Édith Thomas
Édith Thomas
Comment les temporalités en émergence dans le contexte de nos activités quotidiennes, professionnelles et sociales changent-elles notre rapport au travail? Comment, dans un univers de l'emploi dont les frontières se sont progressivement effacées, les espaces et les temps sociaux se recomposent-ils? Les auteurs du présent ouvrage proposent une réflexion critique à partir de la double exigence qui transforme sans cesse ces frontières. Il y a celle des milieux, soit celle des environnements des entreprises privées et organisations publiques avec les contraintes d'organisation que génèrent leurs activités. Il y a aussi le défi pour les travailleurs qui, pour s'affranchir de ces contraintes, doivent imaginer et expérimenter des formes de conciliation entre les temps du travail, de l'épanouissement professionnel, ainsi que les temps sociaux et familiaux. Ce livre met en dialogue - pour tout lecteur issu du domaine de la sociologie, de l'entrepreneuriat, de l'économie, des sciences politiques ou autres - des enquêtes menées dans différents milieux du travail. Il va au-delà de la simple présentation de la variable temporelle et de ses incidences sur les réarrangements institutionnels et intuitifs des tâches dans les organisations; il tente de dresser un état des lieux des temporalités contemporaines qui ont progressivement reconfiguré l'emploi et les activités professionnelles telles qu'elles prennent forme aujourd'hui. Fractionnement des temps professionnels, dilution des frontières traditionnelles des horaires, brouillage de temps sociaux autrefois cloisonnés, mais aussi espace de travail et espaces sociaux et familiaux: autant de variables dont la prégnance semble incontestable sur notre rapport au temps et au travail. Diane-Gabrielle Tremblay est professeure à l'Université TÉLUQ et directrice de l'Alliance de recherche universités-communautés (ARUC) sur la gestion des âges et des temps sociaux. Sid Ahmed Soussi est professeur au Département de sociologie de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et membre du Centre de recherches sur les innovations sociales (CRISES) - axe travail et emploi.
Bientôt à la mi-temps de sa vie, une femme se penche sur son passé, pour dresser le « bilan de son existence », où elle ne voit d'abord qu'une suite d'échecs. Déçue par des aventures sans lendemain, Aude avait pourtant cru trouver en Stevan le compagnon idéal qui mettrait fin à cette errance des sentiments. Mais, peu à peu, la narratrice découvre que Stevan, à travers elle, ne recherche que le souvenir d'une autre maîtresse, morte pendant la guerre et par sa faute peut-être, dans de tragiques circonstances. Claude, jeune femme fantasque, aurait pu être aussi l'amour pur dont Aude rêvait. Après un printemps idyllique vécu à deux, Claude finira par s'éloigner à son tour, attirée vers un homme, mieux fait pour la rendre heureuse. Après ce second « échec », Aude sera bien près du suicide, mais il suffira du hasard, d'une rencontre imprévue, pour lui rendre son équilibre. En femme libre, elle décide alors d'avoir un enfant, un enfant sans père, fruit d'une union sans illusions. Ainsi son existence n'aura-t-elle pas été vaine. Aude transmettra le flambeau : ce sera la petite Anne, plus tard, qui devra « découvrir à la nuit un sens », à ses jours une raison, au bonheur un visage. Livre grave, livre pudique en dépit de certaines audaces de la pensée, livre dur et franc dans son réalisme dépourvu de concessions à la sentimentalité, le Jeu d'échecs n'en est pas moins, à sa façon, poignante et discrète, le chant d'espoir en sourdine d'un coeur blessé. Il témoigne d'une expérience, qui est une leçon de vie dans le courage de la lucidité.
