Daria Marx
Daria Marx
"C'est comme si j'avais encore 8 ans dans les yeux des gens, comme si être victime et l'assumer me condamnait au rôle de statue commémorative, on l'admire de loin les premières années, et puis les chiens pissent dessus sans que ça dérange, c'était y a longtemps tout ça. Mon corps comme un monument aux morts d'une petite ville de province, sommé de se faire beau pour les grandes occasions, pour témoigner, pour porter la cause, mais globalement oublié, envahi par la mousse, mausolée. Je refuse la tombe, pour moi, pour la petite fille, pour toutes les autres." Elle avait rendez-vous aujourd'hui pour porter plainte contre son grand-père, qui l'a agressée sexuellement durant son enfance, mais il vient d'être annulé. Alors elle décide d'aller tuer le vieux, là, tout de suite. Dans ce train vers le Pays basque, elle échafaude son plan : quand elle sera de nouveau face au vieux, qu'arrivera-t-elle à dire ? Et surtout, à faire ? Avec une écriture qui tempête et cavale, ce premier roman déplie, en une journée, tout un voyage intérieur et physique tendu jusqu'à son dénouement.
Un nouveau titre dans la collection « 10 questions sur ». Daria Marx s'attaque au sujet de la grossophobie qu'elle a contribué à faire émerger et pour lequel elle milite activement depuis de nombreuses années. En 10 chapitres, elle revient sur les origines de la discrimination des gros·ses, sur les mouvements de lutte qui se sont mis en place, sur l'illusion de la révolution body-positive et les grandes figures de la lutte contre la grossophobie. Plusieurs chapitres abordent la question médicale, qui est centrale, notamment l'accès aux soins et le business juteux de l'amaigrissement. 20 % de la population française est en surpoids, mais tout le monde veut cacher les gros dans l'espace public. Le gras est acceptable seulement quand il est contrôlé. Daria Marx est une écrivaine et une militante féministe. Elle a fondé le collectif Gras politique afin de dénoncer la grossophobie ambiante. Elle est l'autrice de Gros n'est pas un gros mot : chroniques d'une discrimination ordinaire (Flammarion, 2018). Un documentaire diffusé sur France 2 lui est consacré, Daria Marx, ma vie en gros (2020).
On fait quoi de toute cette colère pour qu'elle ne nous bouffe pas ? La colère n'est pas toujours acceptée par celles.ceux qui la ressentent et celles.ceux qui la reçoivent. Pourtant, s'il y a un sentiment universel, c'est bien celui-ci. Dans nos sociétés patriarcales, elle est d'autant plus étouffée et silenciée lorsqu'elle concerne les personnes minorisées. On les culpabilise, on les pousse à l'intérioriser et à la faire taire. Pour ouvrir le débat et aider chacun.e à reprendre le contrôle de sa colère, à se la réapproprier, plusieurs autrices prennent la plume pour livrer des textes intimes et prenants. Sous la direction de Pauline Harmange et accompagnées des poèmes de Kiyémis, Lucile Bellan, Douce Dibondo, Daria Marx et Fatima Ouassak, laissent s'exprimer leurs colères à travers leurs prismes intimes. Naviguant entre le témoignage et l'essai, cet ouvrage pluriel est là pour donner la place qu'elle mérite à cette émotion.
Ce mot ne figure pas dans le dictionnaire, mais il désigne un phénomène réel et ordinaire. Chaque jour, les gros sont victimes de discriminations : si vous pesez 150 kilos, vous aurez du mal à trouver un travail (vous êtes présumé fainéant), à vous habiller (les magasins ne vendent pas de vêtements en taille 60), à vous soigner (il faudra dénicher un cabinet équipé pour vous prendre en charge, et la bienveillance n'est pas toujours au rendez-vous), à prendre l'avion (peut-être devrez-vous réserver un second siège), à vous faire prescrire une contraception, mais aussi à avoir un bébé si l'envie vous en prend... Vous aurez du mal à vivre normalement. Nos préjugés sur les personnes grosses et les comportements qu'ils entraînent ont des conséquences parfois dramatiques. La grossophobie pollue toutes les sphères de la vie. Témoignages à l'appui, voici un tableau choquant et 100 % vrai de ce que vivent les gros, tout le temps, partout.