Emmanuel Bove
Emmanuel Bove
Bove Emmanuel - Armand : Publié en 1926, Armand est le deuxième roman d'Emmanuel Bove, après Mes Amis, dont il est assez proche par le style et le propos. Armand vit avec Jeanne, une veuve plus âgée que lui, qui l'entretient et l'aime tout en lui laissant beaucoup de liberté. Armand ne travaille pas, il se balade souvent pendant la journée et la soirée, et vient à rencontrer un ancien ami, Lucien. Celui-ci n'a pas eu la chance d'Armand, il est resté pauvre, timide, emprunté dans tous ses gestes et mal à l'aise en société, mais c'est le « témoin d'un passé douloureux » pour le narrateur. À part une incartade d'Armand avec la jeune soeur de Lucien et une séparation à la fin du roman il ne se passe rien : pas d'intrigue, pas d'éclat même dans la séparation, pas de passion même dans les moments de douceur, seulement une observation psychologique et physique méticuleuse des faits, un amour du détail poussé à l'extrême, qui apportent un sentiment de malaise et une tension palpables à chaque page. La banalité et la médiocrité, la pauvreté, le malheur tranquille sont omniprésents, mais Bove surpasse cette monotonie en l'érigeant en style d'écriture innovant, qui a fait dire à plusieurs critiques qu'il était un précurseur du « Nouveau Roman ».
Bove Emmanuel - Le Beau-Fils : Personne dans la vie n'est exactement ce que nous espérons. Les gens ne sont au fond que ce que nous voulons qu'ils soient. Avec « Le beau-fils », roman de 1934, annoncé par son éditeur comme celui de la maturité, Emmanuel Bove livre son récit le plus ouvertement autobiographique. Encore adolescent, Jean-Noël perd son père. Annie, sa belle-mère, issue d'un milieu social aisé, va le prendre sous son aile ; mais Jean-Noël n'aura de cesse de la décevoir, errant d'une relation amoureuse à une autre, faisant traîner ses études. Basculant d'un milieu social à un autre, toujours en quête d'argent, il se laisse porter par les aléas de sa vie. Annie en serait-elle la clé ? Écrivain prolixe, révélé par Colette, Emmanuel Bove a connu le succès de son vivant, avant de tomber dans l'oubli, et d'être redécouvert par Peter Handke dans les années 1980. Il est né en 1898 à Paris, mais a fait une partie de ses études au Collège Calvin à Genève, puis a vécu à Vienne et à nouveau à Paris, où il est mort en 1945.
Bove Emmanuel - Un Raskolnikoff : Balzac raconte l'histoire d'un homme qui devint fou à essayer de comprendre le pourquoi du comment de l'ouverture et de la fermeture d'une porte (Théorie de la démarche). Dans sa méticuleuse description de la misère et de la passivité humaine Bove est certainement plus proche du génie que de la folie mais son héros désespéré, dans un Raskolnikoff, n'en est certainement pas loin. Dans cette courte nouvelle dont le nom fait référence au héros de Crime et Châtiment de Dostoïevski, la culpabilité voisine avec la perte du sens et l'emprisonnement parfois matériel mais surtout mental de ces héros sans futur ni perspectives. Si le fil de la narration est parfois ténu mais non sans rebondissements, la fil émotionnel de cette fuite désespérée et sans but est poignant.
Ce célibataire mondain plutôt aisé passe sa retraite à Nice. S'ennuyant quelque peu et estimant que le temps est venu de choisir enfin une épouse, il rencontre et courtise plusieurs femmes. Mais, hésitant et fuyant toute relation profonde, car tout à fait incapable d'aimer, il se limite égoïstement à de vains et hypocrites jeux de séduction. «Personne n'est fait pour se comprendre», en conclut-il.
"Henri Duchemin et ses ombres" est un recueil composé de sept nouvelles dont l'unité de ton est toute entière suggérée par le titre. Présenté dès la première nouvelle, "Le Crime d'une nuit", Henri Duchemin est entouré d'une cohorte d'autres personnages - ses ombres - aussi pathétiques que lui, tous masculins et tous enfermés dans d'implacables mécanismes qu'ils mettent eux-même en oeuvre. Tout en excluant le langage de la description ou du misérabilisme, Emmanuel Bove s'attache ici, avec la précision d'un entomologiste, à donner sur leur cas d'infimes détails dont la drôlerie fait un instant oublier le désespoir de leurs situations: pauvreté physique, inanité morale, honte, jalousie, incapacité chronique à vivre, profondes blessures sentimentales, angoisse du lendemain, de la solitude ou du regard de l'autre... Leurs comportements illogiques pour s'en sortir, à la limite du pathologique, et les explications rationnelles qu'Henri Duchemin et ses ombres tentent de trouver pour se rassurer et continuer leur vie malgré tout, prennent souvent directement à partie le lecteur lui-même.