Archiviste paléographe, formée par l'École des chartes, Édith Thomas s'est fait connaître d'abord comme auteure de romans. Rapidement engagée dans la presse de gauche pendant la guerre d'Espagne, membre active de la Résistance, au sein de laquelle elle fonde, avec Jean Paulhan et Claude Morgan, le Comité national des écrivains, elle adhère au Parti communiste en 1942 ; elle le quittera en 1949. Historienne et féministe, elle publie Les Femmes de 1848, avant d'enquêter sur le rôle des révoltées pendant la Commune. D'où son livre fameux Les "Pétroleuses" (1963). L'une d'elles, qui assume carrément ce terme injurieux infligé par les Versaillais, était Louise Michel, devenue une figure emblématique de l'insurrection parisienne de 1871. Dans cette biographie célèbre, jamais remplacée, Édith Thomas retrace la vie de cette femme hors du commun, avec sympathie mais aussi avec la rigueur qu'impose le métier d'historien, servie par une écriture de romancière. Comment la modeste institutrice Louise, qui s'essaie à la poésie et entretient une correspondance affectueuse avec Victor Hugo, est-elle devenue une combattante de la Commune ? Comment, après sa déportation en Nouvelle-Calédonie, s'est-elle lancée dans une infatigable campagne en faveur du socialisme anarchiste ? Édith Thomas raconte cette vie exaltée dans un ouvrage pionnier à tant d'égards. Paru en 1971, l'année du centenaire de la Commune, il était posthume : Édith Thomas l'avait achevé juste avant de mourir. Le voici réédité avec une préface inédite de Michelle Perrot.
Archiviste paléographe, formée par l'École des chartes, Édith Thomas s'est fait connaître d'abord comme auteure de romans. Rapidement engagée dans la presse de gauche pendant la guerre d'Espagne, membre active de la Résistance, au sein de laquelle elle fonde, avec Jean Paulhan et Claude Morgan, le Comité national des écrivains, elle adhère au Parti communiste en 1942 ; elle le quittera en 1949. Historienne et féministe, elle publie Les Femmes de 1848, avant d'enquêter sur le rôle des révoltées pendant la Commune. D'où son livre fameux Les "Pétroleuses" (1963). L'une d'elles, qui assume carrément ce terme injurieux infligé par les Versaillais, était Louise Michel, devenue une figure emblématique de l'insurrection parisienne de 1871. Dans cette biographie célèbre, jamais remplacée, Édith Thomas retrace la vie de cette femme hors du commun, avec sympathie mais aussi avec la rigueur qu'impose le métier d'historien, servie par une écriture de romancière. Comment la modeste institutrice Louise, qui s'essaie à la poésie et entretient une correspondance affectueuse avec Victor Hugo, est-elle devenue une combattante de la Commune ? Comment, après sa déportation en Nouvelle-Calédonie, s'est-elle lancée dans une infatigable campagne en faveur du socialisme anarchiste ? Édith Thomas raconte cette vie exaltée dans un ouvrage pionnier à tant d'égards. Paru en 1971, l'année du centenaire de la Commune, il était posthume : Édith Thomas l'avait achevé juste avant de mourir. Le voici réédité avec une préface inédite de Michelle Perrot.
Longtemps, au mot de "communarde" on a préféré celui de "pétroleuse", qui pourtant est une fiction. Une flétrissure misogyne qui raconte d'abord la façon dont on a dévalué, disqualifié et réprimé les femmes engagées dans la Commune de Paris au printemps 1871. En pionnière, Édith Thomas s'est attachée en 1963 à faire sortir de l'ombre ces femmes mobilisées pour la révolution sociale. Chartiste, elle a fouillé des archives fragiles et lacunaires, et excavé des traces qui n'avaient jamais été regardées comme des objets légitimes. En débusquant ce stigmate qui charrie une foule de représentations sur la violence féminine, et euphémise l'épaisseur politique de leur lutte pour déplacer les frontières de l'émancipation, l'autrice n'a pas seulement élargi l'histoire de la Commune de Paris. Elle a aussi enrichi l'histoire des féminismes. Figure centrale de la Résistance intellectuelle sous Vichy, qui fit elle-même les frais d'une puissante invisibilisation, Édith Thomas restaure les femmes de 1871 dans une souveraineté proprement politique, aux antipodes de cette image d'hystériques du baril à quoi les ont longtemps reléguées les récits habituels ou virilistes de la Commune de Paris.
