Etienne Rebaudengo
Etienne Rebaudengo
On a tout dit sur le théâtre, art irremplaçable. On a loué sa jeunesse éternelle, sa grandeur, sa magie, ses attraits, sa fonction et son incomparable pouvoir de fascination. Que peuvent ajouter à cela quelques répliques ? Une histoire, simplement. Cendre et magnificence est le point final de la Scénurgie de Champenard. Point final, mais aussi chant de gratitude envers le théâtre, puisque ses sortilèges ont permis à la Scénurgie d'illustrer tout ce qui frémissait en elle de rêve et de passion.
Pour ma part, je crois à ce jeune poète dramatique qui, en ce moment peut-être, s'interroge au pied d'un radiotélescope, ou devant son terminal, ou à celui qui partage la détresse d'un territoire déshérité. Il se rend compte que nos trésors n'appartiennent pas tous au passé, mais que d'autres, aussi inestimables, sont à venir. Il sait qu'il n'est le tributaire stérile d'aucun prédécesseur, fût-il de génie. Il refuse de se considérer inférieur aux ancêtres, tout simplement parce que sa tête s'enflamme du désir de créer la nouvelle légende de nos destinées.
Notre horizon est bouleversé et il inquiète mais on y observe, çà et là, un certain frémissement des intelligences qui y projette lueurs. Nous pensons que ces lueurs, le théâtre, par la vertu de ses racines gorgées d'humanité, et aussi par l'autorité de son passé, est requis pour les révéler.