Paris, 1924. Victor Bâton, invalide de guerre et pensionné, erre dans les rues à la recherche d’un ami. Chaque rencontre se transforme en échec, révélant sa solitude et son incapacité à créer des liens.
À l'automne 1926, Emmanuel Bove est un jeune écrivain en vogue et la critique le compare déjà à Marcel Proust. Son éditeur lui passe commande d'un récit de voyage pour sa collection "Portraits de France". Alors que François Mauriac se penche sur Bordeaux, Edmond Jaloux sur Marseille et Paul Morand sur Toulon, Emmanuel Bove décide pour sa part de s'installer pendant un hiver dans une petite ville de la banlieue parisienne qui "existe à peine", Bécon-les-Bruyères. Là, il observe minutieusement son nouvel habitat et décrit sur une centaine de pages - non sans une certaine ironie et beaucoup de poésie - le moindre détail de la vie de Bécon-les-Bruyères, à commencer par sa gare qui dessert jusqu'à Courbevoie et Asnières. Il ne voyagera pas plus loin, mais son récit composé d'une suite d'instantanés du désenchantement et de la banalité quotidienne deviendra un petit chef-d'oeuvre d'un nouveau genre littéraire, la fiction documentaire, en même temps qu'un archétype de tous les récits de no man's land. Ici une boîte aux lettres abandonnée, là un kiosque à journaux fermé ou une tombe d'un cimetière de chiens. Peter Handke (Prix Nobel de littérature 2019) ne s'y trompera pas, affirmant: "Bécon-les-Bruyères est pour moi le plus grand de tous les textes de Bove. Un texte qu'on doit absolument lire. Il décrit une banlieue mythique et, en même temps, son écriture est absolument modeste. C'est la banlieue absolue".
L'intrigue débute au cinéma par la projection du dernier film de Jean Rivière, "Les Deux Mondes", où l'héroïne - incarnée par la jeune et belle actrice Suzy Pommier - est assassinée dans sa baignoire par un ex-amant. Plus tard dans la nuit, la jeune première est étranglée dans son bain, tout comme dans le scénario du film. L'inspecteur Hector Mancelle s'empare du dossier et, entre intuitions et révélations, mène astucieusement l'enquête jusqu'au dénouement final, confondant le criminel après une magistrale démonstration de son savoir-faire policier. La solution de l'énigme était donnée dans le film même pour qui savait la voir. Second polar d'Emmanuel Bove, qui a travaillé comme journaliste à "Paris Soir" et "Détective" (organes de presse friands de faits-divers sordides), "Le meurtre de Suzy Pommier" a le charme d'un film noir d'antan, restituant une ambiance désenchantée quelque peu désuète type "36 Quai des Orfèvres", entre enquête policière à la Maigret et vie parisienne de l'entre-deux-guerres.
Entre deux mondes et deux époques, Le beau-fils d’Emmanuel Bove dépeint le destin tourmenté de Jean-Noël, tiraillé entre une mère qu’il renie et une belle-mère bourgeoise dont il cherche désespérément l’approbation.
Roman court écrit dans un style incisif et sobre, le Pressentiment raconte l'histoire de Charles Benesteau, avocat, bourgeois, la cinquantaine opulente, qui abandonne tout, femme, enfants, carrière, amis, maîtresse... Pourquoi ? « parce qu'il trouvait les gens méchants ». Ne supportant plus la fréquentation de son milieu qu'il juge égoïste, injuste et sans générosité, il emménage dans un quartier populaire de Paris où il entreprend de faire connaissance avec son voisinage auquel il apporte aide, argent, conseils... Mais ce que Charles va découvrir au fur et à mesure que son rêve utopique provoque des réactions imprévues, c'est que les défauts de son milieu se retrouvent dans chaque être humain, qu'il soit riche ou pauvre. Cruauté, mesquinerie, cupidité sont le lot quotidien; L'apprentissage de ce délabrement du monde va de pair avec son propre délabrement intérieur, le pressentiment de la seconde guerre mondiale et l'annonce d'une maladie mortelle. La noirceur de l'expérience de Charles finit malgré tout par lui laisser entrevoir une sagesse généreuse, pleine d'humanité. Emmanuel Bove, découvert par Colette, tombera dans l'oubli après sa mort en 1945. C'est à un Samuel Beckett admiratif de l'homme et de l'écrivain qu'on doit sa redécouverte dans les années 70.
