Florence Quartier
Florence Quartier
La figure de René Diatkine est indissolublement liée au développement contemporain de la psychanalyse des enfants et au changement dans les conceptions de la pratique psychanalytique qui ont marqué ces dernières années. Membre de la Société psychanalytique de Paris, dont il fut président, il a été l'un des fondateurs et directeurs de l'Association de santé mentale du XIIIe arrondissement de Paris, aux côtés de Philippe Paumelle et Serge Lebovici. Psychanalyste praticien, psychiatre d'enfants, professeur à Genève, co-créateur de la revue La psychiatrie de l'enfant et du Traité de psychiatrie de l'enfant, son activité a été inlassable, laissant un nombre considérable de travaux cliniques et théoriques. René Diatkine montre, par sa pratique et ses écrits, qu'il est possible de mettre en oeuvre une psychiatrie humaine, dynamique, créative, entièrement inspirée par la méthode psychanalytique.
L'accueil existe désormais presque partout : c'est l'entrée à l'hôpital, c'est une unité de triage ou bien c'est le lieu dévolu à l'arrivée administrative du patient. Au-delà de cette hétérogénéité, de cette banalisation, nous avons voulu (re)trouver l'accueil comme démarche de soins bien particulière, en partie propre à la psychiatrie, et dans laquelle les infirmiers sont en première ligne en même temps que tous les intervenants sont concernés : médecins, psychologues, assistants sociaux.L'accueil est donné ici comme une intervention soignante à part entière, utile à proposer dans toutes les phases du traitement. Et pour donner force et concrétude à cette proposition, les auteurs sont allés sur le terrain et ont donné la parole à des infirmiers, infirmières, à des équipes, à celles et ceux qui sont en première ligne dans ce travail d'accueil : à Bondy, en Seine-Saint-Denis. C'est un des berceaux de l'accueil en France : dans les années 1980, Guy Baillon et d'autres avec lui transforment la conception même du soin en psychiatrie. à Malévoz, en Suisse, où l'institution psychiatrique accueille le patient et sa famille dans un hôpital qui vit en osmose avec l'environnement urbain. Là aussi, des équipes multidisciplinaires, et en particulier les infirmiers, ouvrent de nouvelles voies, pensent le soin, sans se laisser démotiver par le contexte tendu ou les restrictions imposées.
Il existe aujourd'hui des schizophrénies : celle du chercheur en neurosciences, celle différente du psychiatre qui dialogue tous les jours avec les patients... Et le psychanalyste comment définit-il aujourd'hui cette entité si lourdement chargée de la riche et houleuse histoire qui unit la psychiatrie à la psychanalyse ? Ici chacun répond à sa manière pousse son modèle de référence jusque dans ses limites, définit au plus près sa spécificité. Les entretiens avec les patients s'en trouvent transformés, enrichis : il s'agit de créer un espace ouvert, un potentiel thérapeutique, propice à des découvertes cliniques. La démarche psychothérapeutique en psychiatrie s'en trouve renforcée et loin de posséder le psychanalyste, elle lui ouvre des voies nouvelles de réflexion, de partage et de transmission du savoir analytique.