Emir Kusturica
Emir Kusturica
Dans les années 1960, le jeu préféré des garçons qui vivent sur les hauteurs de Sarajevo est un défi aux lois de l'apesanteur : après l'école, ils se retrouvent pour lancer des couvercles de casseroles dans les airs et deviner où les vents les porteront, de sorte que les disques de métal reviennent entre leurs mains. Cinquante ans plus tard, l'un de ces garçons, Emir Kusturica, a grandi en s'inspirant de cet acte de rébellion poétique contre la nature et est devenu réalisateur, auteur et musicien. Il a vu son pays détruit par la guerre, ses frontières redessinées, mais n'a jamais cessé de considérer la liberté comme le bien le plus précieux qu'un homme doit défendre, plus encore s'il est artiste. Lorsqu'il rencontre l'écrivain Peter Handke, il comprend qu'il n'est plus seul. Dans ce roman-monde, deux rebelles - un cinéaste et un conteur - se poursuivent, marchant sur la corde raide entre les fantômes d'Ivo Andri et d'Ingmar Bergman, à la recherche de l'essence de l'homme. Traduit de l'italien par Vincent Raynaud
Né en 1954 à Sarajevo, Emir Kusturica commence son autobiographie par la restitution - à sa manière hachée, truculente et tendre - de sa jeunesse dans les ruelles des quartiers populaires de la ville. Son éducation est un mélange bigarré entre celle de la rue et des amis de toutes origines et de toutes religions et celle transmise par ses parents, pleine de vie, de polémiques, d'amis, de musique. C'est de là que son sens de l'observation trouvera sa source. Puis de la lecture de Tchékhov et sa profusion de petits personnages jusqu'à ce qu'il découvre Amarcord de Fellini qui sera pour son parcours cinématographique « ce qu'a été le Big Bang pour l'Univers ». Il suivra ses études à Prague et, dès son premier film, Te souviens-tu de Dolly Bell, obtiendra le Lion d'Or de Venise. Ensuite, Papa est en voyage d'affaires l'oblige à affronter le pouvoir - un jour on le traite de renégat, le lendemain de Tzigane. Avec le succès de Cannes, l'Amérique l'accueille à bras ouverts. Suivront Le Temps des Gitans, Arizona Dream - au cours duquel il fera une dépression profonde -, Underground, Chat noir, chat blanc, La vie est un miracle...Le récit autobiographique de ce grand cinéaste frappe par la multitude des situations évoquées, le foisonnement des personnages, le brio des scènes toujours visuelles, la véracité des dialogues et, surtout, il révèle derrière l'image un peu « déjanté » du personnage et de ses films, un créateur profondément humain, qui réagit de tout son être aux joies et aux malheurs de son pays. Traduit du serbe par Vladimir Cejovic et Anne Renoue
Un livre-choc, à l'indéniable puissance narrative, mais aussi un "livre-médecine", exceptionnel et salutaire, qui met sur ce que vivent et éprouvent les victimes d'inceste des mots justes. Parce qu'elle a tenu à garder l'anonymat, l'auteure de Jours d'inceste porte la parole de toutes celles qui ne peuvent ou n'osent encore parler. Ce qu'elle décrit de l'intérieur avec sa voix unique, et qu'elle a enduré de la petite enfance jusqu'à l'âge de 21 ans, pourra choquer ceux qui refusent de savoir. Les autres, tous les autres, les victimes d'inceste comme les thérapeutes, reconnaîtront dans cette histoire vraie et terrible la vérité sur une emprise absolue, la vérité sur le tabou des tabous.