Victor Bâton, trentenaire solitaire et désargenté, erre dans le Paris des années 1920 avec une obsession : se faire des amis.
En 1928, Emmanuel Bove est au faîte de sa gloire. "Mes amis", publié dans une collection dirigée par Colette, est vivement salué par la critique et couronné par le très recherché prix Figuière. C'est le début d'une période féconde où il rencontre entre autres Rainer Maria Rilke, Philippe Soupault, Max Jacob, Pierre Bost, Max-Pol Fouchet et publie pas moins de six romans et recueils de nouvelles en une année. Parmi eux, "L'Amour de Pierre Neuhart", qui synthétise selon lui tous les éléments contenus dans son oeuvre et où son style, par une absolue neutralité qui souligne d'autant l'opacité des mobiles et des situations, atteint sa forme la plus dépouillée. Se prévalant de l'exemple de Proust ou de Balzac qui ont bâti leur oeuvre autour des mêmes figures, Bove estime en effet qu'un "roman ne doit pas être une chose achevée, une chose réussie en soi: on ne devrait pas pouvoir isoler un roman de l'oeuvre de son auteur, pas plus qu'on ne peut détacher un beau vers d'un poème".
Reconnue et admirée dans les années vingt et trente, l'oeuvre d'Emanuel Bove est tombée dans l'oubli après sa mort avant d'être réhabilitée ces dernières décennies, grâce notamment à Peter Handke, Wim Wenders ou encore Jean-Pierre Darroussin qui adapta en 2006 sur grand écran "Le Pressentiment", l'un des romans les plus caractéristiques de son oeuvre. Charles Benesteau, son anti-héros qui décide un beau jour de quitter le milieu bourgeois étriqué auquel il appartient pour aller vivre sa liberté dans la solitude et l'exil intérieur d'un quartier populaire de Paris, avant d'être confronté à de nouvelles basses intrigues inhérentes à la nature humaine, est en effet l'un des personnages les plus représentatifs de son univers romanesque. Pour Emanuel Bove, dont le style dépouillé dissèque ici la pauvreté d'expérience d'une humanité banale, "un roman ne doit pas être le récit de quelque aventure ou inquiétude, mais une peinture la plus simple possible de la vie".
Emmanuel Bove (1898-1945) "Depuis le déjeuner, Albert Guittard était mécontent de lui. Il s'était pourtant levé de bonne humeur. Ne devait-il pas rendre visite, vers les cinq heures, à monsieur et madame Penner ? Mais il s'était passé un petit événement désagréable que nous rappellerons brièvement afin d'éclairer le caractère de cet homme étrange. Il venait de sortir de table et s'apprêtait à faire la sieste lorsque la sonnette de la grille du jardin retentit. Bien qu'il approchât de la cinquantaine et qu'il fût célibataire, M. Guittard n'était pas vieux garçon au point de ne pouvoir supporter d'être dérangé. Il attendit donc, avant de gagner son bureau où, sur un divan, il avait l'habitude de dormir jusqu'à quatre heures, d'être fixé sur cette visite. Au bout d'une minute à peine, la femme de chambre vint lui annoncer qu'un certain M. Bourrette était au salon. - Bourrette ? demanda Guittard à qui ce nom ne disait rien. - C'est cela, monsieur. - Bourrette ? Vous êtes sûre d'avoir entendu ce nom ? - Bourrette, certainement, Bourrette... monsieur. - Ce monsieur Bourrette ne vous a pas dit ce qu'il voulait ni de la part de qui il venait ? - Je ne le lui ai pas demandé, monsieur. - Eh bien ! allez le lui demander. Je ne le connais pas et je n'ai aucune raison de le recevoir chez moi. Comment est-il ? - C'est un monsieur d'un certain âge. - Enfin, de quoi a-t-il l'air ? - Mais je ne sais pas, monsieur. Il a peut-être l'air d'un homme comme tout le monde. Il a une serviette sous le bras." Roman court. Albert Guittard est un retraité aisé en villégiature à Nice. Il adore courtiser plusieurs femmes à la fois. Célibataire endurci et vieillissant, il pense qu'il pourrait bien se marier. Mais qui choisir ?
