fois habitée, généreuse et profondément inspirée. Claude COLOMBINI FRÉMEAUX
Théâtre, cinéma, opéra, télévision, littérature... Mais qui est donc Daniel Mesguich ? Un comédien d'exception, sur les écrans et sur les planches, qu'il brûla sans complexe dès l'âge de 21 ans dans Le Château d'après Kafka, mis en scène par ses soins.Les auteurs qu'Il monte, d'Euripide à Claudel, sont les classiques d'hier (Shakespeare, Racine, Marivaux, Kleist, Tchekhov...) ou d'aujourd'hui (Sartre, Duras, Brisville, Dubillard, et Hélène Cixous). Il a aussi fait la mise en scène d'une quinzaine d'opéra, parmi lesquels Le Grand macabre de Ligeti ou le Ring de Wagner, a dirigé, outre sa compagnie, deux grands théâtres nationaux et, depuis 2007, le Conservatoire national supérieur d'art dramatique.Acteur inaltérable, metteur en scène effervescent, auteur audacieux, Daniel Mesguich est tout cela.Au fil de ces entretiens, il évoque notamment son enfance à Alger, ses premier émois de théâtre à Marseille, l'exemple de Gérard Philipe ou d'Antoine Vitez, sa découverte de Tintin, Sartre, Camus, Brassens, Ferré ou Bob Dylan, mais aussi bien de Borges ou de Derrida, ses festivals d'Avignon, son expérience à la télévision, les vertus comparées de l'Opéra de Paris et celui de Pékin, ses rencontres avec Ariane Mnouchkine, François Truffaut, James Ivory, et Alain Robbe-Grillet, ou encore son enseignement au Conservatoire .
Figure iconoclaste et romantique de la scène théâtrale, Daniel Mesguisch dérange et séduit. Le passeur incandescent, l'interrogateur passionné des textes n'a jamais cherché le juste milieu. Il lui préfère l'audace, le mouvement perpétuel, qu'illustre parfaitement son parcours « d'homme pressé » et d'agitateur d'idées.De son entrée au Conservatoire national supérieur d'art dramatique en 1970, à vingt ans à peine, à sa mise en scène du Château de Kafka, qui le révèle à lui-même, il a construit un univers où l'on croise aussi bien Vitez ou Debauche que Sartre ou Derrida. Il va vite s'imposer comme l'un des grands noms de l'avant-garde, comédien, penseur et metteur en scène, en un temps où le théâtre est au coeur des débats philosophiques et sociétaux.Aujourd'hui à la tête du Conservatoire, il continue de bouleverser règles et codes, soucieux d'une exigence intellectuelle et artistique, mais aussi fidèle au meilleur des traditions. C'est cette vision idéaliste et ambitieuse qu'il dévoile à Rodolphe Fouano, au fil d'une conversation où il évoque sa formation, ses maîtres, ses combats et ses admirations. Mais aussi sa soif d'apprendre, toujours et encore, se révélant un homme de pensée et d'engagement humaniste.