Fabien Hein
Fabien Hein
Le terme générique metal est le fruit d'une histoire musicale née il y a plus d'une trentaine d'années. Il désigne une multitude de genres et de sous genres musicaux issus de l'appariement du hard rock et du heavy metal et résulte d'une agrégation sémantique consécutive de l'érosion et de l'interpénétration de ces termes au cours des années 80. Leurs modèles canoniques, respectivement représentés par les groupes Led Zeppelin et Black Sabbath. se sont progressivement dilués sous l'effet d'une filiation particulièrement effervescente et féconde : black, thrash, doom, progressive, crossover, death, hardcore, gothic, sludge, néo, etc. Ce livre retrace tout d'abord l'histoire de cette multitude de genres. Il présente ensuite une vision élargie de son environnement culturel ou l'on voit se dessiner une pluralité de rapports d'influence avec d'autres disciplines artistiques telles que la littérature, le cinéma, la bande dessinée, la photographie ou l'art graphique. Si un certain nombre d'éléments permettent de penser que le metal tend à se démocratiser et à être reconnu pour sa valeur artistique et culturelle, il n'en est pas moins l'objet d'un certain nombre de critiques, résultant de représentations sociales quelquefois très négatives. Lui est ainsi reproché d'avoir des propensions au machisme, à la violence, au satanisme, à inciter au suicide ou encore de nourrir des accointances avec l'extrême droite. Fondés ou non, ces griefs et leurs conséquences seront analysés et discutés. Après ce tour d'horizon, l'auteur propose de recentrer le regard sur la manière dont la France a été traversée par ce phénomène. L'occasion d'aborder la constitution du monde du metal français à travers ses groupes, ses labels, ses concerts et festivals ou ses médias spécialisés. L'observation s'affinera encore davantage par la description des conditions de la pratique d'un échantillon d'amateurs de metal. Une démarche permettant de mettre en lumière l'attachement individuel ou collectif au metal, tout en dégageant les implications artistiques, économiques, affectives ou sociales qui leur sont indissociables. En situant ses analyses tour à tour à un niveau international, national, puis local, cet ouvrage dresse concrètement le premier portrait sociologique du monde du metal hexagonal.
Exception faite de quelques rares travaux, le monde du rock a souvent été observé à distance. Le phénomène de masse a prévalu sur la pratique concrète. Cet ouvrage vise à inverser cette tendance. À cette fin, il propose de s'intéresser à la réalité concrète de la pratique rock à partir d'un important travail d'ethnographie sociologique. Cette réalité se compose d'un mix hétéroclite d'acteurs, d'objets et de dispositifs. C'est la raison pour laquelle cette enquête de terrain s'emploie à dresser la morphologie d'une multiplicité d'objets produits par le monde du rock (instruments, disques, flyers, fanzines, etc.), à éclairer le fonctionnement et l'équipement d'un ensemble de lieux (locaux de répétition, salles de concerts, magasins de disques, studios d'enregistrement, etc.), à présenter la genèse et la fonction de certains dispositifs (répétition, concerts, politiques culturelles, programmes de soutien, circuits de distribution des oeuvres, etc.) et à recueillir le discours des acteurs (musiciens, disquaires, organisateurs de concerts, rédacteurs de fanzines, label managers, amateurs, etc.). À partir de quoi, la combinaison des données obtenues permettra de rendre compte du fonctionnement du monde du rock, dans sa double dimension d'expérience individuelle et collective.