Pierre Neuhart, un parvenu d'âge mûr, est spécialisé dans la vente de graviers. Le jour où Madame Aspi lui propose d'assister à l'une de ses soirées mondaines, sa paisible existence se retrouve bouleversée. Il y fait la connaissance d'Eliane, une jeune fille de dix-sept ans dont il tombe éperdument amoureux. Après une cour insistante, il parvient à attirer ses regards et à attiser ses passions. Bientôt, Eliane quitte l'appartement maternel pour rejoindre son amant. Mais cet amour, que Pierre avait cru partagé, est unilatéral. Jour après jour, il subit les caprices et les colères d'une jeune fille ingénue et libertine. L'amour embrase toute sa vie. Dans ce récit tragique des années folles, Emmanuel Bove dresse le portrait d'un homme condamné à la déchéance. Il y examine les incompréhensions entre amants et maîtresses, et rappelle que l'illusion est un poison mortel. Emmanuel Bove (1898-1945) est un écrivain français, né d'un père juif venu de Russie. À seulement quatorze ans, il décide de devenir écrivain. À la fin de ses études, il vit de petits métiers, et est condamné à un mois de prison pour vagabondage. Quelques années plus tard, la femme de lettre Colette remarque ses nouvelles. Il publie grâce à elle « Mes amis ». C'est un succès qui le propulse au-devant de la scène littéraire. Il remporte en 1928 le prix Eugène Figuière pour « Mes amis » et « La Coalition ».
Après la mort de son mari, Louise Aftalion s'installe à Paris pour que Nicolas, son fils de vingt-trois ans, trouve enfin un emploi. Mais Nicolas rechigne l'effort et fuit le travail comme la peste. Quant à Louise, elle dépense sans compter et refuse d'admettre que sa bourse se vide. Sans autre ressources que l'héritage, tous deux logent chez Thérèse, la soeur de Louise. Thérèse a toujours détestée sa soeur : elle refuse de garder plus longtemps chez elle ces « oisifs sans volonté ». Incapables de subvenir à leurs besoins, Louise et Nicolas tombent peu à peu dans la misère. Ce chef-d'oeuvre digne de Dostoïevsky dresse le portrait d'une relation où les illusions alimentent leur descente aux enfers. Emmanuel Bove (1898-1945) est un écrivain français, né d'un père juif venu de Russie. À seulement quatorze ans, il décide de devenir écrivain. À la fin de ses études, il vit de petits métiers, et est condamné à un mois de prison pour vagabondage. Quelques années plus tard, la femme de lettre Colette remarque ses nouvelles. Il publie grâce à elle « Mes amis ». C'est un succès qui le propulse au-devant de la scène littéraire. Il remporte en 1928 le prix Eugène Figuière pour « Mes amis » et « La Coalition ».
Paris, années 1920. Pierre Neuhart, homme mûr et entrepreneur avisé, voit sa vie basculer en rencontrant Éliane, 17 ans, aussi envoûtante qu’inconstante. Cet amour impossible le mène droit vers la déchéance.
Neuilly, années 1920. Jean Michelez, entrepreneur aisé, voit sa vie basculer quand sa voisine lui demande de sauver Dinah, une enfant malade de tuberculose. Entre égoïsme et compassion, son choix scellera un destin tragique.
Maurice Lesca, ancien médecin de 57 ans, erre dans les rues de Paris entre mensonges et secrets inavoués. Sous ses airs de pauvre homme malade, qui est-il vraiment ?
Victor Bâton, trentenaire solitaire et désargenté, arpente les rues de Paris dans l’espoir désespéré de se faire un ami.
Paris, années 1930. Quand la star montante Suzy Pommier est retrouvée assassinée dans des conditions identiques à celles de son dernier film, le jeune inspecteur Hector Mancelle plonge dans une enquête où cinéma et réalité s’entremêlent.
Dans ces textes courts - topographie d'une ville crépusculaire et récit d'un retour manqué -, Emmanuel Bove décrit, en pointilliste, l'aura de deux lieux finalement laissés derrière soi...
