Fadi El Hage
Fadi El Hage
Ce livre présente un aspect méconnu et peu étudié de Napoléon : son activité d'historien. Apparaît alors une personnalité complexe, plus intuitive que cérébrale, et cherchant toujours, à tout prix, à se mettre en avant. Le fruit de cette aventure historienne inachevée est constituée des brouillons de jeunesse, mais surtout des Mémoires, plus authentiques et révélateurs de la personnalité du grand homme, car issus de sa plume, ou plutôt de sa bouche même. La méthode historique qu'il élabore, appliquée aux généraux qui l'ont précédé ou à lui-même, se révèle d'une étonnante modernité.
Le chevalier de Bellerive a cherché à se distinguer dans les Lettres durant toute sa vie avant de finir en prison, fou. Presque tous ses écrits sont restés à l'état de manuscrit. Le destin du chevalier met en lumière les difficultés d'un auteur à trouver des mécènes et à éviter la censure. A partir d'une étude de ses manuscrits, ce livre lève un voile sur l'existence d'un auteur et d'une oeuvre qui n'a pas connu la postérité. Une « bohême littéraire » ressurgit à l'ombre du siècle de Louis XIV.
L'histoire est écrite par les vainqueurs. C'est ainsi que s'est imposée la figure d'Henri IV comme successeur logique des Valois. Sa légitimité aurait-elle donc été toujours incontestée ? Le déroulé des événements de la guerre de Succession de France et la lecture d'une certaine littérature remettent en cause ce qui a pu paraître comme une évidence. En réalité, le premier roi Bourbon a dû s'imposer face à d'autres prétendants plus ou moins crédibles. Même après que Paris lui a ouvert ses portes, il a dû confirmer qu'il était le souverain de l'ensemble de ses sujets, nonobstant les difficultés militaires et les complots, jusqu'au couteau de Ravaillac qui a consacré définitivement sa légitimité. Plus surprenant encore, au-delà de sa dimension militaire et religieuse, la guerre de Succession de France a incarné un véritable laboratoire politique, où l'inspiration était puisée autant dans l'histoire antique que l'histoire de France, fraîchement dévoilées à un plus large public grâce à l'imprimerie, le plus grand legs de l'humanisme. Fadi El Hage nous invite à une relecture inédite d'événements que nous croyons bien connaître, mais qui prennent une autre ampleur dès lors que nous nous éloignons des légendes et des passions.
Au XVIIIe siècle, la noblesse française comme l'aristocratie, minorité ô combien plus « médiatisée », sont perçues comme décadentes par la grande majorité du peuple de France. Rongée par les dissensions internes, minée par les rumeurs et les scandales, contestée dans sa légitimité à revendiquer une supériorité sociale, la noblesse paraissait au plus grand nombre indigne de sa vocation à servir le royaume. Elle vivait alors la clôture d'un cycle, dont 1789 ne serait que l'ultime conséquence. En somme, et l'image perdure jusqu'à nos jours, la noblesse, en dérogeant à l'honneur, aurait perdu sa raison d'être. Mais y avait-il, dans les faits, une inconscience collective de la noblesse ? Pour démêler le vrai du faux, Fadi El Hage retrace son histoire au XVIIIe, dans toutes ces composantes, de l'aristocratie versaillaise aux vieilles familles prestigieuses mais désargentées, sans oublier la noblesse de robe. Fondé sur une relecture des sources et l'étude de documents inédits, cet essai novateur invite le lecteur à s'interroger sur la place et le rôle d'une noblesse victime autant de fantasmes que de l'image sociale et morale qu'elle renvoyait au public.
Rarement un chef militaire aura été tant adulé et simultanément aussi détesté que le duc de Vendôme. Arrière-petit-fils d'Henri IV, ce bâtard princier est un des meilleurs généraux de Louis XIV. Au moment de ses plus grands succès, il passe auprès de ses contemporains et du Roi-Soleil lui-même pour l'égal de Turenne et de Condé, pour un héros digne de son royal trisaïeul. À l'inverse, ses adversaires voient en lui un incapable servi par la chance et Saint-Simon fait de Vendôme une de ses bêtes noires : le mémorialiste a fixé pour la postérité le portrait d'un prince fainéant, vantard, crapuleux et sodomite. En s'appuyant sur des sources inédites ou revisitées, Fadi El Hage apporte un éclairage nouveau sur ce grand seigneur assoiffé de gloire et de reconnaissance, entre la cour de Versailles et les champs de bataille de l'Europe. Vendôme, héros ou imposteur ?