Franck Favier
Franck Favier
L'histoire regorge d'exemples plus ou moins édifiants, qu'ils soient individuels ou d'ordre collectif, d'actes de trahison. Plus d'un événement marquant a en effet pu être occasionné par la décision d'un personnage ou de son entourage de changer de camp, ou de refuser d'obéir. Parfois la trahison est devenue, avec le recul du temps, un acte de bravoure... Toujours elle éclaire un caractère, met en valeur une faiblesse très humaine ou exprime un sentiment blessé. En bousculant l'ordre social, la trahison est un geste fort et, d'une certaine manière, un sacrifice personnel qui demeure complexe à comprendre. Pour tenter, justement, de saisir les enjeux que soulève la question de la trahison, les auteurs de ce livre original sur un sujet d'ordinaire abordé de manière caricaturale font le portrait d'une quinzaine de grands «traîtres» du XVe au XXe siècle. Ils dessinent ainsi une nouvelle histoire de l'infamie à travers les vies de ces hommes et femmes hauts-en-couleur dont les aventures parfois rocambolesques trouvent une conclusion souvent tragique.
Les modes de fonctionnement et les structures internes des sociétés d'Asie centrale - prise au sens large puisque la présente étude traite aussi bien de la Mongolie que de l'Ouzbékistan, en passant par la République de Touva en Sibérie - demeurent largement méconnus en Occident où les analystes décrivent encore exclusivement ces systèmes en des termes à connotation négative tels que « clans », « régionalisme », « népotisme » ou « corruption ». Réunissant les travaux d'anthropologues, de sociologues, de politistes et d'historiens, cet ouvrage présente plusieurs types de réseaux sociétaux qui, selon un long continuum, vont des plus complets, assimilables à des organisations au sens sociologique du terme, à d'autres, strictement personnels et égocentrés, en passant par toute une série de types intermédiaires, typiquement centrasiatiques, dans lesquels se mêlent relations personnelles, relations de parenté et relations d'affaires. Résultant d'enquêtes menées selon le principe de l'observation participante, étalées sur plusieurs années, ces études montrent l'étonnante plasticité de ces réseaux qui, malgré les profonds bouleversements survenus en Asie centrale durant ces deux dernières décennies, ont su s'adapter aux nouvelles exigences nées de l'effondrement de l'Union soviétique. Dépourvus de limites précises, souvent difficiles à circonscrire, ces réseaux sont le reflet des modes de gouvernance, des systèmes de pensée politique, des solidarités traditionnelles et des méthodes d'appropriation du pouvoir et surtout d'acquisition de prestige, ce bien symbolique tant recherché par les populations de cette région.
Le " Lion rouge " de l'Empire. Qui ne connaît pas le maréchal Ney ? Il figure avec Murat, Lannes ou encore Davout, parmi les maréchaux d'Empire les plus connus et les plus populaires. De fait, rien ne lui a manqué pour lui assurer une place prédominante dans l'épopée napoléonienne, ni la bravoure, ni les victoires, ni les malheurs… Sa popularité, le maréchal la gagna d'abord lors des guerres de la Révolution en s'illustrant au sein de l'armée de Sambre-et-Meuse. Avant que sa bravoure à Friedland, à la Moskova – dans une carrière héroïque comptant près de 300 combats et de 50 batailles rangées – n'emporte l'adhésion de ses contemporains. Pourtant, l'homme n'est pas d'un bloc et a eu de nombreux détracteurs ; sa susceptibilité envers ses condisciples ternit son image, également écornée par son inconstance politique notamment manifeste lors de la campagne de France puis durant les Cent-Jours. Sa mort, face à un peloton d'exécution, le 7 décembre 1815, fit cependant de lui un martyr. Cette belle biographie met en scène ce personnage de légende en s'appuyant sur de nombreuses archives, qu'elles soient privées ou publiques, sans oublier les Mémoires de contemporains. Lesquels se sont souvent interrogés sur cet homme qui mêla étroitement, au point de les confondre, tant la franchise et la susceptibilité que le courage et l'inconstance.