Dans ces textes courts - topographie d'une ville crépusculaire et récit d'un retour manqué -, Emmanuel Bove décrit, en pointilliste, l'aura de deux lieux finalement laissés derrière soi...
Victor Bâton vit seul, dans une chambre de bonne miteuse, avec pour unique revenu une pension d'invalidité. Traîne-savates, il erre chaque jour dans Paris dans l'espoir de faire de nouvelles rencontres. La ville le renvoie à son extrême solitude, et agit en même temps comme une ouate protectrice. Mais chaque tentative de lier une relation est un échec. Et pour cause. Obnubilé par sa quête impatiente d'amitié, il fausse tout rapport, et projette sur ceux qu'il croise sa propre mesquinerie. Dans un style faussement simple, avec un « sens du détail touchant » selon Beckett, Emmanuel Bove dessine le portrait de cet antihéros agaçant autant que fascinant, et dépeint par touches, d'une précision extrême, la misère solitaire, le quotidien, l'absurdité de la condition humaine. D'une grande modernité à sa parution en 1924, ce texte, très salué à l'époque, a influencé beaucoup de nos contemporains. L'expérience de la lecture de Bove est unique. Pierre Michon. L'une des plus belles réussites littéraires du xxe siècle, et toujours aussi actuel. France 3. Postface de François-Henri Désérable.
L’histoire est simple comme son titre : Victor Bâton est à la recherche de ses amis. De ceux qui pourraient le devenir tout du moins, car il enchaîne les rencontres, éperdument, et sans succès. Sont-ce pour autant des échecs ? Car Bâton n’est pas un héros : c’est un homme, seul, vivant dans la précarité autant que dans l’oisiveté. Il persiste pourtant en lui une force qui ne cesse d’irradier, à l’image de l’œuvre d’Emmanuel Bove dont la postérité court secrètement jusqu’à nous tant son ultra moderne solitude garde un siècle plus tard toute sa vivacité. La preuve en est que tout le travail d’Éric Chauvier, anthropologue et écrivain, est habité de part à part par la discipline existentielle de Mes Amis. Il lui rend ainsi hommage dans un texte où il fait miroiter par un puissant jeu de réécriture la puissance politique intacte d’une vie qui vaut d’être vécue à condition de ne pas trouver sa place. Une vie où il ne saurait être question de projet et de victoire, mais bien plus des aptitudes que nous déployons pour nous ajuster à nos contemporains. « L’œuvre de Bove se garde de toute grandiloquence et se tient éloignée de tout ce qui constitue le grand genre littéraire. C’est comme si elle avançait de détail en détail et que le lecteur se retrouvait en définitive piégé, comme si son propre portrait se dessinait à travers ce qui ne semblait que de simples coups de crayon dont il n’imaginait pas que, à les rassembler, ils aboutiraient à quelque chose de si ressemblant. C’est comme si, à cause de ou malgré son humour, l’œuvre de Bove finissait par faire peur, à frapper si juste. » Libération
Rendre à nouveau disponibles des oeuvres introuvables, insoupçonnées ou inédites, telle est la vocation de la collection " Le Domaine ". Cet ultime diptyque d'Emmanuel Bove, composé de , écrit à Alger en 1943 et dédié au général de Gaulle, et de , écrit durant l'été 1944, est le plus paradoxal des romans d'évasion.
Armand, jeune homme oisif, mène une vie confortable, entretenu par sa maîtresse. Un jour, dans la rue, il rencontre Lucien, un ancien compagnon de misère dont le dénuement le ramène vers un passé qu'il croyait révolu. Entre l'orgueil du parvenu, la pitié pour son camarade et l'étrange nostalgie qu'il éprouve pour sa vie de bohème, un abîme s'ouvre devant Armand... Au risque de tout perdre. Récit de la solitude urbaine et de l'ironie existentielle, marqué par un style aussi dépouillé que précis, Armand (1927) est le deuxième roman d'Emmanuel Bove, auteur d'une oeuvre dont la finesse psychologique et le sens du détail ont été salués par les plus grands, de Rilke à Beckett.
