Francis Lotka
Francis Lotka
Pour la recette du polar et du cochon, prenez une poignée d'auteurs qui en paraissaient cent pour cause de multiplication de pseudonymes, rajoutez un esprit libertin-libertaire-subversif, une sacrée dose de talent, une once d'esprit potache, saupoudrez d'écriture à la va-vite pour courir le cacheton, mixez le tout et vous obtiendrez quelques pépites de la cultissime collection des années 1980 : la Brigandine. Au menu de ce volume, Francis Lotka brode un polar érotique sur fond de vengeance féminine, Hurl Barbe se lâche avec force salacité en se jouant de Sade, Jules Verne, Sartre et Beauvoir entre autres, et Éric Guez tisse la trame d'un mystère autour d'une longue série de crimes commis sur des flics... Les trois larrons vont vous régaler de leur inspiration débridée... Une recette qu'il fallait remettre au goût du jour, à consommer sans modération ! Dans la même collection, retrouvez Trois romans érotiques de la Brigandine, n° 177 des " Lectures amoureuses ".
Agnès Robineau s'est levée en souplesse, avec une grâce féline. Elle se tourne vers la fenêtre, s'étire, seins bombés, hanches lascives, bouche mouillée et entrouverte. Elle fait deux pas vers les rideaux, s'arrête, fixe la fenêtre du sixième. La détente cède sous la pression lente du doigt. L'épaule encaisse le recul, les bras ne fléchissent pas. La détonation produit un claquement sec, étouffé. Figée sur place, Agnès Robineau porte ses deux mains à ses seins, comme en un geste de tardive pudeur. Elle ouvre grand la bouche, sur un cri qui déchire l'air. Dans le viseur, son image bascule. Le tueur déjà se détourne, abaisse l'arme. Il n'a pas eu besoin de doubler.
Crispée à l'extrême, Eugénie serre ses poignets à les briser. Les mouvements de Marianne sont ralentis ; elle est entièrement immergée et tente d'un sursaut désespéré de renverser Eugénie. La panique qui l'envahit lui fait ouvrir grand la bouche. Eugénie l'enfonce un peu plus et voit ses yeux s'exorbiter, à quelques centimètres de son sexe blond. L'incompréhension qui se lit dans le regard affolé de Marianne glace Eugénie. Les ultimes contractions de sa victime manquent de lui faire lâcher prise. Les deux corps remontent vers la surface dans un éclaboussement. Mais les muscles tétanisés qui enserrent la gorge de Marianne accentuent encore, en un réflexe meurtrier, leur pression. Eugénie sent sous elle le corps inconscient s'amollir et l'immerge à nouveau, impitoyablement.