Longtemps, au mot de "communarde" on a préféré celui de "pétroleuse", qui pourtant est une fiction. Une flétrissure misogyne qui raconte d'abord la façon dont on a dévalué, disqualifié et réprimé les femmes engagées dans la Commune de Paris au printemps 1871. En pionnière, Édith Thomas s'est attachée en 1963 à faire sortir de l'ombre ces femmes mobilisées pour la révolution sociale. Chartiste, elle a fouillé des archives fragiles et lacunaires, et excavé des traces qui n'avaient jamais été regardées comme des objets légitimes. En débusquant ce stigmate qui charrie une foule de représentations sur la violence féminine, et euphémise l'épaisseur politique de leur lutte pour déplacer les frontières de l'émancipation, l'autrice n'a pas seulement élargi l'histoire de la Commune de Paris. Elle a aussi enrichi l'histoire des féminismes. Figure centrale de la Résistance intellectuelle sous Vichy, qui fit elle-même les frais d'une puissante invisibilisation, Édith Thomas restaure les femmes de 1871 dans une souveraineté proprement politique, aux antipodes de cette image d'hystériques du baril à quoi les ont longtemps reléguées les récits habituels ou virilistes de la Commune de Paris.
Le portrait d'une femme admirable. Mona Ozouf, Le Nouvel Observateur Édith Thomas, chartiste, historienne et romancière, fut un être entier, épris de vérité et d'une liberté abrupte et revendiquée. Est-ce pour cela que l'Histoire ne lui a pas rendu justice ? Résistante de la première heure, elle rejoint la rédaction des Lettres françaises et le CNE après la mort de Jacques Decour. Elle en est la cheville ouvrière, celle qui assurait toutes les liaisons indispensables , écrit Claude Morgan. Dans le même temps, elle s'inscrit au PCF clandestin. Six ans plus tard, en pleine affaire Tito, elle est l'une des premières à en claquer la porte. 1952 : Paulhan publie sa Lettre aux directeurs de la Résistance. Édith Thomas, elle, rédige Le Témoin compromis. Elle y analyse au plus près son cheminement politique et existentiel au cours de la décennie écoulée. Qu'en était-il de la Résistance ? Qu'en est-il du communisme ? Qu'est-ce qui l'a menée à cette partition brutale avec ses camarades , alors que son adhésion au Parti avait tant signifié pour elle ? Les Éditions Viviane Hamy font reparaître son Jeu d'échecs, publié en 1970, quelques mois avant sa mort. La critique pointe alors la lucidité extrême de ce roman autobiographique qui propose [...] des éléments nouveaux à l'examen du paradoxe de la femme d'aujourd'hui. Il faudra s'y référer à l'avenir . Il était donc essentiel de rééditer ces Mémoires afin de mieux appréhender, soixante-dix ans après les faits, le rôle majeur que cette femme hors normes joua dans la Résistance intellectuelle et les années de l'immédiat après-guerre.
Lorsque tu m'as demandé, Stevan, si je t'écrirais, je t'ai dit que je répondrais à tes lettres, mais que je ne t'écrirais plus la première. Un soir que nous étions devant le feu, Claude me dit : Si j'étais un homme, je t'épouserais. Je m'entendis lui répondre : Si j'étais un homme, je t'épouserais, mais pas si j'étais une femme. Pourquoi ? Parce que nous sommes dans le temps. Parce que nous ne pouvons pas nous défaire du temps et que nous ne pourrions rien construire ensemble de durable. Si tu étais un homme et que je fusse une femme, je ne pourrais pas accepter d'être définie par toi. Il m'était douloureux de prononcer ces mots qui rompaient l'enchantement. Mais ce qui faisait le prix de notre rencontre, c'est qu'aucun mensonge ne pouvait se glisser entre nous, fût-ce au prix de notre déchirement. Dans ce Jeu d'échecs, publié pour la première fois en 1970, l'écrivain pratique une archéologie multiple, d'elle-même, de son époque et de sa psyché. L'alchimie entre sensibilité et intelligence à fleur de mots suscite le choc et le vertige. En lice pour le prix Mémorable 2018
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.