Armand, jeune homme oisif, mène une vie confortable, entretenu par sa maîtresse. Un jour, dans la rue, il rencontre Lucien, un ancien compagnon de misère dont le dénuement le ramène vers un passé qu'il croyait révolu. Entre l'orgueil du parvenu, la pitié pour son camarade et l'étrange nostalgie qu'il éprouve pour sa vie de bohème, un abîme s'ouvre devant Armand... Au risque de tout perdre. Récit de la solitude urbaine et de l'ironie existentielle, marqué par un style aussi dépouillé que précis, Armand (1927) est le deuxième roman d'Emmanuel Bove, auteur d'une oeuvre dont la finesse psychologique et le sens du détail ont été salués par les plus grands, de Rilke à Beckett.
Victor Bâton vit dans l'obsession de se faire des amis. Trentenaire qui tire le diable par la queue mais se refuse à travailler, il subsiste de sa pension et parcourt la ville dans des vêtements usés qui ne le rendent guère séduisant. Pourtant il s'accroche à chaque rencontre, se fait un espoir de chaque regard et n'en finit pas de s'inventer un avenir qu'une magnifique amitié illuminerait. Dans un Paris sans lumières, il nous raconte sa quête sans jamais cesser d'interroger ses mobiles, ses soupçons, ses craintes et ses dépits. Avec ce premier roman, Emmanuel Bove bouleversa la littérature française : son écriture, qui allie densité du style et simplicité formelle, ironie mordante et compassion, a traversé le temps. Mes amis est un chef-d'oeuvre, de ceux qui touchent chaque lecteur. Emmanuel Bove (1898-1945) ne connut qu'une gloire éphémère, après avoir été remarqué par Colette, dès la parution de son premier roman Mes amis en 1924. Ne consacrant sa vie qu'à la littérature, il publia ensuite à un rythme soutenu et luttant toujours contre des conditions de vie précaires, romans, nouvelles et reportages. Oublié sitôt après sa mort, il fut redécouvert dans les années 70 grâce à Raymond Cousse. Notre réédition de Mes amis a été un beau succès critique et commercial.
Arnold, archétype du héros bovien, vit dans une chambre obscure d'un petit hôtel de Montmartre. En pleine crise de désespoir, il est en proie à de vives angoisses... Il s'offre alors l'un des plus grands moments de bravoure de sa vie, et de l'oeuvre littéraire d'Emmanuel Bove : la saisissante description de son suicide, qu'Arnold pense pouvoir contrôler. Emmanuel Bove est sans nul doute le plus méconnu des grands auteurs français. Né dans un milieu très modeste, le jeune homme décide très tôt de ne vivre que de sa plume. Mes amis (1924), son premier roman, est une révélation dans le monde des lettres françaises. Après une vingtaine d'ouvrages, il décide ne publier aucun livre durant la Seconde guerre mondiale. De l'avis de nombreux lecteurs, il y a un avant et un après la lecture des romans de Bove. « Bove a comme personne le sens du détail touchant. » - Samuel Beckett « L'expérience de la lecture de Bove est unique. » - Pierre Michon, Le Monde « C'est comme si, à cause de ou malgré son humour, l'oeuvre de Bove finissait par faire peur, à frapper si juste. » - Mathieu Lindon, Libération
À quarante ans, un homme se confronte à sa vie : ses échecs, ses doutes, et l’attente d’un événement qui tout changera.
Pierre Neuhart est un homme d'âge mûr promis à une fin de carrière aussi brillante que paisible. Parmi la bohème parisienne des années 1920, il rencontre Eliane, une jeune fille de dix-sept ans frivole et versatile. L'amour absolu qu'il éprouve bientôt pour cette libertine va bouleverser son existence. Dans ce récit sobre et tragique, le drame de l'illusion amoureuse et de l'incompréhension fondamentale entre les êtres est traité avec un sens stupéfiant de l'observation. Doué d'un art consommé de la suggestion et d'un sens stupéfiant de l'observation, Emmanuel Bove dissèque les étapes cruelles d'une relation passionnée. Emmanuel Bove est sans nul doute le plus méconnu des grands auteurs français. Mes amis (1924), son premier roman, est une révélation dans le monde des lettres françaises. Après une vingtaine d'ouvrages, il décide ne publier aucun livre durant la Seconde guerre mondiale. De l'avis de nombreux lecteurs, il y a un avant et un après la lecture des romans de Bove. « Bove a comme personne le sens du détail touchant. » - Samuel Beckett « Bove, c'est l'art du subjectif, de la pensée souterraine, qui fait que toute relation est foncièrement caractérisée par le malentendu. » - France culture « Emmanuel Bove est l'un des grands écrivains du siècle. » - L'Express