Marmont, le maréchal du malheur. Dans l'épopée napoléonienne, il fallait, comme dans toute aventure christique, un Judas. Ce fut Marmont, duc de Raguse. Si Marmont partagea avec Bernadotte, Murat ou encore Augereau une réputation de traîtrise, justifiée ou non, le dernier survivant des maréchaux du Premier Empire (mort en 1852) resta écrasé par ce qu'on a appelé la " défection d'Essonnes " et servit de bouc émissaire à l'échec final. Son titre lui-même, qui donnerait le mot " ragusade " ou le verbe " raguser ", servirait à signifier la trahison au xixe siècle. Cependant, il y eut un avant 1814. Marmont fut l'un des plus anciens compagnons de Bonaparte aux côtés de Muiron ou de Junot. Il connut près de lui une ascension prodigieuse : capitaine en 1793 à dix-neuf ans, général de division en 1800 à vingt-six ans, ou encore maréchal d'Empire en 1809 à trente-cinq ans. La fortune, l'amour, tout semblait sourire au protégé de Napoléon. Son administration dans les Provinces Illyriennes entre 1807 et 1811 laissa un souvenir vivace en Croatie, où de nombreuses rues et places portent encore aujourd'hui son nom, tandis que sa campagne d'Espagne en 1811 contre les armées de Wellington fut, malgré la défaite des Arapiles, loin d'être indigne. Tout s'effondrait en 1814, puis à nouveau en juillet 1830 lorsque la fatalité le conduisit à commander l'armée royale durant les Trois Glorieuses, et la fin de sa vie serait celle d'une impossible rédemption. Franck Favier est agrégé et docteur en histoire. Il a notamment publié Bernadotte, un maréchal d'Empire sur le trône de Suède et, chez Perrin, Berthier. L'ombre de Napoléon (Prix Premier Empire de la Fondation Napoléon 2015). Il enseigne actuellement en classes préparatoires au lycée Janson-de-Sailly.
"La" biographie du maréchal Berthier, ombre de Napoléon, cheville ouvrière des stratégies napoléoniennes et grand dignitaire de l'Empire. Davout, Lannes, Murat, Ney, Lefebvre… autant de compagnons de la gloire et de l'épopée napoléonienne. Etrangement, le nom de Berthier occupe rarement les premiers rangs, comme si on lui déniait sa participation active aux succès et aux échecs de l'Empereur. Pourtant, pendant près de dix-huit ans, il fut le maréchal de l'ombre, suivant Napoléon dans toutes ses campagnes, transcrivant et transmettant avec fidélité ses ordres, de jour comme de nuit. L'aigle sut le combler en lui attribuant fonctions, honneurs et richesses, sans pour autant l'apprécier humainement. Considéré comme incolore et sans esprit, accusé sans fondement de trahison en 1814, mort de façon mystérieuse en 1815, le major général de la Grande Armée reste méconnu. On oublie souvent qu'il a existé avant Napoléon : il a servi dans les armées de Louis XVI, combattu en Amérique et pendant la Révolution, tissé des amitiés avec La Fayette, Noailles ou encore Rochambeau. De même, au-delà des fastes de l'Empire, l'homme apparaît plus complexe : amoureux passionné d'une marquise italienne, mari d'une princesse bavaroise, père de famille attentionné et gestionnaire averti d'un domaine foncier sans équivalent dans la France impériale.
Il n'est d'individu que de chair ! Car l'identification de notre corps relève d'abord de la biologie. Inéluctablement, nous sommes insérés dans une anatomie et une physiologie qui suivent leur chemin propre. Et parfois, dans la douleur ou la maladie, nous refusons de nous y reconnaître, enfermés dans un dualisme où le corps se fait autre que soi. Mais le reste du temps, nous sommes immergés dans l'évidence du corps, la jouissance d'être soi qui n'est jamais la même d'une période à l'autre de la vie.Cette géographie du continent corporel n'échappe ni au temps ni à l'espace. D'une époque ou d'une culture à une autre, les valeurs qui lui sont associées se transforment, changent de valeur, se segmentent selon les conditions sociales, les appartenances de genre ou de génération. Cet ouvrage explore ainsi sous une forme pluridisciplinaire les représentations du gras, du surpoids ou de la minceur. Il s'interroge sur les lieux du corps fortement investis dans nos sociétés comme le visage ou les seins. Il questionne les ritualités intimes mises en oeuvre dans les salles de bain, ou lors de soins de beauté.Une exploration inattendue de nos représentations du corps et de ses usages.