Ernest Ameline
Ernest Ameline
Voilà quelques années, elle s'appelait Blanche Carel, la petite Blanchette, bonne fille, pas fière, aidant les étudiants à dépenser les pactoles paternels et passant de l'un à l'autre avec une liberté de coeur qui rappelait les grisettes. Un jour, Blanche avait réfléchi. Elle avait vu quelques amies traverser les ponts, gravir les sommets du quartier Breda, s'installer dans de somptueux appartements et se faire un nom parmi les belles impures. Donc, elle aussi s'était envolée du Luxembourg pour s'abattre rue Pigale, sous le nom de Bianca Smithson.
Un recueil de poésie du XIXe siècle où chaque vers respire l'émotion et la délicatesse. Fleurs aimées d'Ernest Ameline, publié à l'origine en 1878, offre une plongée dans l'intimité d'une époque où les mots se font fleurs et les sentiments.
« Peste ! deux pianos ! m'écriai-je en entrant, Et d'Érard ! s'il vous plaît. - Quelle rage te prend De collectionner, en pleine république, Et par le temps qui court, ces boîtes à musique ? Contre un luxe pareil, il serait bon, ma foi, De protester en masse et de rendre une loi. Deux pianos à queue ! » - « Oh ! n'en prends pas ombrage.Ce qui t'offusque tant n'est qu'un simple héritage, Pour mieux dire un dépôt dont j'ai le plus grand soin.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
La neige tombait drue et serrée. Une chouette poussait son cri lugubre, tandis que nous, blottis au coin de la cheminée, nous présidions à la cuisson de châtaignes dont nous devions nous régaler ce soir-là, veille de Noël. - Vilaine nuit ! dit le vieux médecin, qui m'en rappelle une autre bien lointaine, hélas ! où j'eus la plus belle peur de ma vie (...) Les corps des suppliciés sont transportés à l'amphithéâtre de médecine, afin de servir à la dissection. Mais, le garçon de salle a beau chercher, il ne peut mettre la main sur la troisième tête.