Edwidge Danticat
Edwidge Danticat
Chemins d'écriture et de vie se répondent dans cet essai atypique où se croisent expériences, enfances, maternités, lectures et résistances. Témoignage d'une mère à ses filles : exil, exclusion, amour, peur... pour dire la géographie constrastée du monde. À travers tumultes et triomphes, la littérature et l'art demeurent compagnons et guides fidèles. Toni Morrison, Paule Marshall, Gabriel García Márquez et James Baldwin... Nos solitudes rend hommage aux figures qui ont inspiré l'autrice et marqué son parcours. Elle fait appel à l'exigence de la vérité, de la mémoire afin de tracer les contours de demain. Nous sommes face à nos solitudes et cherchons ensemble les clefs.
Orpheline et fille de paysans, Célimène connaît les secrets des rivières et des plantes. Quand Zaken l’épouse, elle découvre l’exil, la lutte pour survivre et l’art d’inventer l’espoir. Un conte poignant sur la résilience et la quête d’identité.
A Villa Rose, un petit village côtier au Sud de Port-au-Prince, tout le monde se connaît. Une embarcation de pêcheur vient d'être emportée par une gigantesque vague et une enfant, Claire, a disparu. Elle venait d'avoir sept ans et de comprendre que son père envisageait de se séparer d'elle, qu'il aimait plus que tout au monde et qu'il élevait seul depuis la mort de la mère en couches, pour la confier à une femme aisée...Le destin est sans pitié pour les plus pauvres, comme en témoigne cette première histoire d'une série de récits enchâssés où alternent passé et présent, portraits nostalgiques d'un paysage paisible et scènes hallucinées de la violence qui ravage Haïti - celle des hommes comme de la nature : à la misère, aux fantômes et aux gangs font écho une chaleur qui fait éclater les grenouilles, des rivières qui sortent de leur lit et des arbres qui pourrissent sur pied...Villa Rose rappelle le Macondo de Gabriel Garcia Marquez, où il faut chaque jour faire triompher la vie sur la mort.
S'inspirant de l'essai homonyme de Camus, Edwige Danticat brosse le portrait d'artistes immigrés et d'intellectuels de tous pays, partagés entre la démocratie et la dictature, entre la liberté et la répression, entre la dette qu'ils ont envers leurs pays d'accueil et le sentiment de culpabilité qu'ils nourissent envers le pays de leurs racines, victimes de crimes qui les ont poussé à fuir, mais qui continue de hanter leur art. Portrait, mais aussi témoignage d'une situation politique qui perdure en Haïti. Histoire personnelle, mais aussi réflexion sur la création en exil, apportant la preuve qu'il n'est de vraie patrie, pour l'écrivain, que la littérature.
Amabelle Désir, une jeune Haïtienne, est au service de la Señora Valencia, une "Espagnole" dominicaine. L'une est noire, l'autre blanche. Elles ont été élevées ensemble, partageant chambre, jeux et secrets. Jusqu'à ce que Valencia épouse Pico Duarte, un officier de la garde de Rafael Trujillo, le terrible dictateur de Saint-Domingue. Alors, leur différence de couleur de peau et de classe est devenue réalité. Amabelle, depuis, se contente d'une paillasse où la rejoint, le plus souvent possible, Sébastien, un coupeur de canne à sucre häitien. Un matin d'août 1937, Valencia accouche de jumeaux, un garçon, Rafi, "la peau couleur de crème de coco", et une fille, Rosalinda, "la peau d'un bronze profond, à mi-chemin entre le brun des noix du Brésil et le salsifis noir". Deux enfants à l'image de la dualité de l'île d'Hispaniola, partagée entre Haïti l'Africaine et Saint-Domingue l'Européenne. Terrible confrontation qui s'achèvera, cette année-là, par le massacre de 20 000 Haïtiens, coupeurs de canne et domestiques. Edwidge Danticat, pour son deuxième roman, fait preuve d'une magnifique maîtrise. Elle emmène le lecteur dans un monde aussi lumineux que tourmenté, aussi cruel que sublime, tendre et violent, basculant des cauchemars les plus sanglants aux désordres amoureux. La Récolte douce des larmes, entre l'oeuvre de mémoire et le chant lyrique d'un peuple malmené, nous entraîne au coeur de la culture haïtienne. Edwidge Danticat est née en Haïti en 1969 et est partie pour les Etats-Unis à l'âge de douze ans. Son premier roman, Le cri de l'oiseau rouge (Pygmalion, 1995), a été suivi d'un recueil de nouvelles, Krik ? Krak ! (Pygmalion, 1996.) Edwidge Danticat a été citée parmi les " 20 meilleurs jeunes écrivains américains " par la revue Granta en 1996. Elle vit à New York.