Franck Lafage
Franck Lafage
Entre XVIe et XIXe siècles, l’Empire espagnol a vu naître une noblesse créole aussi puissante qu’ambitieuse, façonnée par l’or des Amériques et les luttes pour le pouvoir.
Entre le XVIe et le XIXe siècle, l’Amérique espagnole a vu naître une noblesse créole aussi puissante qu’éphémère.
Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la République de Venise était entrée dans un processus de déclin. Sa neutralité diplomatique avait fait de la Sérénissime République une puissance marginale dans une Europe monarchique en recomposition. Le comte Lodovico Manin était issu d'une famille frioulane qui s'était enrichie du XVIe jusqu'au XVIIIe siècle par la diversification de ses sources de revenus. Ce riche patricien avait suivi le cursus honorum d'un haut fonctionnaire dans des villes de Terre Ferme, remarqué pour ses compétences économiques. Son élection comme procurateur de Saint Marc lui avait ouvert la voie vers le dogat (1789). Après le déclenchement de la Révolution française, les autorités vénitiennes s'étaient illusionnées sur l'effet protecteur de leur neutralité diplomatique. La République de Venise était devenue un enjeu territorial entre la France républicaine et l'Autriche impériale. L'invasion de la Vénétie par le général Bonaparte avait favorisé l'effondrement de la Sérénissime République (1797), désertée par l'esprit de résistance de son patriciat. Après son abdication, Lodovico Manin, retiré dans son palais, avait refusé de jouer un quelconque rôle politique, avant de s'éteindre en 1802 dans une Venise occupée, appauvrie et indifférente.
Monarchie constitutionnelle de 1805 à 1918, la Bavière formait un royaume doté d'une certaine autonomie institutionnelle grâce aux droits réservés. La monarchie faisait l'objet d'un consensus au sein de la classe politique représentée au Landtag, allant des libéraux aux sociaux-démocrates en passant par les conservateurs. Face à un Empire allemand, à majorité protestante, dominé par la Prusse, la Bavière s'était affirmée sous Louis III comme le porte-parole d'un catholicisme allemand fier de lui. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale et la dégradation de la situation militaire causeront la chute du souverain, sourd aux demandes de parlementarisation de la monarchie.