Ernest la Jeunesse
Ernest la Jeunesse
La neige tombe, il fait très froid, Blotti dans mon lit, je rumine, Tandis qu'au gré du palefroi La folle du logis chemine. Et je revois la fière mine Que j'avais soldat de vingt ans, Quand portant beau sous l'étamine, Je boutais les quatre pieds blancs. Quand sous le fez du spahi rouge Ou le dolman du chasseur bleu, Frisant en crocs mon poil roux, je Ne craignais rien Diable ni Dieu, Car buvant sec, par la morbleu, Je troussai la cotte des filles, Et sans souci du couvre-feu Sautai bien souvent hors les grilles.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Paris, début du XXe siècle. Dans les cafés, les théâtres et les rues animées, Ernest La Jeunesse croque avec verve les travers de ses contemporains. *Des soirs, des gens, des choses...
A M.B., Vénitien. 25 décembre 1894.M. Anatole France laissa errer un moment ses regards sur les livres qui, silencieux, étageaient leur vanité, sur les sourires éternels des portraits, sur la rigide mollesse des statues - et il soupira.Dehors la foule marchait doucement, en la tristesse indulgente du soir.Et la caressante inquiétude qui gagnait toutes les âmes ne réspectait pas l'âme de M. Anatole France.Il chercha par delà ses tableaux et ses bustes quelque chose qu'il ne trouva point ; il remua quelques papiers, balança une plume, puis, avec un geste de résignation et de résolution, tomba à genoux.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.