Elikia M'bokolo
Elikia M'bokolo
Les anthropologues, bien souvent malgré eux, ont usé et abusé de la notion d'ethnie, sans toujours préciser ce qu'ils entendaient par ce terme. Parallèlement, les médias se sont hâtivement emparés de cette appellation si peu contrôlée pour tenter d'" expliquer " tel ou tel événement de la politique africaine. Encore aujourd'hui, ce terme est utilisé dans les analyses souvent réductrices de certains conflits (ex-Yougoslavie,Rwanda, etc.).L'ensemble des textes réunis dans ce livre - devenu un classique depuis sa première édition en 1985 - s'efforce, en conjuguant analyses de portée générale et études de cas, de s'interroger sur cette notion controversée à partir de la situation africaine. En effet, il est important de repenser les notions d'ethnie et de tribu, de plus en plus souvent associées à d'autres notions comme celles d'État et de nation. Et il est impératif de revenir sur certaines formes de classifications par trop schématiques et réductionnistes.
Planter des piquets, dresser murs et murets, ouvrir des guichets... L'être occidental se complaît en des clivages qui l'aident à conforter ses fantasmes territoriaux. Et le globe de se transformer à ses yeux en pelote de lignes et de frontières étanches, en vaste cage des méridiens qui, sur un mode empreint de mélancolie, sanctionnerait la nature immuable des choses. La littérature et les arts s'accommodent parfois de cette trompeuse évidence. Pour plus d'un, néanmoins, le canon artistique est l'expression d'un ethnocentrisme. Pour plus d'un, l'universalisme culturel est la marque d'une occidentalisation, voire de la globalisation en cours. Imaginera-t-on une alternative ? un monde qui privilégierait la périphérie et dont le centre libéré du carcan global véhiculerait un début d'équité ? De-ci, de-là, par-delà les océans, des écrivains ont fait preuve de cette sorte d'imagination, des artistes aussi, nombreux, pour qui le globe et les cartes ont fini par devenir la matière d'une pensée fluide à portée planétaire.
Peu d'observateurs des années 50 et 60 imaginaient que le Gabon, " Cendrillon " de l'Afrique centrale française, serait capable, comme c'est le cas aujourd'hui, de jouer un rôle de premier plan sur la scène africaine et de bénéficier d'une visibilité au plan international.De fait, ce pays est passé, sans problème majeur, du statut de " colonie " à celui d'un Etat souverain en une décennie (de 1956 à 1966) qui fut décisive pour l'ensemble du continent. Ce, grâce à deux transitions: celle de l'émancipation et celle de la succession, les deux étapes étant séparées par le coup d'État manqué de 1964.Fort de la stabilité du pays et des ressources liées à la croissance économique, Omar Bongo a déployé depuis 1967, à l'échelle du continent africain, une diplomatie de la paix volontariste. Cet essai évoque quatre décennies de conflits, de tentatives de médiation qui furent parfois des réussites parfois des échecs pour ce président controversé.