Francesco Callegaro
Francesco Callegaro
En 1930, lors de sa candidature au Collège de France, Marcel Mauss a souligné combien son oeuvre ne pouvait être dissociée du projet d'Émile Durkheim et de l'École française : édifier une nouvelle forme de savoir, la sociologie, issue du socialisme et visant à le rehausser à travers la constitution des sciences sociales. Après la Grande Guerre, au milieu de la crise du libéralisme, Mauss a assumé seul la tâche de relancer ce projet, pour répondre aux avancées de l'anthropologie comme aux attentes de la politique. Dans ses essais théoriques, il a reformulé les principes et les visées de la sociologie, afin de mieux coordonner les enquêtes spécialisées et les conduire enfin sur le terrain général de la société saisie comme totalité. En réunissant et en présentant ces textes, cet ouvrage vise à restituer le cadre qui a conduit Mauss à forger l'idée de fait social total, catégorie dont le sens a été déformé par l'interprétation de Claude Lévi-Strauss. Il révèle aussi la présence inaperçue d'un héritage toujours vivant, en repérant les traces des enseignements de Mauss dans les enquêtes contemporaines. Seule cette prise de conscience du passé dans le présent permet d'envisager une reprise de la sociologie générale de Mauss, afin d'engager les sciences sociales dans la recherche du fait socialtotal actuel, compris comme le ressort dynamique d'une nouvelle émergence du commun.
La philosophie et les sciences sociales ont souvent du mal à se rencontrer. C'est pourtant leur dialogue complexe et leurs échanges féconds que Vincent Descombes a placés depuis plusieurs décennies au centre de son travail. Quel est le sens du social, quelle est son incidence sur l'esprit ? Le philosophe décline cette question essentielle en s'interrogeant sur le statut du sujet et la place de l'altérité, la nature des institutions et la fonction des règles, les conditions de l'action collective et la forme du raisonnement pratique, l'origine de la modernité et le destin de l'individualisme...En écho à cette démarche, les sociologues, anthropologues, historiens et philosophes réunis dans ce livre cherchent à établir ce que signifie « avoir le social à l'esprit ». Les réponses de Vincent Descombes, aussi bien que la discussion finale avec Charles Taylor et Étienne Balibar au sujet de l'identité, achèvent de montrer qu'une meilleure compréhension de notre condition politique est possible, au croisement de la philosophie et des sciences sociales.
Le 25 octobre 2003, Mikhaïl Kohdorkovski, alors l'un des hommes les plus riches et les plus puissants de Russie, a été arrêté sur ordre de Vladimir Poutine, soucieux de se débarrasser d'un rival politique. Accusé des méfaits les plus absurdes (en un an il aurait détourner davantage de pétrole que le pays n'en produit!), Mikhaïl Kohdorkovski a été condamné au terme de plusieurs procès à treize ans d'emprisonnement. Le parallèle avec les procès staliniens est évident jusqu'à la caricature. À travers ce déni de justice, les maîtres du Kremlin ont fait passer un message à tous ceux qui voudraient sérieusement contester leur mainmise sur le pays. Révélatrice du vrai visage du pouvoir dans la Russie d'aujourd'hui, l'affaire Khodorkovski, à l'image de l'affaire Dreyfus en son temps, touche à des valeurs essentielles : l'État de droit, la démocratie, les droits de l'homme. Totalement inédit, ce livre a été rédigé par Mikhaïl Kohdorkovski du fond de sa cellule. Sorti clandestinement, chapitre après chapitre, Prisonnier de Poutine raconte le quotidien du détenu le plus surveillé de Russie. En revenant sur la genèse de l'affaire, il permet de comprendre comment, au tournant des années 2000, le pouvoir et les richesses du pays ont été confisqués au profit d'une nouvelle nomenklatura. S'y dévoile un homme brillant et courageux, qui analyse avec clairvoyance le sens de ses épreuves et livre une condamnation implacable du système poutinien, lequel ne fait qu'habiller d'oripeaux démocratiques les méthodes héritées du KGB. Mis en perspective par la journaliste Natalia Gevorkyan, qui l'a recueilli, le témoignage de Mikhaïl Khodorkovski permet de prendre conscience de la pente dangereuse dans laquelle la Russie s'est engagée.
Le 25 octobre 2003, Mikhaïl Kohdorkovski, alors l'un des hommes les plus riches et les plus puissants de Russie, a été arrêté sur ordre de Vladimir Poutine, soucieux de se débarrasser d'un rival politique. Accusé des méfaits les plus absurdes (en un an il aurait détourner davantage de pétrole que le pays n'en produit!), Mikhaïl Kohdorkovski a été condamné au terme de plusieurs procès à treize ans d'emprisonnement. Le parallèle avec les procès staliniens est évident jusqu'à la caricature. À travers ce déni de justice, les maîtres du Kremlin ont fait passer un message à tous ceux qui voudraient sérieusement contester leur mainmise sur le pays. Révélatrice du vrai visage du pouvoir dans la Russie d'aujourd'hui, l'affaire Khodorkovski, à l'image de l'affaire Dreyfus en son temps, touche à des valeurs essentielles : l'État de droit, la démocratie, les droits de l'homme. Totalement inédit, ce livre a été rédigé par Mikhaïl Kohdorkovski du fond de sa cellule. Sorti clandestinement, chapitre après chapitre, Prisonnier de Poutine raconte le quotidien du détenu le plus surveillé de Russie. En revenant sur la genèse de l'affaire, il permet de comprendre comment, au tournant des années 2000, le pouvoir et les richesses du pays ont été confisqués au profit d'une nouvelle nomenklatura. S'y dévoile un homme brillant et courageux, qui analyse avec clairvoyance le sens de ses épreuves et livre une condamnation implacable du système poutinien, lequel ne fait qu'habiller d'oripeaux démocratiques les méthodes héritées du KGB. Mis en perspective par la journaliste Natalia Gevorkyan, qui l'a recueilli, le témoignage de Mikhaïl Khodorkovski permet de prendre conscience de la pente dangereuse dans laquelle la Russie s'est engagée.